Michael Stiefel: encore un qui y a cru…

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La Fin du monde le 22 décembre 2012, deux jours avant Noël ? Moi, cela ne me dérangerait pas : on fêterait Noël au Ciel en présence de Jésus en personne, dans sa gloire céleste !
Pourtant, rien n’est moins sûr ; le lecteur de la Bible que vous êtes n’ignore pas – du moins je l’espère ! – ces paroles de Jésus : « Pour ce qui est du jour et de l’heure [de la Fin], personne ne le sait… Mais le Père seul » (Mt 24.36). Ai-je besoin d’ajouter que ces paroles impliquent aussi l’interdiction de spéculer sur une date ?
Nombreux sont ceux qui, au mépris de ces paroles, se sont lancés dans d’étonnants calculs. C’est ainsi qu’au 16e siècle, un certain Michael Stiefel a cru pouvoir annoncer que la Fin surviendrait le 19 octobre 1533.
Ancien moine augustin devenu pasteur luthérien, Stiefel était un disciple et un ami du Réformateur. Ce n’était évidemment pas Luther qui lui avait fourré de telles idées dans la tête (Luther, il est vrai, croyait que la Fin du monde était proche, eu égard aux événements dramatiques de son époque ; mais c’est une chose que de croire que la Fin est proche et une autre que de prétendre en connaître la date !)
Nombreux sont ceux qui, au mépris de ces paroles, se sont lancés dans d’étonnants calculs. C’est ainsi qu’au 16e siècle, un certain Michael Stiefel a cru pouvoir annoncer que la Fin surviendrait le 19 octobre 1533.
Ancien moine augustin devenu pasteur luthérien, Stiefel était un disciple et un ami du Réformateur. Ce n’était évidemment pas Luther qui lui avait fourré de telles idées dans la tête (Luther, il est vrai, croyait que la Fin du monde était proche, eu égard aux événements dramatiques de son époque ; mais c’est une chose que de croire que la Fin est proche et une autre que de prétendre en connaître la date !)
En 1525, Luther l’avait envoyé comme pasteur en Haute-Autriche où il fit d’ailleurs du bon travail. Il dut définitivement quitter ce pays trois ans plus tard à cause de l’hostilité des ennemis de l’Evangile et fut nommé pasteur à Lochau près de Wittenberg.
Mais bientôt, le torchon commença à brûler entre lui et Luther. Stiefel n’était pas seulement un bon théologien, mais aussi un excellent mathématicien.
Il lui prit la fantaisie d’entreprendre le calcul de la date de la Fin en partant de textes de Daniel, d’Ezéchiel et de l’Apocalypse et il finit par croire dur comme fer que la Fin viendrait le 19 octobre 1533 à 8 heures du matin !
Pensant ne plus avoir besoin de ses livres, Stiefel les avait généreusement distribués, sans se demander quel usage les bénéficiaires allaient bien pouvoir en faire… après la Fin du monde ! En attendant, les paysans se tournaient les pouces.
Luther chercha à ramener son ami à la raison ; mais Stiefel devint agressif, accusant le Réformateur de ne plus avoir l’Esprit de Dieu et proférant contre lui des propos d’une rare méchanceté, allant jusqu’à le traiter de Pilate et d’Hérode !
Le jour venu, la population était en émoi. Certains étaient accourus de loin pour mourir avec leur prophète. Luther pour sa part délégua un ami pour observer la scène.
« Et voici qu’au lever du jour, ce ne fut pas la trompette du Jugement Dernier qui retentit, mais la corne du bouvier ; car selon Stiefel, les bœufs et les vaches allaient y passer en premier.

Pour éviter ce spectacle affligeant aux paysans, le bouvier fut chargé de conduire le troupeau en-dehors du village. Ensuite, Stiefel tint dans sa petite église un long sermon jusqu’à l’heure fatidique, au milieu des bruyantes lamentations des femmes. Mais la Fin du monde refusa de venir…
Ce furent par contre des envoyés du Prince-Electeur qui vinrent et firent monter Siefel sur un chariot pour le conduire à Wittenberg. Il fut relevé de son ministère jusqu’à ce qu’il se fût calmé.
Luther ne lui tint pas grief de cet égarement. Dès le printemps 1535,
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Stiefel se vit de nouveau confié une paroisse près de Wittenberg. Il cessa de triturer la Bible avec ses recherches mathématiques.
Professeur de mathématique et diacre de l’Eglise paroissiale de Iena, il mourut à un âge avancé » (Krocker, in Katharina von Bora).
Plutôt que de vouloir extorquer à la Bible des informations que Dieu refuse de révéler, lisez-la pour nourrir votre foi en Jésus. C’est vêtu de Sa justice qu’au Dernier Jour, vous pourrez vous tenir sans crainte devant votre Créateur.

CALENDRIER MAYA & FIN DU MONDE

Amerique Centrale
Sites mayas
mondiale croit […] que le calendrier Maya prédirait que 2012 marquera la fin du monde tel que nous le connaissons. » (mceTV) Que faut-il en penser ?
Les Mayas vivent dans le sud du Mexique et dans le nord de l’Amérique Centrale (sud du Mexique, Belize, Guatemala, ouest du Honduras et du Salvador).
Les adeptes New Age de la mythologie maya, parmi lesquels les mouvances millénaristes, prédisent des changements radicaux voire la fin du monde pour 2012 en se basant sur le Tzolk’in,
Ils situent généralement cette fin du monde plus précisément le 21 décembre 2012 (d’autres auteurs, encore, évoquent une erreur de calcul qui déplacerait la date).
Ces dates correspondraient à la fin d’un cycle du calendrier maya et marqueraient, selon les partisans de la théorie, un changement dans la conscience mondiale et le début d’un nouvel âge.
Cette prophétie est rejetée, tout comme les autres prédictions de fin du monde, par les scientifiques pour son caractère pseudo-scientifique.
En effet, aucune inscription maya n’évoque la moindre prédiction de fin du monde ou de quelque bouleversement majeur pour cette date-là.
De plus, ce qui est considéré par les partisans de cette prédiction comme la fin du calendrier maya n’est en fait que la fin d’un cycle, tout comme chaque 31 décembre marque la fin du cycle d’une année dans le calendrier grégorien, sans que cela n’implique le fin définitive du calendrier, et encore moins la fin du monde.
La date supposée du 21 décembre 2012 n’est pas la seule idée farfelue de la superstition « mayaniste ». Ses adeptes se consacrent aussi à des contacts supposés avec des extra-terrestres.
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Comment en est-on arrivé à cette date du 21 décembre 2012 ?
Si vous avez suivi cette année des émissions télévisées ou lu des articles, voire des livres, sur le sujet, vous savez que c’est complexe.
Pour essayer d’être simple, les mayas avaient deux calendriers différents :
le calendrier religieux et divinatoire Tzolk’in de 260 jours (13 fois 20 jours ( ! ) qui se décalait donc chaque année de 105 jours par rapport à l’année effective, et
le calendrier civil haab de 365 jours : 18 périodes de 20 jours (360 jours) augmentées de 5 jours « sans âme ».
La même combinaison entre les deux calendriers ne se présente que tous les 18 980 jours, donc toutes les 52 années haab (environ 51 années, 11 mois et 17 jours de notre calendrier).
calendrier maya
Mais des découvertes récentes au Guatemala confirment ce que disaient les savants auparavant déjà :
«Les anciens Mayas prédisaient que le monde continuerait et que dans 7.000 ans les choses seraient exactement comme elles étaient alors. » (William Saturno, archéologue de la Boston University.)
Selon l’archéologue William Saturno, il n’y a tout simplement aucune indication que les calendriers mayas s’arrêtent. Certains d’ailleurs vont même au-delà de l’an 3500 de notre calendrier chrétien.

