UN NOËL PAS BLANC

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Il y a longtemps, vivaient dans une petite maisonnette aux abords d’une petite ville un père et une mère avec leurs deux enfants : Valentin et Marinette.

Chaque matin, le père remontait la rivière non loin de leur maison pour aller travailler au moulin. Il y portait de lourds sacs de farine ou de grains du matin au soir. Mais le meunier, grippe-sou, le récompensait d’un salaire de misère.

Derrière la maison, la mère cultivait un petit jardin. Elle y plantait quelques légumes et surtout des herbes : herbes fines, herbes odorantes, herbes guérisseuses dont elle connaissait le secret.

Parfois arrivait de la ville quelque souffrant lui demandant une de ses herbes ou même un onguent de sa fabrication. Tantôt il partait en remerciant, tantôt il laissait quelques pièces. La mère les rangeait dans un gousset. Avec le peu d’argent que le père rapportait du moulin, il arrivait que le gousset était bien rond et dru, mais parfois il s’aplatissait aussi dangereusement sur la table.

Cependant, tous les quatre vivaient dans le respect de Dieu et dans une entière confiance en lui. Ils acceptaient le moindre bienfait comme venant de sa main et l’en remerciaient. Par la prière ils restaient en contact quotidien avec lui, et l’on peut affirmer que, malgré cette vie fruste, la maisonnette abritait un bonheur discret.

Hélas ! cela ne dura pas. Le malheur vint frapper à leur porte, non pas du jour au lendemain, mais il s’infiltra dans leur vie pernicieusement, petit à petit, et ce fut l’épreuve …

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C’était vers la mi-décembre que le père commença à tousser. Malgré les soins experts de sa femme, ses onguents avec lesquels elle frictionnait son torse, il toussa de plus en plus, eut des difficultés à respirer, perdit l’appétit. Un jour, au moulin, il s’écroula sous un sac de grains. Le meunier le congédia à la minute, « oubliant » de lui remettre le restant de sa paye.

Dès lors, cela alla de mal en pis avec sa santé. Il dut s’alliter, eut de fortes fièvres, ne mangea plus. De temps à autre, sa femme considérait son gousset, un gousset, hélas ! devenu bien flasque.

Un jour, elle déclara avec soupir : « Il le faut. Il faut appeler le docteur et … le payer … » Celui-ci arriva le 23 décembre en début d’après-midi. Il examina longuement le malade, puis il s’installa à table et se mit à écrire.

« Il faut suivre au mot ce que j’écris là. Apportez de suite ce billet à l’apothicaire. Si vous voulez que votre homme guérisse, commencez ce traitement dès ce soir, » dit-il en s’en allant.

La mère considéra encore son maigre gousset, en retira la dernière grosse pièce. « Voilà la dernière grosse pièce que je possède, » dit-elle. « Je te la confie, Valentin. Toi, Marinette, prends l’ordonnance du docteur. Dépêchez-vous, ne traînez pas en route, la nuit va tomber bientôt. Valentin, mouche-toi ; voilà encore une chandelle sous ton nez ! »

Les enfants sortirent. Dehors, un paysage féerique les accueillit. La neige était tombée, recouvrant absolument tout de sa blancheur éblouissante : c’était comme si le ciel, une fois de plus, voulait prouver aux humains qu’une pureté immaculée unanime était toujours possible.

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Bonnet sur la tête, cache-nez autour du cou, les deux avançaient hardiment. N’y allait-il pas de la vie de leur père ? De temps à autre, Valentin tirait son mouchoir de sa poche pour faire disparaître la chandelle.

Arrivés à destination, ils montèrent les cinq marches de la maison de l’apothicaire et s’arrêtèrent devant la porte pour souffler.

« Marinette, as-tu le billet ? » – « Oui, Valentin. Et toi, as-tu l’argent ? » Valentin se mit à fouiller sa poche, à fouiller … à fouiller … Puis, les yeux hors de leurs orbites : « Marinette, je ne l’ai plus. » – « Vite, retournons la chercher. »

Ils revinrent sur leurs pas, scrutant leurs empreintes. Hélas ! il y en avait bien d’autres, parfois effacées ou entrecoupées par des ornières de roues … Ils prirent leur temps, regardèrent partout, ne trouvèrent rien …

Arrivés à nouveau devant leur maison, il faisait nuit noire. Le cœur brisé, ils entrèrent, confessèrent tout à leur mère. Oh, il virent bien le tressaillement d’une seconde passant sur son visage d’habitude si serein !

« Mère, allume la lanterne. Nous chercherons encore. » – « Non. Allez manger votre soupe, puis nous allons prier. »

Les enfants, la gorge serrée, ne purent avaler grand-chose. Enfin, ensemble, ils joignirent les mains pour parler à Dieu. La mère, en toute humilité, le pria d’avoir pitié d’eux. Valentin, en larmes, le supplia de ne pas laisser mourir son père à cause de sa négligence, et Marinette, sereine, lui redit sa confiance, lui seul étant à même de conduire toute chose à bonne fin. Puis, sans concertation préalable, ils conclurent avec les paroles que leur père prononçait d’habitude chaque soir : « … Que ton saint ange nous garde afin que Satan n’ait aucun pouvoir sur nous … »

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« Maintenant, » dit la mère, « quoi qu’il arrive, le saint ange de Dieu est dans la maison et auprès de chacun de nous. »

Sur ce, les enfants prirent congé de leur père pour la nuit, montèrent dans leur chambrette mansardée. Dans le triangle de son pignon, il y avait une fenêtre ; à droite, sous la cloison pentue, le lit de Valentin ; à gauche, celui de Marinette. Longtemps Marinette entendit son frère pousser de temps en temps un soupir. Finalement, rompus de fatigue et de chagrin, mais apaisés par leur prière commune, ils s’endormirent.

