Il y a 50 ans : VATICAN II

Qu’est-ce qu’un concile œcuménique ?

Le mot « concile » vient d’un verbe latin cum calare (appeler à se réunir). Cela a donné concilium (réunion de personnes convoquées).
Dans l’histoire de l’Eglise, concile, mot d’origine latine, est l’équivalent de « synode », mot d’origine grecque (faire chemin commun). A l’origine les deux désignaient l’assemblée des évêques de l’Eglise.
Un concile est appelé « œcuménique » parce qu’il est censé concerner « toute la terre habitée », donc censé avoir une portée « universelle » (distinct des « conciles provinciaux »).

Le « Catéchisme » (1992) de l’Eglise de Rome définit ainsi le concile œcuménique : « Le Collège des évêques exerce le pouvoir sur l’Eglise toute entière de manière solennelle dans le Concile Œcuménique. » (§ 884 ; voir aussi Vatican II, CPE chap. 1er)

Un peu d’histoire

Voici la liste des conciles œcuméniques de l’Eglise catholique romaine : Nicée I (325), Constantinople I (381), Ephèse (431), Chalcédoine (451), Constantinople II (553), Constantinople III (680-681), Nicée II (787), Constantinople IV (869-870), Latran IV (1215), Lyon II (1274), Vienne (1311-1312), Constance (1414-1418), Bâle-Ferrare-Florence (1431-1442), Latran V (1512-1517), Trente (1545-1563), Vatican I (1869-1870), Vatican II (1962-1965).

L’Eglise Evangélique Luthérienne accepte les propositions des quatre premiers conciles œcuméniques. D’ailleurs la plus ancienne de nos confessions de foi, celle dite « de Nicée-Constantinople » est le fruit des deux premiers conciles.

Le concile Vatican II est ouvert à Rome le 11 oct. 1962 par le pape Jean XXIII (en présence de 2540 pères conciliaires sur les 2908) et se termine le 8 déc. 1965 sous Paul VI. Entre-temps il avait été interrompu de la mort de Jean XXIII (3 juin 1963) jusqu’à l’élection de Paul VI (21 juin).
« Aggiornamento » ?
Lorsque le pape Jean XXIII a convoqué le concile Vatican II, c’est qu’il trouvait que l’Eglise de Rome avait besoin d’une profonde mise à jour (aggiornaento en italien).

Un siècle de guerres nombreuses sur tous les continents – entre autre les deux guerres mondiales – et le progrès avaient passé par là et profondément changé les manières de vivre. Le fonctionnement de l’Eglise de Rome devait en tenir compte.
Mais dès l’ouverture solennelle, les pères conciliaires ont dû promettre de rester fidèles au Concile de Trente. C’était mal barré : ce concile avait condamné la Réforme et l’Evangile remis à jour par elle.

Moins « catholique romain »que précédemment ?

Pour répondre, il faut soigneusement distinguer le fond de la forme.
Sans doute Vatican II a-t-il mis de l’eau dans son vin en ce qui concerne les formes (passage du latin aux langues modernes, les curés ne portent plus la soutane dans les rues, etc.) et les attitudes, par exemple à l’égard des autres Eglises et religions, aussi l’acceptation de la liberté de religion.
Mais le fond, le dogme, est resté le même, avec quelques précisions ou clarifications.

• L’Ecriture Sainte ne suffit pas comme révélation ; il faut aussi la « tradition » de Rome pour cela.
• Le péché originel n’est pas la corruption totale de l’être non régénéré.
• Pour être « pleinement » universelles les Eglises doivent être en communion avec Rome, le Pontife romain exerçant sur tout le monde un « pouvoir plénier suprême et universel ».
• Le Purgatoire est toujours là.
• La prière pour les morts également.
• Il y a toujours sept sacrements au lieu de deux (baptême et cène).
• Les prières à la vierge Marie et aux « saints » sont confirmées.
Rome est restée foncièrement Rome.

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