La fin du monde (ou l’univers en feu)

Si j’en crois la Bible, le spectacle sera époustouflant, et les amateurs de feux d’artifices et d’effets pyrotechniques, ou les admirateurs d’étoiles filantes ne seront pas déçus !
Excusez-moi ! Il n’est pas permis de plaisanter avec un sujet pareil, car ce qui se passera à la fin du monde sera dramatique. Dieu, le Créateur de ces splendides joyaux que sont la terre et l’univers,
détruira ces œuvres à cause du péché de l’homme qui a tout sali et corrompu.
En lisant les passages relatifs à la Fin, vous constaterez comme moi que le spectacle sera hallucinant et de nature à épouvanter les hommes au point que certains mourront de frayeur. Même les croyants encore en vie ce jour-là auront à lutter contre la peur ; ce n’est pas pour rien que Jésus les exhorte :
« Quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et levez vos têtes, parce que votre délivrance approche » (Mt 21.28).

Voyons les choses d’un peu plus près

N’attendez pas de moi plus d’indications que l’Ecriture n’en donne. Ce qui est clair, c’est que l’univers tout entier – terre y comprise – disparaîtra dans le feu : « Le ciel et la terre actuels sont gardés pour le feu » (2P 5.7).
Cette annonce du feu cosmique et universel est répétée plusieurs fois :
« Ce jour-là, le ciel disparaîtra avec fracas, les éléments embrasés se désagrègeront et la terre avec les oeuvres qu’elle contient sera brûlée (…) Hâtez la venue du jour de Dieu, jour où le ciel enflammé se désagrégera et où les éléments embrasés se fondront » ((2P 3.10,13).
Dans le Livre des Actes (2.20), nous lisons que « le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang, avant l’arrivée du jour du Seigneur ».
Explosion
Matthieu (24.29) dit la même chose, à quelques nuances près : « Le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel ».
Comme nous avons déjà pu le noter, le cataclysme n’affectera pas seulement les astres dans l’univers, mais aussi et surtout la terre. On y assistera à d’effrayants bouleversements, à d’épouvantables phénomènes naturels tels que raz-de-marée, tsunamis gigantesques, comme cela ressort des paroles du Seigneur :
« Sur la terre, les nations seront (…) épouvantées par le bruit de la mer et des vagues » (Lc 21.25).
Mais la terre aussi finira dans le feu : « La terre avec ses oeuvres sera brûlée » (2Pi 3.10). Oui, « brûlée » !
Cela prête sans doute moins à sourire depuis qu’on a découvert l’extraordinaire énergie que recèle la matière et plus précisément l’atome. Sans parler du magma (roche en fusion) sous nos pieds… Ne dit-on pas que le noyau de la terre est à plus de 5000° degrés ? Nous sommes assis sur du feu.

Peut-on établir une chronologie ou définir la durée de ces événements ?

C’est difficile. Mais ce qui est sûr, c’est que la survenue de la Fin sera brutale et inattendue. Paul parle aux Thessaloniciens (1/5.3) d’« une ruine soudaine qui fondra sur les hommes ».
Pour autant, une certaine progressivité et une certaine durée avant la phase paroxystique ne semblent pas exclues. Lisez attentivement ce que dit le Seigneur :
« Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Et sur la terre, les nations seront dans l’angoisse, épouvantées par le bruit de la mer et des vagues. Des hommes rendront l’âme de terreur dans l’attente de ce qui surviendra sur la terre, car les puissances célestes seront ébranlées (…) Quand ces événements commenceront à se produire, redressez-vous et relevez la tête… » (Lc 21.25-28).
Il paraît logique de penser que les inondations de grande ampleur précèderont l’embrasement de la terre. Même sentiment de progressivité avec la lune qui passera par une phase de couleur rouge-sang avant de s’assombrir totalement comme le soleil…
Ces phénomènes effrayants seront accompagnés d’un vacarme assourdissant sur terre (« Les nations seront (…) épouvantées par le bruit de la mer et des vagues » (Lc 21.25) et dans l’atmosphère (« Le ciel disparaîtra avec fracas »). Vous imaginez les hurlements de milliards de personnes paniquées !

Pour résumer

Spectacle terrifiant que celui de l’univers en flamme, des astres filant en tous sens tels de gigantesques étoiles filantes, du soleil qui s’éteint, de la lune qui vire au rouge foncé, puis au noir… L’univers s’effondre tel un château de cartes et se désagrège comme le sucre qui fond dans l’eau.
J’ai toujours été émerveillé par l’extraordinaire équilibre qui prévaut dans l’univers.
Pensez à la lune : comment se fait-il que depuis la fondation du monde, elle ne soit pas encore tombée sur la terre par suite de l’attraction terrestre ?
Réponse : parce que l’attraction est compensée par la force centrifuge (puisque la lune tourne autour de la terre).
Mais tout de même ! Quel incroyable équilibre : les satellites artificiels placés en orbite par les hommes ne finissent-ils pas par retomber un jour ? Pourtant, depuis des millénaires, la lune reste en place. Parce que Dieu l’y a placée !
Même équilibre prodigieux en ce qui concerne la terre et les autres planètes qui tournent autour du soleil.
Il en sera ainsi… jusqu’au jour où Dieu retirera sa main.

La frayeur sera grande en ce jour

Mais pas seulement en raison du spectacle hallucinant de la fin, mais bien plus encore à cause de l’imminence du retour du Christ qui signifiera la condamnation des hommes impies et leur mort éternelle dans un feu bien pire…
Qu’adviendra-t-il des croyants en ce jour ?
Qu’ils se rassurent : « Quand ces événements commenceront à se produire, dit Jésus, redressez-vous et relevez la tête, parce que votre délivrance est proche » (Mt 21.28).
Le Seigneur leur rappelle ce qu’ils savaient déjà, mais que la vision – en direct ! – de l’effrayant cataclysme aura peut-être tendance à estomper : savoir que l’heure de la Fin signifie pour eux l’entrée dans l’éternité bienheureuse.
Mais tout de même : comment les croyants seront-ils sauvés au travers du feu ?
Tout simplement par un miracle divin. Souvenez-vous comme Dieu a merveilleusement préservé Noé et les siens des eaux du déluge en les installant à bord de l’arche qui vogua sur les flots en furie. Il saura de même préserver ses enfants du déluge de feu. D’ailleurs, l’apôtre Paul est très clair :
« Nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux [= les croyants morts, préalablement ressuscités] sur les nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1Th 4.17).