Tout à coup, en plein milieu de la nuit, Marinette fut réveillée en sursaut par un grand coup frappé quelque part. Elle s’assit sur son séant, le cœur battant, l’oreille tendue : Qu’est-ce ? Dehors, une grande agitation, une tourmente gémissante ponctuée de bruits insolites secouait la maison. ET voilà encore : Vlan ! Le volet !

Marinette sauta du lit, ouvrit la fenêtre, reçut de plein fouet une bouffée de vent extraordinairement tiède. Vite, elle raccrocha le volet. Mais que se passait-il donc ? Partout, par terre, l’eau ruisselait. Des plaques de neige glissant du toit tombaient sur le sol pour s’y changer aussitôt en eau.

Oh ! le dégel ! La neige s’en va. Peut-être … Marinette ne peut plus se rendormir. Elle se mit à somnoler, par crainte de manque le petit jour.

A la première lueur de l’aurore, elle sauta du lit : « Valentin, lève-toi, la neige s’en va. » Ils s’habillèrent en hâte. « Marinette, as-tu encore l’ordonnance du docteur ? » – « Bien sûr. Viens ! »

Ils quittèrent la maison en catimini. Dehors, c’était la gadoue ; ça et là un petit tas de neige troué, prêt à fondre. Dans la ville encore endormie, ils avancèrent sur leurs pas de la veille, le regard rivé au sol, inspectant minutieusement chaque parcelle. Mais rien, toujours rien …

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C’est ainsi qu’ils arrivèrent à l’officine de l’apothicaire. Plus qu’à sauter le caniveau où coulait l’eau quand, soudain, Marinette poussa un cri : « Valentin, oh ! regarde ! »

Dans la rigole, un peu en contrebas de la maison, gisait, ronde et brillante, leur pièce arrêtée par deux cailloux, l’eau sautant par-dessus en cascade. Vite, Valentin la ramassa. Ne restèrent plus que quelques marches à monter.

Arrivés devant la porte, ils constatèrent avec stupéfaction qu’elle était encore fermée. « Attendons, » dit Valentin. « Oh non, Valentin, Père a besoin de la potion. Il ne faut pas qu’il meure … Tire la clochette ! »

Et Valentin tira. Il leur sembla que ce tintement insolite se propageant dans l’air ouaté du petit jour allait réveiller la ville entière. Ils s’en mordirent les lèvres. Mais le vasistas aménagé dans la porte s’ouvrit. Ils aperçurent la tête ronde de l’apothicaire coiffée d’un bonnet de nuit. Le vasistas se referma et la porte s’ouvrit.

L’apothicaire se tint devant eux, sa longue chemise de nuit voilant son ventre rebondi, ses larges pieds

enfoncés dans des babouches. « Vous, les enfants ? » – « Bonjour, Monsieur l’apothicaire. Excusez, Monsieur l’apothicaire. Notre père est très malade. Il lui faut une potion, » et Marinette lui tendit la feuille du docteur. Il ne la prit pas.

« Dites donc, les enfants, ne vous ai-je pas déjà vu hier devant ma porte ? » – « Si, Monsieur l’apothicaire. » – « Et vous n’êtes pas entrés ? » – « Non … » – « Pourquoi ? » – « Nous … nous avions perdu l’argent, la dernière grosse pièce de notre mère. » – « Ah, vous aviez perdu l’argent … Et maintenant ? » – « Nous avons cherché, hier soir. Nous ne l’avons pas trouvé. Nous sommes rentrés et … et nous avons prié. Le vent est venu cette nuit et a fait fondre la neige. Nous nous sommes levés tôt pour … chercher encore. »

« Ah, » fit l’apothicaire à nouveau, « vous avez prié et le vent est venu et vous vous êtes levés tôt, en effet. » – « Oui, Monsieur l’apothicaire. » – « Et vous l’avez trouvé ? » – « Oui, Monsieur l’apothicaire. » – « Où ? » – « Là, dans le caniveau devant votre maison, arrêtée par deux cailloux, l’eau sautant par-dessus en cascade. »

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Valentin ouvrit la main. Dans sa paume la pièce brillait de tous ses feux. « Ah, ah, » fit l’apothicaire. Enfin il prit l’ordonnance et disparut au fond de l’officine.

Les enfants l’entendirent remuer des bocaux, concasser quelque chose dans un mortier. Puis il revint avec deux paquets, l’un entouré d’un ruban rouge : « Celui-ci est pour frictionner, celui-là pour avaler. Il faut bien suivre les indications du docteur. » Et il remit le billet à Marinette.

Alors Valentin posa sa pièce sur le comptoir. L’apothicaire la considéra un moment, puis : « Je n’en veux pas, gardez-la. » – « Mais … mais … »

L’apothicaire se pencha en avant, continua à voix basse d’un air mystérieux : « C’est Noël aujourd’hui. Ce soir, quand vous fêterez l’arrivée de l’enfant Jésus dans notre monde pour le sauveur, vous poserez la pièce sous le sapin. Et maintenant, ouste ! filez ! »

Il se dirigea vers la porte et l’ouvrit toute grande : « Joyeux Noël, et ne perdez plus rien ! » – « Merci, Monsieur l’apothicaire ! Joyeux Noël, Monsieur l’apothicaire ! »

Les enfants filèrent. A présent la ville semblait se réveiller autour d’eux. Ça et là un volet s’ouvrait.

