Il y a 1700 ans : L’Edit de Milan

Constantin le Grand (280-337)

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En 293 l’empire romain a été partagé en deux, l’Occident et l’Orient ayant chacun son « Augustus » ou empereur et son « césar ».
A la mort de Constance Chlore en 306 en Angleterre où Constantin, son fils, l’avait rejoint, l’armée le proclame empereur d’Occident à la place de son père, ceci avec l’appui de l’empereur d’Orient. Mais à Rome, Maxentius profite de l’éloignement de Constantin pour se proclamer empereur.

Une guerre civile s’en suit. Constantin en sort vainqueur en 312, victoire qu’il attribue au Dieu des chrétiens. En même temps il signe un accord avec Licinius, l’empereur d’Orient.
Auparavant, l’empereur Dioclétien (284-305) avait été l’auteur des dernières persécutions des chrétiens. Plusieurs de ses édits ordonnent
la destruction des églises et des écrits sacrés,
la perte d’une série de droits pour les classes supérieures comme pour les esclaves,
des procédures contre le clergé, et finalement,
l’obligation pour tous de rendre un sacrifice à l’empereur et de boire les boissons consacrées aux idoles (libation).

Mais il s’avère impossible d’appliquer les édits totalement. En Occident, les persécutions cessent pratiquement partout dès 305, mais en Orient elles n’atteignent leur apogée qu’en 305-311.
311 : L’empereur Galère se rend compte que cette guerre d’extermination des chrétiens ne mène à rien, et fait publier – en son nom et au nom de Constantin et de Licinius – un « Edit de Tolérance » (en 311) à l’encontre des chrétiens s’ils ne font rien « contra disciplinam » (contre la discipline).

Le christianisme devient « religio licita » (religion autorisée), mais avec des bases juridiques peu sûres.
Le 15 juin 313, Licinius publie en son nom et en celui de Constantin, une Constitution qui va plus loin que l’Edit de Galère en accordant la liberté de religion sans restrictions. Cette constitution était conforme à l’accord passé entre Constantin et lui à Milan, mais porte à tort le titre de :

« CONSTITUTION DE MILAN »

C’est là le tournant déterminant de la persécution à la tolérance du christianisme. En voici les extraits principaux :

« Moi, Constantin Auguste, ainsi que moi, Licinius Auguste, […] nous avons cru devoir […]
• donner aux chrétiens comme à tous la liberté et la possibilité de suivre la religion de leur choix, […]
• ne refuser cette possibilité à quiconque, qu’il ait attaché son âme à la religion des chrétiens ou à celle qu’il croit lui convenir le mieux, […]
• permettre dorénavant à tous ceux qui ont la détermination d’observer la religion des chrétiens, de le faire librement et complètement sans être inquiétés ni molestés. […]
• nous avons accordé auxdits chrétiens la permission pleine et entière de pratiquer leur religion. […]
• la même possibilité d’observer leur religion et leur culte est concédée aux autres citoyens ouvertement et librement, […], afin que chacun ait la libre faculté de pratiquer le culte de son choix. […]
• Les locaux où les chrétiens avaient auparavant l’habitude de se réunir […] doivent être rendus sans paiement et sans aucune exigence

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