En conclusion

Retenez bien ce verset : « Alors, toute personne qui invoquera le nom du Seigneur sera sauvée » (Ac 2.20).
Oublions les flammes, les flots, le vacarme et tout ce qu’il pourra y avoir : la seule chose qui importera en ce jour, c’est la foi en Jésus.
Mais sachez bien – et dites-le autour de vous ! – que seuls ceux qui auront fait sa connaissance auparavant pourront invoquer son nom en ce jour. La foi ne s’improvise pas, comme ça, à la dernière minute. Et ne croyez surtout pas qu’à la vue de ces choses effroyables, la peur conduira certains à croire : la foi ne naît pas de la peur, mais de l’Evangile !
C’est aujourd’hui que vous devez vous tourner vers Jésus. Alors ce jour si redoutable ne le sera pas pour vous ; au contraire, comme le dit l’apôtre Pierre, ce sera un jour « grand et glorieux » (Ac 2.20), le jour de « votre délivrance » (Lc 21.28).
Frédéric Bohy

Maladie et possessions

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On nous écrit : « De retour d’une visite médicale, où il était aussi question de thyroïde, voici le commentaire du médecin au sujet de cette maladie (et d’autres n’ayant également aucune origine mentale ou nerveuse) : « Il n’y a pas fort longtemps, les gens estimaient que ces malades étaient possédées du démon. » » !
Nous n’allons pas débattre de ce que « les gens estimaient ». Il est vrai que bien des fausses idées ont été répandues à ce sujet, comme à propos d’autres. Et les Eglises n’ont pas toujours su s’en tenir à ce que Dieu révélait dans l’Ecriture sainte. Cela a parfois débouché sur de terribles tragédies comme les buchers pour les « sorciers » et « sorcières ».

***

Mais revenons aux possessions de la Bible, car nos esprits « éclairés » ont vite fait de dire que les gens de l’époque, n’ayant pas les connaissances médicales nécessaires, les expliquaient par la possession par les démons. C’est passer un peu vite sur les récits bibliques, voire les ignorer.
Certes, la possession par les démons pouvait se manifester par des maladies ou infirmités (mutisme, surdité, accès de morbidité rappelant l’épilepsie). Mais tous les sourds-muets n’étaient pas considérés comme possédés par les démons. Ce constat était fait dans les cas où le ou les démons avaient une personnalité différente du pauvre possédé :

— Les démons parlent (Mc 1.23-24 ; 5.7-9)

— Les démons ont une connaissance étonnante de la personne du Christ que les gens de l’époque n’avaient pas (Mc 1.24),

— Affolés par l’autorité de Jésus, les démons sortent du possédé et se manifestent à l’extérieur de lui (Mt 8.31-32).

Si les maladies, de façon générale, sont la conséquence de l’état pécheur et mortel de l’humanité, aucune personne sensée, si ce n’est les superstitieux, ne va les attribuer à un démon. Sans doute Satan essaye-t-il de nous faire douter de la grâce et de la bonté de Dieu et de nous plonger ainsi dans la déprime et des états maladifs, mais les cas de possession sont rares. Il n’en demeure pas moins qu’il arrive à des missionnaires d’être confrontés à des personnes possédées par un démon. Je n’oublierai jamais le récit de l’un d’eux qui travaillait au Brésil. La personnalité du démon était clairement différente de celle de la possédée. Mais la prière instante de deux missionnaires, une véritable lutte pour la libération de la personne possédée, a eu raison du démon, comme Jésus l’avait déjà promis près de 2000 ans auparavant (Mc 9.29).
Je suis conscient, en écrivant ces lignes, que beaucoup vont être sceptiques pour n’avoir jamais été confrontés à une telle situation. Il n’en demeure pas moins que cela existe. Cela ne doit pas nous faire peur. Christ a triomphé des puissances des ténèbres.

 « C’est pour détruire les œuvres du diable que le Fils de Dieu est apparu. (1 Jn 3.8). »

« Il a dépouillé les dominations et les autorités et les a données publiquement en spectacle en triomphant d’elles par la croix. » (Col 3.5).

Ceux qui placent leur foi en lui sont à l’abri des démons.

JTH

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Comment naissent « LES HOMMES DE DIEU » ?

A cette question vous allez me répondre : « Comme tous les hommes issus de l’union d’un homme et d’une femme ! » – et vous aurez raison. Mais les hommes de Dieu – les pasteurs, les évangélistes, les missionnaires et les théologiens – sont choisis, donnés et envoyés par Dieu pour le bien de son Église. C’est là une grande grâce que Dieu nous fait.

Lorsque nous prions le « Notre Père » et que nous disons : « Que ton règne vienne ! » nous demandons à Dieu qu’il nous donne son Saint-Esprit pour croire, aimer et vivre selon sa Parole mais aussi, implicitement, des pasteurs, des missionnaires et des théologiens pour instruire et édifier son peuple.

Malgré le travail, qui ne manque pas dans ce domaine, nous constatons qu’il y a peu d’ouvriers qui se présentent pour travailler dans la vigne du Seigneur. On peut alors se demander pourquoi, au sein même de l’Église, les vocations sont si rares ?

En effet, la maison de Dieu ne devrait-elle pas être, au contraire, une pépinière pleine de jeunes pousses, enthousiasmées par la beauté, l’utilité et l’urgence de la tâche ?

Que faisons-nous de l’ordre de Jésus lorsqu’il dit : « Allez et faites de toutes les nations des disciples ! » (Mt 28.19) ? Nous sentons-nous concernés par cet appel … ou cela nous laisse-t-il indifférents ?

Comme membre d’une paroisse, avons-nous le souci de la relève … ou pensons-nous qu’il y a des choses bien plus importantes à considérer ?
Nous sommes prompts à penser que les vocations pastorales sont essentiellement un problème administratif et synodal. En pensant ainsi, nous avons oublié que Dieu veut que nous soyons « des pierres vivantes » dans son royaume (1 P 2.5). Et si nous sommes des pierres de l’édifice en construction, ne devons-nous pas aussi nous soucier du « matériel » nécessaire à l’édification ?

Ce souci des futures vocations au service de l’Église commence au sein des familles lorsque les enfants apprennent très tôt à connaître quels sont les besoins de leur paroisse et de leur Église. Il faut en parler le soir à table, il faut prier avec les enfants pour que Dieu suscite et trouve pour son royaume de nouvelles recrues pour le ministère.

Il faut montrer à nos enfants combien il est important et précieux pour une communauté chrétienne d’avoir des pasteurs, des missionnaires et des théologiens zélés et fidèles pour l’enseignement des saintes Écritures. Il faut savoir présenter ce travail à nos jeunes comme la tâche la plus belle, la plus importante et la plus utile qui soit. Car celui qui sème la Parole de Dieu ne travaille pas en vain mais sauvera, par la puissance de Dieu contenu dans l’Évangile, des âmes pour l’éternité.