Ils entendirent une femme héler sa voisine : « Eh, Jeannote, tu as entendu le vent cette nuit ? Toute la neige a disparu ? Il n’y aura encore pas de Noël blanc. » – « Oh oui, » répondit celle-ci, « j’ai entendu. Quel dommage ! J’aime tant les Noëls blancs. »

Spontanément, les enfants échangèrent un regard. La tête enfoncée entre les épaules ils rirent sous cape. Tout essoufflés ils arrivèrent chez eux.

« Mère, mère ! » Ils posèrent le tout sur la table et racontèrent. Alors le visage de la mère se lissa, un sourire radieux l’illumina : « Que le Seigneur est grand ! Il est plein de bontés pour ceux qui se confient en lui. Il accomplit des merveilles. Béni soit-il à jamais, et béni soit le bon apothicaire ! Les enfants, n’oubliez jamais ce qui vous est arrivé aujourd’hui. »

Elle ouvrit les paquets et se mit à soigner son homme.

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Inutile de vous dire qu’il guérit. Peu à peu il toussa moins, respira mieux. L’appétit revint. Il put se lever. Un matin, tout guilleret, il déclara : « Je vais reprendre du travail, je me sens d’attaque. » – « Pas au moulin, » commenta la mère doucement mais fermement ; « c’est trop dur. » – « J’irai en ville. Je trouverai. »

Il n’eut pas besoin d’aller en ville. Lorsqu’il fut sur le pas de la porte, la carriole du maître sabotier tirée par la mule Grisette s’arrêta devant la maison. La carriole était vide, mais le sabotier en descendit, soutenant sa femme pouvant à peine marcher sur ses grosses jambes enflées. « Je vous amène ma femme, » cria-t-il de loin. « Peut-être que la vôtre pourra la guérir. »

La mère était accourue. « Guérir ? » dit-elle, « Seul le Très-Haut peut guérir. Mais soulager, je peux

toujours essayer. Mais entrez, entrez donc ! »

Elle les fit asseoir à table, leur servit aussitôt une de ses décoctions, interrogea longuement la femme du sabotier, puis disparut pour préparer le nécessaire.

Le père leur tint compagnie. Tout en sirotant le breuvage odorant, on bavardait, et le maître sabotier ouvrit son cœur : « Je me fais vieux. Je dois consacrer de plus en plus de mon temps à ma femme. Nous n’avons pas d’enfant. J’ai bien un tout jeune apprenti, mais je serais bien content de trouver un homme mûr et sûr sur qui m’appuyer. »

C’est ainsi que le père devint sabotier. Il apprit vite à choisir le bon bois, à connaître les outils appropriés, à creuser le sabot et à lui donner son galbe. Quelques années plus tard, Valentin le rejoignit et devint sabotier à son tour.

La femme du maître mourut d’abord, puis le maître. Dans son testament, il léguait son atelier et son commerce à Valentin et à son père.

Chaque premier du mois, ils remplissaient la carriole de sabot, attelaient la mule Grisette, ornaient son cou d’un collier de grelots et alors : « Hue ! » « Dia ! » en route pour les villages voisins. Ah, comme ils appréciaient le calme de la vaste campagne, comme ils aspiraient son air pur à pleins poumons !

Dans les villages, à l’appel des grelots, les clients accouraient, les saluant comme de bons amis. Très bientôt, ils emmenèrent Marinette. Il n’y avait pas son pareil à vous jauger le pied d’un client et à retirer aussitôt du tas la bonne pointure.

Valentin avait pris une habitude. Lorsqu’à l’approche de Noël un client se présentait pronostiquant avec regret un Noël pas blanc, Valentin répondait : « Oh, vous savez, celui, là-haut, qui fait la pluie et le beau temps ne commet pas de faute. Il existe sans nul doute quelque part quelqu’un dans le monde ayant un grand besoin de Noël pas blanc … » – « Vous croyez ? »

Alors, lorsque le client se montrait disposé à bavarder, Valentin lui racontait cette triste journée du 23 décembre où sa sœur et lui avaient perdu dans la neige leur dernière grosse pièce d’argent destinée à payer l’apothicaire pour une potion pouvant guérir leur père si malade.

Il racontait leur désespoir, leur prière, le foehn arrivé la nuit, la retrouvaille de leur pièce gisant dans le caniveau, arrêté par deux cailloux, au petit matin du 24 décembre.

Valentin avait encore pris un autre pli. Le premier client à se présenter au matin du 24 décembre avait sa paire de sabots gratuite. Lorsqu’il s’en étonnait, Valentin prenait un air mystérieux, se penchait en avant, tout comme jadis le bon apothicaire, et expliquait à voix contenue :

« Vous savez, c’est Noël aujourd’hui. Ce soir, quand vous fêterez l’arrivée de l’enfant Jésus dans notre monde pour le sauver, vous poserez ces sabots sous le sapin.

Pour rien au monde, et jusqu’à la fin de ses jours, il n’aurait dérogé à ce geste, Noël blanc ou Noël pas blanc.

Le mot du Rédacteur

« Pendant un court moment, je t’avais abandonnée,
mais c’est avec une grande compassion que je t’accueillerai
» (Es 54.7)

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Par Esaïe, Dieu s’adresse au peuple d’Israël qui s’est détourné de lui. Il annonce le châtiment paternel (ce sera la destruction de Jérusalem et la déportation du peuple à Babylone).

Quand l’amour des parents les pousse à sévir envers leurs enfants, c’est toujours parce qu’ils ont leur bien, leur bonheur en vue.

Avec cette punition, Dieu voulait préparer leur cœur à entendre ses paroles de promesses et de réconfort : l’annonce du Messie sauveur.

