L’abaissement et l’élévation du christ

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Jésus dit : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre » (Mt 28.20), mais aussi : « Mes forces s’en vont comme l’eau qui s’écoule » (Ps 22.15). – Alors : Jésus est-il tout-puissant ou non ?

Pierre a confessé : « Seigneur, tu sais tout » (Jn 21.17), mais Jésus a aussi reconnu qu’il « ne connaît pas le jour et l’heure » de son retour pour le Jugement (Mc 13.32). – Alors : Jésus est-il omniscient ou non ? Sait-il tout ou non ?
Autre question qui en découle : La Bible se contredit-elle ? Si oui, comment placer sa foi dans le Christ qu’elle révèle de façon apparemment si contradictoire ?

En fait, il n’y a pas de contradiction. Il faut savoir que de sa conception en la vierge Marie à sa mise au tombeau, Jésus a vécu dans l’abaissement, le renoncement. Il est venu sur terre pour satisfaire aux exigences de la Loi divine et pour expier nos péchés à notre place et pour notre salut.
Depuis sa conception par le Saint-Esprit en la vierge Marie il est à la fois vrai Dieu et vrai homme. Sa personne possède donc toutes les qualités de Dieu. Mais pour accomplir sa mission – nous sauver du péché et de la damnation éternelle – il a renoncé à se servir pleinement de la majesté divine communiquée à sa nature humaine.

C’est ce que Paul nous apprend : « Jésus-Christ qui est de condition divine, n’a pas regardé son égalité avec Dieu comme un butin à préserver, mais il s’est dépouillé lui-même en prenant une condition de serviteur, en devenant semblable aux êtres humains. Reconnu comme un simple homme, il s’est humilié lui-même en faisant preuve d’obéissance jusqu’à la mort, même la mort sur la croix. » (Ph 2.5-8)

Il a parfois usé de ses pouvoirs divins, mais jamais pour se faciliter sa mission, toujours pour venir en aide aux autres (ses miracles de guérison par exemple).

Mais une fois sa mission accomplie, il n’y avait plus aucune raison qu’il demeure dans son état d’abaissement. Avec sa descente en enfer pour y proclamer sa victoire il a inauguré son état d’élévation, il utilise à nouveau la plénitude de la majesté divine communiquée à sa nature humaine.

« C’est aussi pourquoi Dieu l’a élevé à la plus haute place et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom afin qu’au nom de Jésus chacun plie le genou dans le ciel, sur la terre et sous la terre et que toute langue reconnaisse que Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. (Ph 2.9-11).
Quand nous confessons notre foi avec le Symbole apostolique, le point se trouve après « il est mort ». C’est là qu’il faut faire la pause. Avec « Il est descendu aux enfers » commence une nouvelle phase, une nouvelle phrase.

Il serait grand temps que dans les paroisses on ne s’arrête pas après « il est descendu au enfers », car cela fait partie de l’élévation du Christ. Il ne s’agit pas là des souffrances infernales qu’il a endurées. Celles-là datent d’avant son « Tout est accompli ! » (Jn 19.30) comme l’expliquent les confessions de foi luthériennes dans la « Formule de Concord » (Article IX).

L’erreur de déclamation viendrait-elle du fait qu’on se représente mentalement une descente spatiale de la croix, via la tombe en enfer ? Mais l’enfer n’est pas sous nos pieds, il n’est « en bas » que par rapport au ciel de la félicité éternelle.

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