Aucune profession, ici bas, ne peut se vanter d’un tel résultat car tout ce que nous faisons d’autre n’est que vanité et poursuite du vent. Seul celui qui aura semé l’Évangile du salut verra dans les cieux la merveilleuse et glorieuse moisson que le Seigneur aura fait naître et croître dans les cœurs par sa Parole.
C’est pourquoi le prophète Esaïe peut chanter avec allégresse :

« Qu’ils sont beaux sur les montagnes, Les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, Qui publie la paix! De celui qui apporte de bonnes nouvelles, Qui publie le salut ! » (Es 52.7)

Celui qui n’est pas convaincu de la beauté et de l’importance de cette sainte vocation trouvera toutes sortes d’arguments pour ne pas envisager cette possibilité et il n’encouragera personne à se porter candidat au pastorat. Les raisons avancées sont nombreuses. En voici quelques unes :
« L’Église est pauvre et elle paye mal ses ouvriers. » – Mais Dieu est riche, immensément riche et il peut toute chose. Il peut faire vivre quelqu’un dans les conditions les plus extrêmes. Souvenez-vous d’Élie et de la veuve de Sarepta.

« On n’est pas sûr de faire carrière dans ce métier ». – Il faudrait alors dire qu’on est sûr de rien ici-bas. Car qui peut dire, surtout de nos jours, que la profession choisie est assurée d’un brillant et stable avenir ? Nous voyons tous les jours des gens qui, prétendant avoir un métier en « béton », se retrouvent au chômage.

D’autres encore que l’on disait aptes et doués pour la profession qu’ils avaient choisie, ne peuvent plus l’exercer à cause d’un accident, d’une maladie ou d’un bouleversement technologique qui fait que le métier qu’ils exerçaient n’a plus sa raison d’être. Tout cela pour montrer que sans l’aide et la bénédiction de Dieu rien n’est sûr, stable et certain.

Puis viennent toutes les questions que l’on doit se poser en envisageant cette carrière :
« En serai-je capable, aurai-je la force et la foi pour accomplir une tâche aussi difficile face à un monde si hostile et impie ? » – Si nous regardons à nous-même, la réponse est : Non ! Ici l’avertissement de Jésus prend toute sa valeur lorsqu’il déclare à ses disciples : « Sans moi vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15.5)

Il faut donc prier. Les parents doivent prier, le candidat doit prier, l’Église doit prier et attendre avec foi la décision de Dieu.
Forcer quelqu’un dans ce domaine serait sans aucun doute une erreur. Il faut, comme le dit si bien Jérémie le prophète, se confier entièrement en Dieu et prier ainsi :
« Je sais, ô Éternel ! La voie de l’homme n’est pas en son pouvoir ; ce n’est pas à l’homme, quand il marche, à diriger ses pas. » (Jr 10.23)
Et Dieu qui est fidèle lui répondra : « Ainsi parle l’Éternel, ton Rédempteur, le Saint d’Israël: Moi, l’Éternel, ton Dieu, je t’instruis pour ton bien, Je te conduis dans la voie que tu dois suivre. » (Es 48.17)

Toute l’Écriture nous prouve que, dans le domaine spirituel, c’est toujours Dieu qui choisit ses serviteurs et leur donne tout ce dont ils auront besoin pour accomplir leur tâche avec droiture et fidélité, avec foi et
humilité, avec persévérance et courage.

« Mais comment vais-je savoir que c’est Dieu qui m’a choisi ? » – Pour obtenir cette réponse il faut savoir tomber à genoux devant son Seigneur et lui confier dans la prière ses vœux, ses craintes et ses doutes. Il faut imiter l’exemple d’Anne, la maman de Samuel, qui, sans se lasser, prie avec entêtement, avec foi, avec la certitude que Dieu l’écoute et qu’il l’exaucera à son heure. Et cette femme qui souffre de sa stérilité et qui désire ardemment un enfant fait alors à Dieu cette promesse extraordinaire :

« Éternel des armées ! si tu daignes regarder l’affliction de ta servante, si tu te souviens de moi et n’oublies point ta servante, et si tu donnes à ta servante un fils, je le consacrerai à l’Éternel pour tous les jours de sa vie, et le rasoir ne passera point sur sa tête. » (1 S 1:11 NEG)

Cette femme donne à tous les parents et futurs parents une grande leçon d’humilité et de sagesse, car si tous les enfants sont un don de Dieu, peu de parents pensent en faire, si telle est le dessein du Seigneur, un serviteur de l’Éternel.

Souvent nous avons pour nos enfants des projets et des ambitions bien terre à terre. Nous nous glorifions lorsqu’ils deviennent médecin, professeur, homme de science, etc., mais c’est avec presque honte que nous osons avouer qu’il est pasteur ou missionnaire. Sachons prier comme Anne et dire :
Je souhaite, Seigneur, si telle est ta volonté, que tu fasses de cet enfant un héraut de ton évangile, un serviteur de ton royaume « car toi Éternel tu fais mourir et tu fais vivre, tu fais descendre au séjour des morts et tu en fais remonter. Tu appauvris et enrichis, tu abaisses et tu élève » (1 S [1.28-]2.6)

Savez-vous que Jésus, dans sa prière sacerdotale, a aussi prié pour tous ceux qui s’engageront dans le ministère de la Parole ? En voici un court extrait :

« Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu’ils aient en eux ma joie parfaite. Je leur ai donné ta parole ; et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du malin. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde.
Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité. Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité.
Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. »
(Jean 17:13-23)

Quelle force dans cette promesse du Christ qui nous assure qu’il marchera avec les serviteurs qu’il aura lui-même choisis !
Que tout enfant de Dieu compte avant toute chose sur la puissance du Seigneur et sur sa grâce secourable.

Moïse était un grand timide, plein de complexes : Dieu en fit un meneur d’hommes courageux.
Saul de Tarse était un ennemi du Christ avant que Dieu ne le saisisse et en fasse un apôtre combatif et un ardent défenseur de l’Évangile.

David n’était qu’un jeune berger : l’Éternel en fit un vaillant combattant pour son royaume et un Roi pour diriger son peuple. Comme le dit Dieu à Samuel :
« L’Éternel ne considère pas ce que l’homme considère; l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur. » (1S 16.7).
C’est pourquoi l’apôtre Paul peu affirmer : « Par la grâce de Dieu je suis ce que je suis, et sa grâce envers moi n’a pas été vaine; loin de là, j’ai travaillé plus qu’eux tous, non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi. » (1Co 15.10)

Que Dieu, dans sa grâce, suscite encore à son peuple de nombreux serviteurs qui sèmeront sa Parole, sans doute avec larmes, mais il les assure que leur cœur éclatera d’allégresse lorsqu’ils contempleront l’immense récolte que Dieu aura fait naître par son Évangile. Amen !

REGENERATION

Baptistère, Llanlaf, Pays de Galles

En tapant régénération sur Google, je trouve la régénération biologique, écologique et forestière (www.fr.wikipedia.org) et la définition suivante : reconstitution d’une partie détruite, changement en bien, renouvellement, renaissance. (www.mediadico.com).

Dans nos Bibles, nous trouvons ce mot sous la plume de l’apôtre Paul : « Dieu, notre Sauveur, nous a sauvés. Il ne l’a pas fait à cause des actes de justice que nous aurions faits, mais conformément à sa compassion, à travers le bain de la nouvelle naissance et le renouvellement du Saint-Esprit qu’il a déversé avec abondance sur nous par Jésus-Christ, notre Sauveur. » (Tt 3.4-6)

Vous ne trouvez pas le mot régénération ? Effectivement, les deux nouvelles versions de la Bible (NBS et Segond 21) l’ont remplacé par « nouvelle naissance ». Pourtant le mot « régénération » est toujours utilisé en biologie, écologie et sylviculture. Pourquoi serait-il moins compréhensible dans le langage religieux ?