Nous aussi, nous avons parfois l’impression que Dieu nous a « abandonnés ». Quand Dieu nus sépare d’un être cher, quand il retire un ouvrier précieux du travail de sa vigne (p. 18-19).

Cet « abandon » n’est qu’une impression, qu’une illusion, même si ce que nous vivons à ce moment peut être pénible, voire à la limite du supportable. Même cet apparent abandon n’est alors qu’un témoignage de sa « grande compassion ».

Au cours du Temps de l’Avent (les quatre semaines avant Noël), puis lors des jours de Noël, nous fêtons avec éclat la commémoration de la naissance de notre Sauveur à Bethléhem. (p. 8)

Si nous pouvons vivre dans la certitude d’être « accueillis » par Dieu, c’est grâce à ce que Jésus est venu accomplir et subir sur terre à partir de sa conception dans la vierge Marie.

C’est lui qui nous donne l’assurance d’être « accueillis » par Dieu à bras ouverts, non pas seulement en amis, mais en « enfants, héritiers de Dieu et cohéritiers de Christ » (Rm 8.17)

Quand nous fêtons Noël, la nativité de notre Sauveur, c’est notre salut que nous fêtons en même temps, notre « accueil » dans la famille de Dieu, « accueil » que nous devons exclusivement à la « grande compassion » de Dieu.

Cette « grande compassion » est chaque fois à l’œuvre dans nos vies quand il nous conduit d’une situation désespérée à la joie et à l’épanouissement (p. 4-7, 12 et 14-17).

Ne désespérons jamais de la compassion et de la fidélité de Dieu. Noël nous en est le garant, Vendredi-Saint et Pâques aussi.

Prenons à cœur les réflexions en pages 9-13, mais aussi 4-7, et prolongeons-les en en retirant de l’inspiration pour nos propres vies. Montrons que nous construisons nos vies « en nous appuyant sur sa grande compassion » (Dn 9.18).

Joyeux Noël en notre « Prince de la paix » et une nouvelle année bénie à la lumière de notre « Merveilleux Conseiller » ! (Es 9.5)

Amour…toujours?

C’est la question que pose une enquête publiée le 28 sept. 2011. Évidemment, ce n’est pas la seule question. L’enquête porte comme titre cette autre question, beaucoup plus globale : « A quoi ressemble le couple aujourd’hui ? ».
L’enquête comporte les rubriques suivantes :

  • 1.  Quel a été votre lieu ou environnement de rencontre ?
  • 2.  Qui a fait le premier pas ?
  • 3.  La différence d’âge dans les couples.
  • 4.  Les différences sociologiques.
  • 5.  Amour … toujours ?
  • 6.  L’infidélité : une cause de rupture ?
  • 7.  Quel est votre mode d’union ?
  • 8.  Le nombre d’enfants par couple.
  • 9.  Êtes-vous heureux en couple ?

Nous ne savons pas quelle est la valeur réelle de cette enquête. Nous ne nous focaliserons donc pas sur les taux, même si on ne peut pas nier qu’ils révèlent des tendances.
Nous nous intéresserons essentiellement au point 5 : « Amour … toujours ? » avec comme sous-titre :

« Peut-on être fidèle à une même personne toute sa vie ? »

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Nous n’allons pas répondre par oui ou par non. D’ailleurs, la question, telle qu’elle est formulée – « Peut-on ? » – ne permet qu’une seule réponse : « Oui, on peut, puisqu’il y en a qui y arrivent. » Mais il faut alors ajouter : « Oui, mais tout le monde n’y arrive pas. » Les deux tiers (66%) répondent par oui : les mariés sont un peu plus optimistes (68%), les pacsés un peu moins (61%). Mais quand on découvre ce qui se passe dans les différentes tranches d’âge, il n’y a pas de quoi être rassuré.
Si les mariés ou pacsés de moins de 25 ans sont encore confiants à 88%, plus les couples avancent en âge et plus ils sont sceptiques, voire pessimistes. Les couples de plus de 60 ans ne sont plus que 59% à croire à la fidélité.
Remarquons d’abord que la loi française demande toujours aux partenaires d’être fidèles dans le mariage. Il est vrai qu’on se demande ce que peut bien valoir cette exigence du mariage civil puisque la loi permet de toute façon qu’on rompe cet engagement à la demande.
Mais là n’est pas notre débat. Posons-nous plutôt la question de ce qu’attend Dieu de ses enfants, mais aussi de ce que Dieu apporte comme aide à ses enfants.
Que 12% des jeunes couples ne croient pas à la fidélité, cela peut aussi venir du fait que certains d’entre eux ne désirent pas non plus être fidèles. Par contre, que 88% y croient, c’est rassurant.

La tentation

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Mais voilà, il y a la tentation. Même parmi les 74% de personnes interrogées qui déclarent ne jamais avoir été infidèles, 16% d’entre eux avouent être souvent tentés de l’être. Évidemment, les autres (26 %) ont cédé à la tentation, et certains d’entre eux (10%) plus d’une fois.
La tentation … La tentation fait partie de notre vie. Dans tous les domaines : pour l’alimentation (a ! ces pâtisseries !), sur la route, face à la déclaration d’impôts …
Elle peut vouloir nous inciter à être infidèles au travail comme à l’Eglise. Les tentations sont partout, et dans notre monde actuel, elles sont particulièrement présentes pour tenter d’éroder et de briser la fidélité dans le couple.
Les couples qui tiennent, ce ne sont pas ceux qui n’ont pas connu de tentation, ce sont ceux qui ont résisté à la tentation, ou qui ont su se consolider après que l’un ou l’autre ait cédé à la tentation.
Ceci dit, les tentations qui menacent un couple ne sont pas nécessairement d’ordre sexuel. Un couple peut aussi péricliter parce que l’un des deux n’a pas su résister à l’attirance de la carrière ou d’un loisir, voire des jeux d’argent, de la boisson ou de la drogue (addiction), ou par l’attirance de mauvais amis.
Les tentations sont diverses et nombreuses. Le Seigneur le savait. Un septième des demandes de son Notre Père y est consacré ! « Ne nous soumets pas à la tentation ! » (Mt 6.13)
Il le savait d’autant mieux « qu’il a été tenté en tout point comme nous, mais sans commettre de péché » (Hé 4.15), preuve, s’il le fallait, qu’on ne commet pas encore de péché en étant tenté.

