Découvrir le mariage et la famille comme dons de Dieu

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« Dieu créa les humains à son image ; il les créa à l’image de Dieu ; homme et femme il les créa. Dieu les bénit ; Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. » (Gn 1.27-28, NSB).

« Jésus répondit : « N’avez-vous pas lu que le Créateur, dès le commencement, les fit homme et femme et qu’il dit : C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et les deux seront une seule chair ?  » » (Mt 19.4)

En Christ, chers paroissiens, amis, lectrices et lecteurs intéressés !
Il ne se passe guère de jour, en ce moment, sans qu’on débatte en public dans notre civilisation occidentale de questions fondamentales à propos du mariage, de la famille et de la sexualité.

Le doute s’insinue maintenant même dans l’Eglise. Avec cette lettre pastorale, j’aimerais rappeler les fondements de l’Ecriture Sainte et la position de l’Eglise dans ce complexe de questions.
J’écris cette lettre pastorale pour encourager particulièrement les jeunes, malgré leur environnement fait d’incertitudes, à s’engager dans le mariage et à fonder une famille avec des enfants.

L’Ecriture Sainte est aussi norme et fondement pour arriver à une décision dans le domaine de l’éthique chrétienne. Cette dernière consiste à poser la question : « Comment dois-je me comporter ? »
Les Confessions de l’Eglise nous aident aussi dans cette recherche. Dans son enseignement et sa pratique en ce domaine, l’Eglise luthérienne se voit en conformité avec le contenu de la foi de la chrétienté du monde entier, avec ce qui a toujours et de tout temps été cru sur la base de la Parole de Dieu.

Bien entendu, nous savons que l’Ecriture Sainte ne répond pas explicitement à toutes les questions qu’on peut se poser aujourd’hui. Il faut néanmoins examiner et juger, par exemple, les possibilités médicales et autres changements à l’aune des principes fondamentaux de la Bible. […]

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1. Encouragement au mariage


1.1. Les jeunes souhaitent fonder une famille

L’état du mariage et la famille sont de merveilleux cadeaux de Dieu. C’est par amour pour les humains que Dieu les a donnés et organisés. Cela est dit avec clarté – et en tant que principe – dès les premières pages de l’Ecriture Sainte :
« Dieu créa les humains à son image ; il les créa à l’image de Dieu ; homme et femme il les créa. Dieu les bénit ; Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez-vous. » (Gn 1.27-28)

Le 6ème Commandement que Dieu a donné à Moïse sur le Mont Sinaï nous aide, dans sa brièveté et sa concision, à comprendre le mariage : « Tu ne commettras pas d’adultère. » (Ex 20.14)
Ce commandement présuppose que le mariage est une communauté contraignante qui a été conclue entre un homme et une femme, dans laquelle il est fondamentalement possible d’avoir des enfants ; la parenté, le cercle des connaissances et le voisinage civil peuvent en prendre connaissance publiquement. En effet, ce n’est que si un mariage est public qu’il peut s’attendre à être protégé par la société et l’Eglise.
Dès le début, Dieu a voulu l’état du mariage. Aussi l’Eglise parle-t-elle d’une institution divine. Même si la culpabilité et le péché des humains ont cassé la perfection de cette institution divine, c’est toujours en elle que se trouvent les conditions pour trouver accomplissement et joie.
Je voudrais encourager à s’engager dans les dispositions de Dieu et à vivre le mariage et la famille en s’opposant à la tendance actuelle de notre société et malgré le spectacle de l’échec de bien des mariages.

Nous avons, aujourd’hui, besoin de chrétiens qui n’attendent pas de la société qu’elle approuve les projets de vie inspirés de la Bible, des chrétiens qui vivent sciemment une « culture chrétienne d’opposition ».
Le Nouveau Testament contient toute une série d’exhortations à se garder de toute « immoralité sexuelle ». par ex. en Ep 5.3 : « Que l’immoralité sexuelle, l’impureté sous toutes ses formes ou la soif de posséder ne soient même pas mentionnées, comme il convient à des saints. »
Ces exhortations indiquent clairement que les paroisses des premiers temps se sont comprises comme étant une « culture d’opposition » face au paganisme du monde grec.
Nous pouvons êtres tranquilles : les dispositions de Dieu sont bonnes et utiles aujourd’hui comme à l’époque. Cela est vrai, même si nous ne parvenons pas à nous y conformer parfaitement, comme le montre un coup d’œil sur l’histoire de l’Eglise.