Baptistère, Cathédrale Metz, 2ème s., ancienne baignoire des thermes romains

Les termes « régénération » et « nouvelle naissance » disent la même chose et traduisent le mot grec παλιγγενεσία (palingenesia) de Tite 3.5. De quoi s’agit-il ?

Nous savons que nous sommes nés spirituellement « morts » (Ep 2.1), sans rien de « bon » aux yeux de Dieu (Rm 7.18), car corrompus par le péché originel, héréditaire (Ps 51.7).

Cet état n’est pas anodin, puisqu’il nous plaçait sous la « colère » et la damnation de Dieu (Ep 2.3).

Mais il a eu « compassion » de nous et s’est lui-même occupé de nous tirer de notre impasse. Car c’était une impasse.

Baptistère, Pise, Italie, Extérieur

La régénération spirituelle est quelque chose d’infiniment plus colossal et impressionnant que la régénération biologique ou écologique. Là-bas, les énergies que Dieu a placées dans la nature permettent, avec le temps, aux végétaux maltraités de reprendre le dessus. Dans le domaine spirituel, c’est différent, car il ne s’agit pas de reconstituer une partie détruite, mais de ramener à la vie quelque chose de « mort ».

Baptistère, Pise, Intérieur

Or, un mort ne peut pas se ressusciter lui-même. Un mort spirituel ne peut pas nous plus se ressusciter spirituellement et se donner lui-même la foi. Cette « régénération » ou « nouvelle naissance » ne peut être opérée que par le Saint-Esprit.

Aussi Paul l’appelle-t-il aussi « le renouvellement du Saint-Esprit ».

Cela se fait, en règle générale, lors du baptême que Paul appelle « le bain de la régénération » ou « de la nouvelle naissance ». C’est là que le Saint-Esprit veut « renouveler » les pécheurs perdus, allumer en eux la foi en leur Sauveur Jésus-Christ et leur apporter le pardon et la réconciliation avec Dieu.

Sur le champ missionnaire, le Saint-Esprit amène des adultes à la foi dès avant leur baptême, comme l’eunuque d’Ethiopie. Mais alors ils s’empressent de demander, comme lui, « le bain de la régénération ». (Ac 8.26-40)

Baptistère, Eglise Ev. Luthérienne St-Pierre, Châtenay - Le Plessis
Des parents chrétiens tiendront à amener au baptême leurs nourrissons aussi tôt que possible, pour qu’ils y reçoivent « le pardon des péchés » (Ac 2.38), la vie et le salut (Mc 16.16 ; 1 P 3.21).

L’Eglise a souligné l’importance du baptême par la magnificence des baptistères et leur place bien en évidence pour nous rappeler que là nous avons été unis au Christ, mort et ressuscité pour nous (Rm 6.3-11).

Que penser d’un baptême qui ne porte pas de fruits ?

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En 1517, Luther afficha ses 95 thèses sur les indulgences, qui marquèrent le point de départ de la Réforme.

Dans le cadre de ce qu’on appelle la « décade de Luther » (les dix ans précédant la célébration en 2017 du 500° anniversaire de la Réforme), nos regards sont tournés cette année-ci vers le Baptême.

Nous poursuivrons donc dans notre bulletin paroissial notre réflexion sur ce sacrement.

Les fruits que l’on voit à côté du titre et qui illustrent la Fête des Récoltes nous invitent à poser la question :
Que penser d’un Baptême qui ne porte pas de fruits ?

La pratique qui a cours dans la plupart des Eglises protestantes, dans l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes est remise en question non seulement par les Eglises dites évangéliques qui rejettent le Baptême des enfants, mais depuis un bon bout de temps déjà par de nombreux parents protestants et catholiques qui ne font plus baptiser leurs enfants en prétextant que c’est à eux de faire un jour ce choix.

Cette décision n’est sans doute pas prise à la légère et quelque part je comprends ces parents, car il y a tant de « baptêmes sans suite.
J’ai moi-même baptisé bien des enfants dont les parents, parrains et marraines avaient promis devant Dieu et l’Eglise rassemblée ce jour qu’ils aideraient leur enfant à s’éveiller à la foi et à grandir en elle, à apprendre dans le culte et dans la communion de leur Eglise ce que signifie être baptisé.

Mais ils ont de toute évidence oublié l’engagement qu’ils avaient pris.
Pour bien des gens le Baptême n’est plus qu’un rite, une belle cérémonie dont on n’a pas envie de se passer.

On a l’impression qu’ils n’ont jamais appris ce que représente le Baptême. Rien d’étonnant à ce qu’il demeure alors sans suite.
On pourrait capituler devant une telle situation et se dire : l’essentiel est que les enfants soient baptisés, peu importe que leur Baptême ait une suite ou non.
Ou bien, au contraire, décider tout simplement de ne plus baptiser d’enfants.

Mais aucune de ces deux solutions n’est acceptable.
Premièrement parce que le Baptême des nourrissons manifeste clairement que l’amour et la grâce de Dieu précèdent notre décision et nos actes. Ce n’est pas nous qui apportons quelque chose pour rendre le Baptême effectif, mais c’est Dieu qui agit pour nous !

Ensuite, nous ne serions plus dans l’obligation de dire et de rappeler aux familles, aux parents, parrains et marraines ainsi qu’aux jeunes qui ont reçu le Baptême dans leur petite enfance ce que ce sacrement leur a apporté et combien il est précieux.

J’ai compris depuis longtemps qu’un simple entretien préalable au Baptême ne suffit pas pour cela. Il serait peut-être préférable d’offrir aux parents et aux parrains et marraines un enseignement sur le Baptême et la foi dès que s’annonce une grossesse. Et si, suite à cet enseignement, ils décidaient de ne pas faire baptiser leur enfant, au moins la situation serait claire et plus honnête.

Mais ce serait encore mieux s’ils pouvaient toujours découvrir chez nous – je veux dire chez ceux parmi nous qui entendent vivre leur foi avec ferveur et joie – combien c’est beau d’être baptisé et de vivre de son Baptême.

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Imaginons que notre Baptême porte des fruits aussi beaux et savoureux que les fruits et légumes dont la photo figure sur la première page de notre bulletin, rien que des fruits juteux, goûteux, beaux à voir et riches en vitamines.

Ces fruits du Baptême existent. Dieu les fait pousser et mûrir sous l’action du Saint-Esprit ! Par le pardon des péchés, la proclamation de sa Parole, la Sainte Cène il purifie, nourrit et enrichit le plant de la foi qui pousse sur le terreau du Baptême.
C’est ainsi que le sacrement porte des fruits qui font la joie de notre entourage.

Efforçons-nous de vivre de telle manière que les autres contractent ce merveilleux virus et n’aient qu’une envie : vivre comme nous des richesses du Baptême. Cela commence toujours par le culte dans lequel Dieu nous bénit et agit en nous. Invitation cordiale à tous !