Dans l’histoire de la tentation par le diable, nous voyons comment Jésus a fait face et surmonté la tentation : en s’appuyant sur la Parole de Dieu. A chaque tentation il répond par : « Il est écrit : … » (Mt 4.4+7+10)
Cherchons aussi auprès de Dieu et de ses promesses de grâce la force de nous opposer et de surmonter les tentations.
Nous n’y parviendrons jamais aussi bien que Jésus. Peut-être qu’il nous faudra d’abord mener une lutte interne. Et même si nous ne cédons pas à la tentation dans les faits, par notre comportement, cela ne veut pas dire que nous n’ayons pas mis du temps pour nous défaire d’une idée attirante, que nous ne nous y soyons pas complu un certain temps en pensées, avant de « sortir victorieux » d’une attirance, d’une addiction ou de toute autre tentation (Martin Luther, Petit Catéchisme, 6ème Demande).
On peut aussi pécher en pensées.
Heureusement que Jésus nous fait d’abord prier : « Pardonne-nous nos offenses ! » (Mt 6.12), aussi là où nous avons des moments de faiblesse dans le domaine de la Demande suivante : « Ne nous soumets [ne nous expose] pas à la tentation ! »

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Les chrétiens de Corinthe vivaient dans une ville portuaire où ils n’étaient pas seulement exposés à l’immoralité ambiante (ce qui avait même donné le verbe « corinther » !), mais aussi à l’idolâtrie omniprésente. En fait, les deux se rejoignaient souvent.
L’idolâtrie a pris des formes différentes aujourd’hui, mais le culte de la personne, la poursuite du plaisir immédiat à n’importe quel prix, la recherche de la satisfaction personnelle sans égards pour les autres, n’est-ce pas aussi de l’idolâtrie – l’idolâtrie de soi-même –, et n’est-ce pas une des causes principales d’échec des couples ?

Pourtant, Paul écrit : « Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine. Dieu est fidèle, et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter. » (1 Co 10.13)
Utilisons donc « les moyens d’en sortir » que Dieu met à notre disposition : méditer sa Parole, vivre de ses sacrements et prier.

Chaque couple épanoui est une défaite des tentations et une victoire de l’amour. Et chaque couple chrétien est un miracle de l’amour de Dieu et une défaite de Satan, du monde et de notre nature pécheresse innée.
Prions le Seigneur de nous habiter de son amour et d’imprégner nos relations de son Esprit !

Incarnation

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Comme souvent dans l’ Église, le mot incarnation vient du latin, langue avec laquelle l’ Église chrétienne a remplacé le grec au haut Moyen-âge.
Vous connaissez tous des mots commençant par « in » et qui désignent un mouvement entrant : introduire, inhaler, etc. Quant à « carn » (chair ou viande), vous le trouvez dans carnivore, ou incarner.
Justement, Jésus s’est incarné, le Fils de Dieu a pris nature humaine, il a assumé une nature humaine.
Celui que Jean appelle « la Parole a été fait chair » (Jn 1.14). La Bible « Segond 21 » le rend ainsi : « La Parole s’est faite homme. » Cela rappelle le terme allemand « Menschwerdung », le « devenir-homme », pour traduire incarnation.

Nous savons quand et où cela s’est produit : en Palestine, il y a près de 2000 ans. Jusqu’à un certain point nous savons aussi comment cela s’est produit : Jésus « a été conçu du Saint-Esprit et est né de la vierge Marie » (Symbole Apostolique). Nous le savons jusqu’à un certain point, car l’incarnation échappe à toute compréhension humaine.

Depuis ce miracle, les deux natures – la divine et l’humaine – sont indissolublement liées dans la personne du Christ bien qu’elles ne se mélangent pas. Jésus est maintenant toujours à la fois Dieu et homme. « En lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité » (Col 2.9).

Nous célébrons ce miracle chaque année plus particulièrement avec la Fête de Noël. Là, nous nous remémorons les prophéties, comme celles de la naissance virginale : « La vierge sera enceinte, elle mettra au monde un fils et l’appellera Emmanuel » (Es 7.14), « ce qui signifie « Dieu avec nous » » (Mt 1.23). Un enfant qui est Dieu !

Là, nous fêtons l’intervention miraculeuse du Saint-Esprit, car Jésus n’est pas né de l’union sexuelle entre un homme et une femme.

L’ange expliqua à Joseph : « L’enfant qu’elle porte vient du Saint-Esprit » (Mt 1.20), ce que l’ange avait déjà indiqué à Marie elle-même : « Le Saint-Esprit viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. » (Lc 1.35)

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Esaïe avait déjà présenté le Messie sous ses deux natures: « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et la souveraineté reposera sur son épaule; on l’appellera merveilleux Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix » (Es. 9.5)

Jésus devait s’incarner par le Saint-Esprit en la vierge Marie pour ne pas naitre pécheur d’une relation entre deux êtres pécheurs (Jn 3.6). S’il n’avait pas été saint, toute son œuvre aurait été marquée du sceau de l’imperfection et du péché et n’aurait pas obtenu notre salut auprès de Dieu.

il est et agit maintenant toujours à la fois comme Dieu et homme, bien que ses deux natures participent chacune à ses actes selon leurs propriété respectives.
La personne de Jésus est une : elle ne se « découpe » pas en pièces détachées, l’une divine, l’autre humaine. Il est maintenant toujours et partout les deux à la fois. Quand il est « avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28.20), c’est le Christ incarné qui est avec nous.