1.2. Encouragement au mariage

Dans la société qui nous entoure, mais aussi dans les paroisses en Allemagne, les cérémonies de mariage sont de plus en plus rares.
Les raisons en sont diverses. La formation de nos jeunes se rallonge continuellement, les contrats de travail à durée déterminée et l’exigence d’une grande mobilité sont de ces raisons.
La plupart des couples cohabitent cependant avec les mêmes présupposés que ceux du mariage : la

relation se veut permanente, elle compte sur la fidélité et l’amour absolus.
En fait, beaucoup d’entre eux veulent se marier … plus tard, lorsque les conditions sont « réunies ».
C’est que, souvent, on a des attentes très élevées pour une célébration du mariage. Tout doit
être « parfait » et, si possible, tous les parents et amis doivent être présents.
Pour célébrer un tel mariage, il faut effectivement attendre longtemps. Ce faisant nous faisons nôtres, sans réfléchir, les développements et les tendances de notre société et plaçons la barre trop haut.
Avec cette lettre pastorale je voudrais encourager à ne pas hésiter à prendre les engagements du mariage. Se fier sans réserve l’un à l’autre, cela signifie aussi se donner mutuellement avec les engagements juridiques du mariage.
Des réserves telles que « Peut-être plus tard ! » ou : « Je ne sais pas si un mariage tient » menacent en fait la relation qu’on veut solide. Or l’amour est, par nature, inconditionnel.
L’essence de la forme de vie « mariage » consiste à se donner l’un à l’autre et à se soumettre avec amour l’un à l’autre.

Le don inconditionnel de Christ en croix pour le salut de l’humanité qu’il aime, voilà le modèle et l’exemple du mariage : « Maris, aimez votre femme comme Christ a aimé l’Eglise. Il s’est donné lui-même pour elle … » (Ep 5.25)
Ce modèle inclut le fait de vieillir ensemble comme mariés, de s’occuper de l’autre en cas de maladie, de partager les peines.
Quant à la responsabilité pour les enfants qu’on a eus en commun, elle requiert tout particulièrement l’engagement réciproque et inconditionnel dans le mariage. Dieu a voulu et institué le mariage comme abri pour l’amour entre un homme et une femme et comme espace vital pour la génération suivante.
Dans son « Formulaire concernant le mariage » (Traubüchlein) , Martin Luther a raison d’appeler, le mariage « une donnée du monde ». On l’a d’ailleurs souvent mal compris. Il veut dire par là que l’état du mariage est une institution divine de l’ordre de la nature ; que les non croyants peuvent aussi mener une vie conjugale exemplaire ; que l’état du mariage n’a pas de conséquence sur le salut de l’âme.
Mais en même temps, Luther dit que l’état du mariage est voulu, institué et protégé par Dieu : « Tout en étant un état laïc, il a pourtant la Parole de Dieu pour lui et il n’a pas été institué par les hommes. »
Dans son « Grand Catéchisme » il écrit : « Ces choses, je les dis, à

présent, pour que l’on exhorte les jeunes gens afin qu’ils aiment l’état du mariage et qu’ils sachent que c’et un état assurant le bonheur, et agréable à Dieu. »
S’ajoute à cela que l’état du mariage a les promesses de la bénédiction divine : le mariage est un cadeau fait par Dieu aux humains ; avec lui il les préserve de la solitude ; avec lui il commence par rendre possible une communauté de vie protégée entre un homme et une femme pour assurer ensuite un cadre pour la croissance de la nouvelle génération.
Et au moment des manquements des mariés – manquements qui ne sauraient … manquer – vivre unis et engagés dans l’état du mariage peut devenir un espace où l’on fait l’expérience de la préservation et de la réconciliation.
Les paroisses peuvent aider à trouver le chemin du mariage. Les entretiens de cure d’âme ou des sessions de préparation au mariage peuvent avoir une grande importance. En ce domaine, les églises sont sollicitées plus que jamais.
Il s’agit ici de répondre aussi à des questions tout à fait mondaines : Réfléchir ensemble à la façon d’organiser une cérémonie financièrement à la portée ; le fait d’inviter des parents et des amis à participer aux préparatifs peuvent aider à cela. Des parents et des amis de la paroisse donnent aussi un cadre qui peut fournir un point d’appui à une vie de couple.

1.3. L’indissolubilité du mariage et l’expérience de l’échec.

Pour l’Eglise évangélique luthérienne, l’état du mariage est indissoluble. Jésus Christ a lui-même réaffirmé et confirmé l’exclusivité et l’indissolubilité de l’union conjugale entre un homme et une femme ; il l’a fait quand il a dit : « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni » (Mt 19.6 et Mc 10.9).
L’Eglise ne peut pas aller en-deçà ni au-delà de cette exigence biblique. Dieu veut que l’union conjugale soit durable pour assurer à l’amour entre un homme et une femme, par-delà des moments difficiles, un havre de sécurité durable.