Jürgen Wienecke
Lettre Paroissiale SELK Landau, Allemagne, oct.-nov. 2011
(Trad. Wilbert Kreiss)

Le mot du rédacteur

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«Le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. » (Mc 10.45)

Passage bien connu … et ô combien rassurant !

Cette croix qui surplombe au loin les Grandes Jorasses et le Pic du Midi illustre bien les bras étendus du Christ qui bénit le monde en lui apportant les fruits de son expiation.

Oui, il a payé pour nos péchés et a ainsi fait sauter les chaînes qui nous retenaient, il nous a ainsi libérés de la colère de Dieu et de la damnation.
Le Créateur de cette terre si belle et si grandiose, même de l’univers immense, au lieu de venir nous obliger à le servir comme des forçats coupables, est venu servir à notre place, payer aussi à notre place dans les souffrances de l’enfer.

Voilà pourquoi notre cœur est en fête à la pensée de Pâques, voilà pourquoi nous lui rendons un culte le dimanche, son jour, « le jour du Seigneur » (Ac 20.7), car Pâques révèle avec éclat que la rançon qu’il a payée pour nous a été acceptée comme suffisante par Dieu, que Jésus nous a vraiment libérés.
C’est pour cela que nous venons régulièrement lui rendre un culte dans nos églises ; c’est pour cela que nous les aménageons à sa gloire et les remplissons de symboles qui nourrissent notre méditation (p. 11-14) ; c’est pour cela que nous y entendons son Evangile et y recevons ses sacrements (p. 7-9) ; c’est là que nous venons chercher la force de vivre en enfants de Dieu (p. 8-9 et 15-19) ; et c’est encore pour cela que des hommes se font former au ministère pastoral (p. 4-6).

Le Fils de l’homme est venu pour nous rendre le plus grand et le plus capital des services qui soit. Servons-le à notre tour : aussi imparfait que soit notre service, il l’agrée et en couvre les imperfections de sa sainteté.

Et servons les autres en témoignant par notre comportement et nos paroles, aussi par notre engagement responsable dans son Eglise, de la foi et de la gratitude que nous lui portons !

Ce passage a été choisi comme mot d’ordre pour la nouvelle année 2012.
Durant cette année vous entendrez pas mal de bruit fait autour d’une prétendue fin du monde le 21 décembre 2012. Sans doute les campagnes électorales – présidentielle d’abord, législatives ensuite – étoufferont-elles quelque peu ces bruits. Ils ne se multiplieront que d’autant plus après juin.
Nous projetons d’y consacrer un numéro prochain.

En attendant, soyez rassurés pour traverser cette nouvelle année – et les autres que le Seigneur daignera nous accorder – en vous rappelant qu’il a fait le nécessaire – donné sa vie en rançon – pour que nous puissions nous savoir gardés dans la paix de Dieu qui surpasse toute intelligence !

Une bonne et heureuse année sous son regard !

UN NOËL PAS BLANC

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Il y a longtemps, vivaient dans une petite maisonnette aux abords d’une petite ville un père et une mère avec leurs deux enfants : Valentin et Marinette.

Chaque matin, le père remontait la rivière non loin de leur maison pour aller travailler au moulin. Il y portait de lourds sacs de farine ou de grains du matin au soir. Mais le meunier, grippe-sou, le récompensait d’un salaire de misère.

Derrière la maison, la mère cultivait un petit jardin. Elle y plantait quelques légumes et surtout des herbes : herbes fines, herbes odorantes, herbes guérisseuses dont elle connaissait le secret.

Parfois arrivait de la ville quelque souffrant lui demandant une de ses herbes ou même un onguent de sa fabrication. Tantôt il partait en remerciant, tantôt il laissait quelques pièces. La mère les rangeait dans un gousset. Avec le peu d’argent que le père rapportait du moulin, il arrivait que le gousset était bien rond et dru, mais parfois il s’aplatissait aussi dangereusement sur la table.

Cependant, tous les quatre vivaient dans le respect de Dieu et dans une entière confiance en lui. Ils acceptaient le moindre bienfait comme venant de sa main et l’en remerciaient. Par la prière ils restaient en contact quotidien avec lui, et l’on peut affirmer que, malgré cette vie fruste, la maisonnette abritait un bonheur discret.

Hélas ! cela ne dura pas. Le malheur vint frapper à leur porte, non pas du jour au lendemain, mais il s’infiltra dans leur vie pernicieusement, petit à petit, et ce fut l’épreuve …

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C’était vers la mi-décembre que le père commença à tousser. Malgré les soins experts de sa femme, ses onguents avec lesquels elle frictionnait son torse, il toussa de plus en plus, eut des difficultés à respirer, perdit l’appétit. Un jour, au moulin, il s’écroula sous un sac de grains. Le meunier le congédia à la minute, « oubliant » de lui remettre le restant de sa paye.

Dès lors, cela alla de mal en pis avec sa santé. Il dut s’alliter, eut de fortes fièvres, ne mangea plus. De temps à autre, sa femme considérait son gousset, un gousset, hélas ! devenu bien flasque.

Un jour, elle déclara avec soupir : « Il le faut. Il faut appeler le docteur et … le payer … » Celui-ci arriva le 23 décembre en début d’après-midi. Il examina longuement le malade, puis il s’installa à table et se mit à écrire.

« Il faut suivre au mot ce que j’écris là. Apportez de suite ce billet à l’apothicaire. Si vous voulez que votre homme guérisse, commencez ce traitement dès ce soir, » dit-il en s’en allant.

La mère considéra encore son maigre gousset, en retira la dernière grosse pièce. « Voilà la dernière grosse pièce que je possède, » dit-elle. « Je te la confie, Valentin. Toi, Marinette, prends l’ordonnance du docteur. Dépêchez-vous, ne traînez pas en route, la nuit va tomber bientôt. Valentin, mouche-toi ; voilà encore une chandelle sous ton nez ! »

Les enfants sortirent. Dehors, un paysage féerique les accueillit. La neige était tombée, recouvrant absolument tout de sa blancheur éblouissante : c’était comme si le ciel, une fois de plus, voulait prouver aux humains qu’une pureté immaculée unanime était toujours possible.

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Bonnet sur la tête, cache-nez autour du cou, les deux avançaient hardiment. N’y allait-il pas de la vie de leur père ? De temps à autre, Valentin tirait son mouchoir de sa poche pour faire disparaître la chandelle.

Arrivés à destination, ils montèrent les cinq marches de la maison de l’apothicaire et s’arrêtèrent devant la porte pour souffler.

« Marinette, as-tu le billet ? » – « Oui, Valentin. Et toi, as-tu l’argent ? » Valentin se mit à fouiller sa poche, à fouiller … à fouiller … Puis, les yeux hors de leurs orbites : « Marinette, je ne l’ai plus. » – « Vite, retournons la chercher. »

Ils revinrent sur leurs pas, scrutant leurs empreintes. Hélas ! il y en avait bien d’autres, parfois effacées ou entrecoupées par des ornières de roues … Ils prirent leur temps, regardèrent partout, ne trouvèrent rien …

Arrivés à nouveau devant leur maison, il faisait nuit noire. Le cœur brisé, ils entrèrent, confessèrent tout à leur mère. Oh, il virent bien le tressaillement d’une seconde passant sur son visage d’habitude si serein !