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C’est la raison pour laquelle il peut être présent dans la Cène avec son vrai corps, celui qu’il a « donné pour nous » sur la croix, et son vrai sang, celui qu’il a « versé pour nous » sur la croix (Lc 22.19-20).

On ne peut pas dire : Peu importe que Jésus soit à la fois vrai Dieu et vrai homme, l’important c’est qu’il nous ait sauvés. Le problème, c’est que s’il n’était pas les deux à la fois depuis sa conception par le Saint-Esprit, nous ne serions pas sauvés.

Notre Sauveur devait être vrai homme, pour pouvoir se soumettre à la Loi et souffrir et mourir pour nous.
Il devait être en même temps vrai Dieu

 a)  pour que son accomplissement de la Loi ait valeur pour tous les hommes ;

 b)  pour que sa vie et sa mort soient une rançon suffisante pour notre rachat (rédemption) ;

 c)   pour que le péché, la mort et le diable soient vraiment vaincus.

Le corps et le sang du Christ dans la Cène

La Cène (Eglise d’autoroute, Baden-Baden)

« […]. Je vais au culte dans une Eglise qui n’est pas luthérienne. […], ils restent dans le vague quant à la présence du corps et du sang du Christ dans les éléments. […]. » (courrier transmis par un pasteur.)

La présence du corps et du sang du Christ dans la Cène ne s’explique pas rationnellement, scientifiquement. Ce n’est pas pour rien que l’apôtre Paul la range avec le Baptême dans la catégorie « mystères de Dieu » (1 Co 4.1).
Cela ne signifie pas qu’on n’en sait rien, mais on n’en sait que ce que le Christ nous en dit, lui qui l’a instituée (Mt 26.26-29 ; Mc 14.22-25 ; Lc 22.15-20 ; 1 Co 11.23-29).
Il dit quand même quelques vérités qui sont tout sauf vagues, même si elles dépassent notre faculté de compréhension. Ses mots disent ce qu’ils disent, même si nous ne comprenons pas comment cela se peut.

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Il dit d’abord d’utiliser comme éléments du pain et du vin. « Il prit du pain […], le donna aux disciples en disant : Prenez, mangez ! […] Il prit ensuite une coupe, puis il la leur donna en disant : Buvez-en tous […] de ce fruit de la vigne. » (Mt 26.26-29)
Il y en a qui aimeraient voir dans « ce fruit de la vigne » autre chose que du vin. Il faut quand même se rappeler que cela se passe en avril, des mois après les vendanges, et qu’à l’époque, à moins de faire bouillir le jus à la sortie du pressoir, on ne pouvait conserver « le fruit de la vigne » que sous forme de vin ou de vinaigre.
La « Mischna », texte faisant autorité dans les écoles rabbiniques, indique que lors de la Pâque juive, ce qu’on buvait, c’était du vin. On l’appelait « fruit de la vigne » depuis toujours.
Il est clair aussi que les éléments pain et vin n’ont pas été transformés en autre chose avant que les communiants ne les reçoivent : Paul indique que c’est toujours du pain et du vin qu’on « mange » et qu’on « boit » (1 Co 11.27).

2

Mais Jésus dit encore autre chose. En distribuant le pain, il dit : « Ceci est mon corps » et en donnant à boire le vin il dit : « Ceci est mon sang ! » (Mt 26.26-27 ; Mc 16.22+24).
Là aussi, Jésus est très précis. Les textes sacrés utilisent le verbe être qui indique clairement qu’en recevant le pain et le vin de la Cène nous recevons son corps et son sang. Les paroles sont claires, même si cela nous dépasse.
On ne peut même pas faire valoir que notre Seigneur recourrait à une façon symbolique de parler, que ce ne serait pas vraiment son corps et son sang que nous y recevrions. On ne peut le dire, car il précise sans ambigüité :

 a) ce que nous recevons en même temps que le pain, c’est « mon corps qui est donné pour vous » (Lc 22.19 ; 1 Co 11.24) ; et

 b) ce que nous recevons en même temps que le vin, c’est « mon sang versé pour le pardon des péchés » (Mt 26.28 ; Mc 16.24 ; Lc 22.20).
A moins de soutenir que Jésus n’a pas donné son vrai corps sur la croix ni versé son vrai sang (et donc que toute la scène de la crucifixion était du bluff), il est impossible d’affirmer que Jésus ne nous donne pas son vrai corps et son vrai sang dans la Cène.
Incompréhensible ? D’accord. Les apôtres et évangélistes n’avaient pas pour mission de démontrer l’Evangile mais de l’annoncer, d’en être les « témoins » (Ac 1.8). Un témoin rapporte ce qu’il a vu ou entendu, même s’il ne peut pas l’expliquer.
Aussi, s’agissant du « corps » et du « sang » de notre Seigneur, parlons-nous de « manducation sacramentelle », d’une façon de manger et de boire propre à ce sacrement et distincte de la façon naturelle avec laquelle nous recevons les aliments et les boissons.