Il est vrai qu’entre-temps on connaît dans tous les cercles d’amis et dans toutes les paroisses des cas de mariage qui ont fait naufrage. Mais cela ne doit empêcher personne d’emprunter le chemin de la foi et de la confiance. L’attitude fondamentale de la foi est un grand et joyeux « Et cependant ! »
De plus, il existe de nos jours des séances de préparation au mariage, aussi des conseillers conjugaux qui peuvent rendre de grands services si on les consulte à temps.
On y apprend comment communiquer, comment gérer des situations de conflit ; on y transmet aussi des expériences de la sexualité changeante des couples.

Et puis n’oublions pas : il est indéniable que les divorces avec enfants déchaînent souvent des conflits et des tensions psychiques graves. Aussi personne ne devrait traiter avec légèreté la possibilité de divorcer.
Il est vrai que lorsqu’une union conjugale ne peut plus être guérie, le divorce peut être un moindre mal et mettre un terme à une situation de crise permanente.

Mais il est important de reconnaître devant Dieu cet échec comme une faute et d’implorer son pardon. Aveu de culpabilité et pardon permettent de mieux se connaître dans une relation ultérieure.
Il faut aussi chercher, si possible, à présenter aux enfants les choses – la séparation de leur père et de leur mère – de la même façon et à les assurer que les deux parents continuent de les aimer.

2. Encouragement à avoir des enfants

Le psalmiste dit dans sa prière : « L’héritage que l’Eternel donne, ce sont des fils ; les enfants sont une récompense » (Ps 127.3). Chaque rire d’enfant, chaque larme d’un enfant qui cherche consolation, est un antidote à un monde dans lequel la course au gain et le matérialisme sont largement dominants.

Avec cette lettre pastorale je voudrais affermir les jeunes adultes dans leur confiance en Dieu, pour accepter les enfants comme un don de Dieu et pour repousser les considérations de carrière et de sécurité financière au second plan. En nous permettant d’engendrer des enfants, Dieu nous permet de participer à son œuvre de création.
La famille est un abri pour l’amour et la solidarité par-delà et entre les générations. Elle est, de ce fait, la base de la société. Elle correspond au modèle biblique et il est hautement plausible, humainement parlant, que les enfants grandissent le mieux avec un père et une mère.
C’est pour cela que les parents isolés qui élèvent seuls leurs enfants ont besoin d’être entourés par leurs proches et amis. L’Eglise est, elle aussi, sollicitée pour les accompagner. L’Eglise a le devoir d’assister les familles et de s’investir pour que le risque de pauvreté s’amenuise pour les enfants et les familles, aussi en Allemagne.
Les paroisses peuvent être le lieu où des personnes d’un âge plus mûr peuvent aider les familles jeunes dans leur responsabilité d’éducateurs. Des « grands-parents de prêt » ou des offres de babysitting sont des tâches diaconales importantes qui favorisent une société en faveur des familles.
Là, les chrétiens ont l’occasion de montrer que leur communauté est régie par d’autres valeurs que celles de la société environnante.

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3. Le Nouveau Testament ne connaîtpas d’autres modèles que le mariage et le célibat.

Les paroles de Jésus et les développements de l’apôtre Paul cités plus haut montrent sans aucun doute que le Nouveau Testament ne connaît pas d’autres modèles de vie que le mariage et la famille d’une part, le célibat en tant que charisme d’autre part.
La polygamie (le fait, pour un homme, d’avoir plusieurs épouses à la fois) dans l’histoire des patriarches de l’Ancien Testament a été abolie avec le temps dans l’histoire d’Israël.
Jésus – et avec lui le Nouveau Testament, puis à sa suite la chrétienté dans le monde entier – défend comme modèle de vie voulu par Dieu le mariage entre un homme et une femme avec, fondamentalement, la possibilité d’engendrer des enfants.
A côté il y a le célibat comme autre option légitime.
L’Ecriture Sainte dit avec une grande clarté que l’homosexualité est contraire à la volonté de Dieu, un péché . Aussi l’Eglise ne peut pas bénir l’union de personnes de même sexe.
Qu’en même temps l’Eglise aille avec respect et amour au-devant des personnes ayant des sentiments homosexuels et s’élève contre leur discrimination, c’est le fruit et la conséquence de l’amour du Christ qui s’adresse à tous.

Conclusion

Dans cette lettre pastorale je n’ai pas pu traiter tous les aspects. Aussi je vous prie instamment de chercher les réponses à vos questions personnelles dans des entretiens de cure d’âme.
Que Dieu fasse grandir sa connaissance parmi nous et parmi tous les hommes qu’il aime tous ! Qu’il veuille, pour cela, aussi utiliser cette lettre et l’accompagner de sa bénédiction !

Hanovre, le Jour de la Visitation de Marie, le 2 juillet 2013.
Hans-Jörg Voigt
Evêque de la SELK (Eglise Evang. Luth. Indépendante) en Allemagne

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