« Mère, allume la lanterne. Nous chercherons encore. » – « Non. Allez manger votre soupe, puis nous allons prier. »

Les enfants, la gorge serrée, ne purent avaler grand-chose. Enfin, ensemble, ils joignirent les mains pour parler à Dieu. La mère, en toute humilité, le pria d’avoir pitié d’eux. Valentin, en larmes, le supplia de ne pas laisser mourir son père à cause de sa négligence, et Marinette, sereine, lui redit sa confiance, lui seul étant à même de conduire toute chose à bonne fin. Puis, sans concertation préalable, ils conclurent avec les paroles que leur père prononçait d’habitude chaque soir : « … Que ton saint ange nous garde afin que Satan n’ait aucun pouvoir sur nous … »

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« Maintenant, » dit la mère, « quoi qu’il arrive, le saint ange de Dieu est dans la maison et auprès de chacun de nous. »

Sur ce, les enfants prirent congé de leur père pour la nuit, montèrent dans leur chambrette mansardée. Dans le triangle de son pignon, il y avait une fenêtre ; à droite, sous la cloison pentue, le lit de Valentin ; à gauche, celui de Marinette. Longtemps Marinette entendit son frère pousser de temps en temps un soupir. Finalement, rompus de fatigue et de chagrin, mais apaisés par leur prière commune, ils s’endormirent.

Tout à coup, en plein milieu de la nuit, Marinette fut réveillée en sursaut par un grand coup frappé quelque part. Elle s’assit sur son séant, le cœur battant, l’oreille tendue : Qu’est-ce ? Dehors, une grande agitation, une tourmente gémissante ponctuée de bruits insolites secouait la maison. ET voilà encore : Vlan ! Le volet !

Marinette sauta du lit, ouvrit la fenêtre, reçut de plein fouet une bouffée de vent extraordinairement tiède. Vite, elle raccrocha le volet. Mais que se passait-il donc ? Partout, par terre, l’eau ruisselait. Des plaques de neige glissant du toit tombaient sur le sol pour s’y changer aussitôt en eau.

Oh ! le dégel ! La neige s’en va. Peut-être … Marinette ne peut plus se rendormir. Elle se mit à somnoler, par crainte de manque le petit jour.

A la première lueur de l’aurore, elle sauta du lit : « Valentin, lève-toi, la neige s’en va. » Ils s’habillèrent en hâte. « Marinette, as-tu encore l’ordonnance du docteur ? » – « Bien sûr. Viens ! »

Ils quittèrent la maison en catimini. Dehors, c’était la gadoue ; ça et là un petit tas de neige troué, prêt à fondre. Dans la ville encore endormie, ils avancèrent sur leurs pas de la veille, le regard rivé au sol, inspectant minutieusement chaque parcelle. Mais rien, toujours rien …

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C’est ainsi qu’ils arrivèrent à l’officine de l’apothicaire. Plus qu’à sauter le caniveau où coulait l’eau quand, soudain, Marinette poussa un cri : « Valentin, oh ! regarde ! »

Dans la rigole, un peu en contrebas de la maison, gisait, ronde et brillante, leur pièce arrêtée par deux cailloux, l’eau sautant par-dessus en cascade. Vite, Valentin la ramassa. Ne restèrent plus que quelques marches à monter.

Arrivés devant la porte, ils constatèrent avec stupéfaction qu’elle était encore fermée. « Attendons, » dit Valentin. « Oh non, Valentin, Père a besoin de la potion. Il ne faut pas qu’il meure … Tire la clochette ! »

Et Valentin tira. Il leur sembla que ce tintement insolite se propageant dans l’air ouaté du petit jour allait réveiller la ville entière. Ils s’en mordirent les lèvres. Mais le vasistas aménagé dans la porte s’ouvrit. Ils aperçurent la tête ronde de l’apothicaire coiffée d’un bonnet de nuit. Le vasistas se referma et la porte s’ouvrit.

L’apothicaire se tint devant eux, sa longue chemise de nuit voilant son ventre rebondi, ses larges pieds

enfoncés dans des babouches. « Vous, les enfants ? » – « Bonjour, Monsieur l’apothicaire. Excusez, Monsieur l’apothicaire. Notre père est très malade. Il lui faut une potion, » et Marinette lui tendit la feuille du docteur. Il ne la prit pas.

« Dites donc, les enfants, ne vous ai-je pas déjà vu hier devant ma porte ? » – « Si, Monsieur l’apothicaire. » – « Et vous n’êtes pas entrés ? » – « Non … » – « Pourquoi ? » – « Nous … nous avions perdu l’argent, la dernière grosse pièce de notre mère. » – « Ah, vous aviez perdu l’argent … Et maintenant ? » – « Nous avons cherché, hier soir. Nous ne l’avons pas trouvé. Nous sommes rentrés et … et nous avons prié. Le vent est venu cette nuit et a fait fondre la neige. Nous nous sommes levés tôt pour … chercher encore. »

« Ah, » fit l’apothicaire à nouveau, « vous avez prié et le vent est venu et vous vous êtes levés tôt, en effet. » – « Oui, Monsieur l’apothicaire. » – « Et vous l’avez trouvé ? » – « Oui, Monsieur l’apothicaire. » – « Où ? » – « Là, dans le caniveau devant votre maison, arrêtée par deux cailloux, l’eau sautant par-dessus en cascade. »

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Valentin ouvrit la main. Dans sa paume la pièce brillait de tous ses feux. « Ah, ah, » fit l’apothicaire. Enfin il prit l’ordonnance et disparut au fond de l’officine.

Les enfants l’entendirent remuer des bocaux, concasser quelque chose dans un mortier. Puis il revint avec deux paquets, l’un entouré d’un ruban rouge : « Celui-ci est pour frictionner, celui-là pour avaler. Il faut bien suivre les indications du docteur. » Et il remit le billet à Marinette.

Alors Valentin posa sa pièce sur le comptoir. L’apothicaire la considéra un moment, puis : « Je n’en veux pas, gardez-la. » – « Mais … mais … »

L’apothicaire se pencha en avant, continua à voix basse d’un air mystérieux : « C’est Noël aujourd’hui. Ce soir, quand vous fêterez l’arrivée de l’enfant Jésus dans notre monde pour le sauveur, vous poserez la pièce sous le sapin. Et maintenant, ouste ! filez ! »

Il se dirigea vers la porte et l’ouvrit toute grande : « Joyeux Noël, et ne perdez plus rien ! » – « Merci, Monsieur l’apothicaire ! Joyeux Noël, Monsieur l’apothicaire ! »

Les enfants filèrent. A présent la ville semblait se réveiller autour d’eux. Ça et là un volet s’ouvrait.

Ils entendirent une femme héler sa voisine : « Eh, Jeannote, tu as entendu le vent cette nuit ? Toute la neige a disparu ? Il n’y aura encore pas de Noël blanc. » – « Oh oui, » répondit celle-ci, « j’ai entendu. Quel dommage ! J’aime tant les Noëls blancs. »

Spontanément, les enfants échangèrent un regard. La tête enfoncée entre les épaules ils rirent sous cape. Tout essoufflés ils arrivèrent chez eux.