Cela demeure un « mystère », mais un mystère annoncé en des termes simples et clairs, un mystère surtout qui nous apporte réconfort et joie … « pour le pardon de nos péchés » (Mt 26.28), pour notre vie et notre salut.

La Cène (Utrecht, 1430)

Le gouvernement seul responsable ? 

Beaucoup de chrétiens s’inquiètent pour l’avenir de leur pays à cause de certaines décisions prises par leur gouvernement. Ils votent des lois encourageant la haine, ce qui pourrait affaiblir la santé morale de la société et menacer la liberté religieuse.

Une telle législation peut engendrer des brimades envers les pasteurs qui enseignent que l’homosexualité est contraire à la volonté de Dieu. Des persécutions ont déjà eu lieu au Canada et en Europe.

La législation qui devrait protéger l’égalité des droits des citoyens est finalement utilisée pour censurer ceux qui désirent pratiquer leur religion dans la paix et défendre les valeurs chrétiennes.

Il serait trop facile de faire reposer toute la responsabilité de la décadence morale de notre pays sur le gouvernement. Le problème est bien plus profond que cela.

Dans une revue chrétienne, un auteur observe : « Les racines du mal sont l’apostasie et les compromissions des églises. Le problème n’est pas au sein du gouvernement, mais dans la maison de Dieu. »100000000000019B000001A337E1C4FC.jpg

Les églises portent une grande responsabilité dans l’apparition de certains problèmes dans le pays. Cela est dû au fait que beaucoup d’entre elles ne sont plus des maisons de Dieu, parce que sa Parole n’y est plus annoncée avec fidélité.

Cela est vrai pour celles qui se disent chrétiennes, mais qui défendent le droit à l’avortement et rejettent la définition biblique du mariage. Le christianisme que prêchent ces églises n’est qu’une façade plutôt qu’un fondement de la foi et de la vie chrétienne.

Un pays ne peut espérer la bénédiction de Dieu que s’il est fidèle à Sa Parole et si ses églises sont vraiment des maisons de Dieu. « Car c’est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu » (1 P 4.17).

Détérioration religieuse & « dé-baptisation »

Lorsque le caractère religieux d’un pays se détériore c’est à cause du manque de respect pour la Parole de Dieu. Et nous ne savons pas où s’arrêtera cette détérioration. Comme preuve, nous pouvons citer cette nouvelle mode en Angleterre qui méprise le christianisme : il est maintenant possible de demander un certificat de « dé-baptisation ». Il est offert par la « National Secular Society » à tous ceux qui ont reçu le baptême un jour et qui veulent renier leur foi chrétienne. Ce certificat peut être délivré par le site web NSS. 100,000 personnes en ont déjà profité. Une copie sur papier est vendue 4$ pièce.

Que se passe-t-il ? Est-ce que les gens qui renoncent à leur baptême et demandent un certificat de révocation sont vraiment sérieux ?

Pour les chrétiens une telle demande semble inutile et insensée. Ce ne sont pas des certificats qui rendent un baptême valide, mais la foi. Un certificat de « dé-baptisation » ne rendra pas ce dernier caduque pour autant.

Ce qui rend le baptême inopérant c’est quand les hommes désavouent les promesses de la Parole de Dieu et disent dans leur cœur : « Il n’y a pas de Dieu ! » Ils sont « fous » (Ps 14.1) et se trompent eux-mêmes, s’ils pensent que le sacrement divin du baptême est inefficace.

Pour le chrétien, il n’y a rien de plus précieux que son baptême. C’est une eau de grâce et de vie. Le baptême est très important pour la foi du chrétien.

C’est pourquoi St.Paul écrit à Tite :
« Il nous a sauvés. Et il ne l’a pas fait à cause des actes de justice que nous aurions pu accomplir, mais conformément à sa compassion, à travers le baptême de la nouvelle naissance et le renouvellement du Saint-Esprit, qu’il a déversé avec abondance sur nous par Jésus-Christ notre Sauveur. Ainsi, déclarés justes par sa grâce, nous sommes devenus ses héritiers, conformément à l’epérance de la vie éternelle. » (Tt 2.5-7)

Seul un insensé aurait envie de renoncer à une si grande bénédiction de Dieu.

Trinité

pater = Père ;   filius = Fils spts scts = Esprit Saint deus = Dieu

Depuis le dimanche après Pentecôte – et ce, jusqu’au dimanche avant le 1er Avent – nous nous trouvons dans le temps liturgique de la Trinité. Une bonne raison de parler de la Trinité.
Le mot n’existe pas dans la Bible, mais la vérité qu’il recouvre s’y trouve bien : un seul Dieu en trois Personnes.

Dieu nous indique clairement qu’« il n’y a qu’un seul Dieu » (1 Co 8.4).
Mais il nous révèle tout aussi clairement qu’il est un Dieu en trois Personnes. Jésus en parle dans l’ordre qu’il nous a donné de « baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28.19).

Il en avait déjà parlé avec plus de précision encore dans un précédent discours à ses disciples : « Quand sera venu le Défenseur que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de la vérité qui vient du Père, il rendra témoignage de moi. » (Jn 15.26 ; voir aussi 14.16)
Ici on se rend bien compte que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont des personnes différentes avec des relations étroites entre elles et agissant de concert.

Le Père est Dieu (Dt 32.6), le Fils est Dieu (1 Jn 5.20) et le Saint-Esprit est Dieu (1 Co 3.16), et pourtant « il n’y a qu’un seul Dieu ».
Ces deux affirmations sont clairement faites dans la Bible, mais, voilà, dans le détail, « les profondeurs de Dieu » (1 Co 2.10), ses « perfections invisibles » (Rm 1.20) nous seront toujours incompréhensibles, du moins tant que nous ne nous trouverons pas encore devant son trône.
C’est que nous ne pouvons raisonner qu’en fonction des lois (espace, temps, etc.) auxquelles le Créateur a soumis sa création … et les créatures que nous sommes. Le fonctionnement, les relations, les lois qui régissent l’au-delà, cela nous dépasse, c’est encore « impénétrable » pour nous (Rm 1.33).