« Mère, mère ! » Ils posèrent le tout sur la table et racontèrent. Alors le visage de la mère se lissa, un sourire radieux l’illumina : « Que le Seigneur est grand ! Il est plein de bontés pour ceux qui se confient en lui. Il accomplit des merveilles. Béni soit-il à jamais, et béni soit le bon apothicaire ! Les enfants, n’oubliez jamais ce qui vous est arrivé aujourd’hui. »

Elle ouvrit les paquets et se mit à soigner son homme.

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Inutile de vous dire qu’il guérit. Peu à peu il toussa moins, respira mieux. L’appétit revint. Il put se lever. Un matin, tout guilleret, il déclara : « Je vais reprendre du travail, je me sens d’attaque. » – « Pas au moulin, » commenta la mère doucement mais fermement ; « c’est trop dur. » – « J’irai en ville. Je trouverai. »

Il n’eut pas besoin d’aller en ville. Lorsqu’il fut sur le pas de la porte, la carriole du maître sabotier tirée par la mule Grisette s’arrêta devant la maison. La carriole était vide, mais le sabotier en descendit, soutenant sa femme pouvant à peine marcher sur ses grosses jambes enflées. « Je vous amène ma femme, » cria-t-il de loin. « Peut-être que la vôtre pourra la guérir. »

La mère était accourue. « Guérir ? » dit-elle, « Seul le Très-Haut peut guérir. Mais soulager, je peux

toujours essayer. Mais entrez, entrez donc ! »

Elle les fit asseoir à table, leur servit aussitôt une de ses décoctions, interrogea longuement la femme du sabotier, puis disparut pour préparer le nécessaire.

Le père leur tint compagnie. Tout en sirotant le breuvage odorant, on bavardait, et le maître sabotier ouvrit son cœur : « Je me fais vieux. Je dois consacrer de plus en plus de mon temps à ma femme. Nous n’avons pas d’enfant. J’ai bien un tout jeune apprenti, mais je serais bien content de trouver un homme mûr et sûr sur qui m’appuyer. »

C’est ainsi que le père devint sabotier. Il apprit vite à choisir le bon bois, à connaître les outils appropriés, à creuser le sabot et à lui donner son galbe. Quelques années plus tard, Valentin le rejoignit et devint sabotier à son tour.

La femme du maître mourut d’abord, puis le maître. Dans son testament, il léguait son atelier et son commerce à Valentin et à son père.

Chaque premier du mois, ils remplissaient la carriole de sabot, attelaient la mule Grisette, ornaient son cou d’un collier de grelots et alors : « Hue ! » « Dia ! » en route pour les villages voisins. Ah, comme ils appréciaient le calme de la vaste campagne, comme ils aspiraient son air pur à pleins poumons !

Dans les villages, à l’appel des grelots, les clients accouraient, les saluant comme de bons amis. Très bientôt, ils emmenèrent Marinette. Il n’y avait pas son pareil à vous jauger le pied d’un client et à retirer aussitôt du tas la bonne pointure.

Valentin avait pris une habitude. Lorsqu’à l’approche de Noël un client se présentait pronostiquant avec regret un Noël pas blanc, Valentin répondait : « Oh, vous savez, celui, là-haut, qui fait la pluie et le beau temps ne commet pas de faute. Il existe sans nul doute quelque part quelqu’un dans le monde ayant un grand besoin de Noël pas blanc … » – « Vous croyez ? »

Alors, lorsque le client se montrait disposé à bavarder, Valentin lui racontait cette triste journée du 23 décembre où sa sœur et lui avaient perdu dans la neige leur dernière grosse pièce d’argent destinée à payer l’apothicaire pour une potion pouvant guérir leur père si malade.

Il racontait leur désespoir, leur prière, le foehn arrivé la nuit, la retrouvaille de leur pièce gisant dans le caniveau, arrêté par deux cailloux, au petit matin du 24 décembre.

Valentin avait encore pris un autre pli. Le premier client à se présenter au matin du 24 décembre avait sa paire de sabots gratuite. Lorsqu’il s’en étonnait, Valentin prenait un air mystérieux, se penchait en avant, tout comme jadis le bon apothicaire, et expliquait à voix contenue :

« Vous savez, c’est Noël aujourd’hui. Ce soir, quand vous fêterez l’arrivée de l’enfant Jésus dans notre monde pour le sauver, vous poserez ces sabots sous le sapin.

Pour rien au monde, et jusqu’à la fin de ses jours, il n’aurait dérogé à ce geste, Noël blanc ou Noël pas blanc.

Le mot du Rédacteur

« Pendant un court moment, je t’avais abandonnée,
mais c’est avec une grande compassion que je t’accueillerai
» (Es 54.7)

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Par Esaïe, Dieu s’adresse au peuple d’Israël qui s’est détourné de lui. Il annonce le châtiment paternel (ce sera la destruction de Jérusalem et la déportation du peuple à Babylone).

Quand l’amour des parents les pousse à sévir envers leurs enfants, c’est toujours parce qu’ils ont leur bien, leur bonheur en vue.

Avec cette punition, Dieu voulait préparer leur cœur à entendre ses paroles de promesses et de réconfort : l’annonce du Messie sauveur.

Nous aussi, nous avons parfois l’impression que Dieu nous a « abandonnés ». Quand Dieu nus sépare d’un être cher, quand il retire un ouvrier précieux du travail de sa vigne (p. 18-19).

Cet « abandon » n’est qu’une impression, qu’une illusion, même si ce que nous vivons à ce moment peut être pénible, voire à la limite du supportable. Même cet apparent abandon n’est alors qu’un témoignage de sa « grande compassion ».

Au cours du Temps de l’Avent (les quatre semaines avant Noël), puis lors des jours de Noël, nous fêtons avec éclat la commémoration de la naissance de notre Sauveur à Bethléhem. (p. 8)

Si nous pouvons vivre dans la certitude d’être « accueillis » par Dieu, c’est grâce à ce que Jésus est venu accomplir et subir sur terre à partir de sa conception dans la vierge Marie.

C’est lui qui nous donne l’assurance d’être « accueillis » par Dieu à bras ouverts, non pas seulement en amis, mais en « enfants, héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ » (Rm 8.17)

Quand nous fêtons Noël, la nativité de notre Sauveur, c’est notre salut que nous fêtons en même temps, notre « accueil » dans la famille de Dieu, « accueil » que nous devons exclusivement à la « grande compassion » de Dieu.

Cette « grande compassion » est chaque fois à l’œuvre dans nos vies quand il nous conduit d’une situation désespérée à la joie et à l’épanouissement (p. 4-7, 12 et 14-17).

Ne désespérons jamais de la compassion et de la fidélité de Dieu. Noël nous en est le garant, Vendredi-Saint et Pâques aussi.

Prenons à cœur les réflexions en pages 9-13, mais aussi 4-7, et prolongeons-les en en retirant de l’inspiration pour nos propres vies. Montrons que nous construisons nos vies « en nous appuyant sur sa grande compassion » (Dn 9.18).

Joyeux Noël en notre « Prince de la paix » et une nouvelle année bénie à la lumière de notre « Merveilleux Conseiller » ! (Es 9.5)