Il est vrai que ce qui est bien plus important pour nous – même vital – c’est de savoir comment la Très Sainte Trinité a décidé de nous sauver. Quand je suis en train de me noyer, je ne me pose pas de questions sur l’identité du secouriste, j’agrippe sa main : découvrir les détails de sa personnalité, ça peut attendre.
Mais l’art chrétien n’a pas voulu attendre. Surtout à une époque où la plupart des gens ne savaient pas lire, les représentations picturales essayaient de remplacer le texte.

La Trinité a bien sûr posé problème, que ce soit dans des représentations telles que celle de droite (19° s., Allemagne) ou des représentations plus symboliques comme l’écu médiéval au haut de la page.
Jésus a été aussi vrai homme ; on peut donc le représenter comme tel.
Le Saint-Esprit est apparu « comme » une colombe (Mt 3.16), sans en être une : il faut se le rappeler quand on le représente symboliquement sous cette apparence.

Quant au Père, il n’a pas de corps humain. Là, les représentations sont complètement analogiques : un père, on sait ce que c’est ; on représente donc Dieu le Père comme un homme (souvent un vieillard barbu, sans doute pour souligner son éternité, alors que l’éternité est justement l’absence de vieillissement !), mais le Père n’est pas un humain qu’on pourrait voir. Comme le Saint-Esprit, il n’est qu’esprit.

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La représentations symbolique de la Trinité sous une forme visuelle abstraite remonte peut-être à Petrus Alfonsi (environ 1109). En tout cas l’écu de la Trinité apparaît dans un texte de Pierre de Poitiers (1208-1216). Il connaîtra son heure de gloire dans les manuscrits des 15ème et 16ème siècles en France et en Angleterre.
Le nom de cet écu le plus répandu au Moyen-Âge, fut « scutum fidei », « le bouclier de la foi » (Ep 6.16). Ce n’est qu’au 20ème siècle que ce nom a été le plus souvent remplacé par « bouclier », « armes », « emblème » « de la Trinité ».

Foi ou Trinité ? Les deux vont ensemble, ce que rappelle le début du « Symbole d’Athanase » (7ème siècle), une de nos confessions de foi : « Quiconque veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique (= universelle) : […] nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l’Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance […]. »

Le mot du rédacteur

« Reviens à moi, ton Dieu. Pratique la bonté et respecte le droit.
Ne cesse jamais de compter sur moi, ton Dieu !
» (Os 12.7)


Est-ce là l’état de l’Eglise en Occident ?

Heureusement que, tel le berger qui va à la recherche de la brebis égarée (Mt 18.12), dans sa « bonté » sans bornes et son désir de nous voir tous sauvés (1 Tm 2.4) Dieu ne se lasse pas de nous rappeler à lui et de nous inviter à « compter » sur son pardon en Jésus-Christ.
C’est là le « droit » qu’il nous applique, un « droit » basé sur l’expiation que Jésus a fait de nos péchés. Et c’est selon ce « droit » qu’il nous invite à le suivre, dans une repentance et une foi de tous les jour.
C’est à la lumière de ce « droit » que nous voulons aussi lire ce numéro d’Amitiés Luthériennes.

Tout d’abord une explication : ce numéro ne contient pas encore le sujet des catastrophes naturelles annoncé à la suite du cataclysme en Haïti. Ce sera pour une autre fois.
D’ailleurs, cela reste d’actualité : depuis, nous avons eu – pour ne citer que quelques exemples – le volcan islandais Eyjafjöll, la marée noire BP sur les rivages des Etats-Unis, le « bombardement » de Sochaux-Montbéliard par la grêle, les coulées de boue en Alsace puis, là mortelles, dans la région de Draguignan et bien pires encore, en Chine et au Brésil. Cela n’arrête pas.
Ce numéro se consacre davantage à l’Eglise et à son rôle dans ce monde déchristianisé (« Gouvernement, seul responsable ? » et « Détérioration religieuse et « dé-baptisation » » en p. 7 ; « Questions éthiques » et « Démographie changeante de la chrétienté » en p. 12 et 18-19).
D’autres pages traitent davantage de l’orientation missionnaire de la
paroisse (« Notre vision pour l’Eglise Luthérienne », p. 4-5 ; « La dimension missionnaire de la paroisse », p. 13-17).

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Très intéressant sera certainement le témoignage personnel de François Lara, Monégasque athée qui est devenu pasteur luthérien en … Argentine (« Un vide en forme de Dieu », p. 8-10), exemple éminemment encourageant de la puissance de l’appel de Dieu par l’Evangile : cela vaut toujours la peine de témoigner de l’Evangile.
Enfin, la série « Concept Biblique » continue, cette fois-ci avec la « Trinité ».
Quant aux nouvelles, si elles sont présentes dans toutes les autres rubriques, citons ici encore celles de « l’Eglise en synode », p. 11, et le « Courrier des lecteurs » toujours intéressant et encourageant pour les bénévoles de notre association.

A ce sujet, la rédaction attend toujours, pour les « Nouvelles de L’Heure Luthérienne », des infos et une photo de chacune des deux équipes d’enregistrement des programmes radio, ainsi que du travail du Conseil d’Administration. « Wait and see ! » Cette fois-ci, nous n’avons rien vu venir …