Incarnation

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Comme souvent dans l’ Église, le mot incarnation vient du latin, langue avec laquelle l’ Église chrétienne a remplacé le grec au haut Moyen-âge.
Vous connaissez tous des mots commençant par « in » et qui désignent un mouvement entrant : introduire, inhaler, etc. Quant à « carn » (chair ou viande), vous le trouvez dans carnivore, ou incarner.
Justement, Jésus s’est incarné, le Fils de Dieu a pris nature humaine, il a assumé une nature humaine.
Celui que Jean appelle « la Parole a été fait chair » (Jn 1.14). La Bible « Segond 21 » le rend ainsi : « La Parole s’est faite homme. » Cela rappelle le terme allemand « Menschwerdung », le « devenir-homme », pour traduire incarnation.

Nous savons quand et où cela s’est produit : en Palestine, il y a près de 2000 ans. Jusqu’à un certain point nous savons aussi comment cela s’est produit : Jésus « a été conçu du Saint-Esprit et est né de la vierge Marie » (Symbole Apostolique). Nous le savons jusqu’à un certain point, car l’incarnation échappe à toute compréhension humaine.

Depuis ce miracle, les deux natures – la divine et l’humaine – sont indissolublement liées dans la personne du Christ bien qu’elles ne se mélangent pas. Jésus est maintenant toujours à la fois Dieu et homme. « En lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité » (Col 2.9).

Nous célébrons ce miracle chaque année plus particulièrement avec la Fête de Noël. Là, nous nous remémorons les prophéties, comme celles de la naissance virginale : « La vierge sera enceinte, elle mettra au monde un fils et l’appellera Emmanuel » (Es 7.14), « ce qui signifie « Dieu avec nous » » (Mt 1.23). Un enfant qui est Dieu !

Là, nous fêtons l’intervention miraculeuse du Saint-Esprit, car Jésus n’est pas né de l’union sexuelle entre un homme et une femme.

L’ange expliqua à Joseph : « L’enfant qu’elle porte vient du Saint-Esprit » (Mt 1.20), ce que l’ange avait déjà indiqué à Marie elle-même : « Le Saint-Esprit viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. » (Lc 1.35)

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Esaïe avait déjà présenté le Messie sous ses deux natures: « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et la souveraineté reposera sur son épaule; on l’appellera merveilleux Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix » (Es. 9.5)

Jésus devait s’incarner par le Saint-Esprit en la vierge Marie pour ne pas naitre pécheur d’une relation entre deux êtres pécheurs (Jn 3.6). S’il n’avait pas été saint, toute son œuvre aurait été marquée du sceau de l’imperfection et du péché et n’aurait pas obtenu notre salut auprès de Dieu.

il est et agit maintenant toujours à la fois comme Dieu et homme, bien que ses deux natures participent chacune à ses actes selon leurs propriété respectives.
La personne de Jésus est une : elle ne se « découpe » pas en pièces détachées, l’une divine, l’autre humaine. Il est maintenant toujours et partout les deux à la fois. Quand il est « avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28.20), c’est le Christ incarné qui est avec nous.

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C’est la raison pour laquelle il peut être présent dans la Cène avec son vrai corps, celui qu’il a « donné pour nous » sur la croix, et son vrai sang, celui qu’il a « versé pour nous » sur la croix (Lc 22.19-20).

On ne peut pas dire : Peu importe que Jésus soit à la fois vrai Dieu et vrai homme, l’important c’est qu’il nous ait sauvés. Le problème, c’est que s’il n’était pas les deux à la fois depuis sa conception par le Saint-Esprit, nous ne serions pas sauvés.

Notre Sauveur devait être vrai homme, pour pouvoir se soumettre à la Loi et souffrir et mourir pour nous.
Il devait être en même temps vrai Dieu

 a)  pour que son accomplissement de la Loi ait valeur pour tous les hommes ;

 b)  pour que sa vie et sa mort soient une rançon suffisante pour notre rachat (rédemption) ;

 c)   pour que le péché, la mort et le diable soient vraiment vaincus.

Le corps et le sang du Christ dans la Cène

La Cène (Eglise d’autoroute, Baden-Baden)

« […]. Je vais au culte dans une Eglise qui n’est pas luthérienne. […], ils restent dans le vague quant à la présence du corps et du sang du Christ dans les éléments. […]. » (courrier transmis par un pasteur.)

La présence du corps et du sang du Christ dans la Cène ne s’explique pas rationnellement, scientifiquement. Ce n’est pas pour rien que l’apôtre Paul la range avec le Baptême dans la catégorie « mystères de Dieu » (1 Co 4.1).
Cela ne signifie pas qu’on n’en sait rien, mais on n’en sait que ce que le Christ nous en dit, lui qui l’a instituée (Mt 26.26-29 ; Mc 14.22-25 ; Lc 22.15-20 ; 1 Co 11.23-29).
Il dit quand même quelques vérités qui sont tout sauf vagues, même si elles dépassent notre faculté de compréhension. Ses mots disent ce qu’ils disent, même si nous ne comprenons pas comment cela se peut.

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Il dit d’abord d’utiliser comme éléments du pain et du vin. « Il prit du pain […], le donna aux disciples en disant : Prenez, mangez ! […] Il prit ensuite une coupe, puis il la leur donna en disant : Buvez-en tous […] de ce fruit de la vigne. » (Mt 26.26-29)
Il y en a qui aimeraient voir dans « ce fruit de la vigne » autre chose que du vin. Il faut quand même se rappeler que cela se passe en avril, des mois après les vendanges, et qu’à l’époque, à moins de faire bouillir le jus à la sortie du pressoir, on ne pouvait conserver « le fruit de la vigne » que sous forme de vin ou de vinaigre.
La « Mischna », texte faisant autorité dans les écoles rabbiniques, indique que lors de la Pâque juive, ce qu’on buvait, c’était du vin. On l’appelait « fruit de la vigne » depuis toujours.
Il est clair aussi que les éléments pain et vin n’ont pas été transformés en autre chose avant que les communiants ne les reçoivent : Paul indique que c’est toujours du pain et du vin qu’on « mange » et qu’on « boit » (1 Co 11.27).

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Mais Jésus dit encore autre chose. En distribuant le pain, il dit : « Ceci est mon corps » et en donnant à boire le vin il dit : « Ceci est mon sang ! » (Mt 26.26-27 ; Mc 16.22+24).
Là aussi, Jésus est très précis. Les textes sacrés utilisent le verbe être qui indique clairement qu’en recevant le pain et le vin de la Cène nous recevons son corps et son sang. Les paroles sont claires, même si cela nous dépasse.
On ne peut même pas faire valoir que notre Seigneur recourrait à une façon symbolique de parler, que ce ne serait pas vraiment son corps et son sang que nous y recevrions. On ne peut le dire, car il précise sans ambigüité :

 a) ce que nous recevons en même temps que le pain, c’est « mon corps qui est donné pour vous » (Lc 22.19 ; 1 Co 11.24) ; et

 b) ce que nous recevons en même temps que le vin, c’est « mon sang versé pour le pardon des péchés » (Mt 26.28 ; Mc 16.24 ; Lc 22.20).
A moins de soutenir que Jésus n’a pas donné son vrai corps sur la croix ni versé son vrai sang (et donc que toute la scène de la crucifixion était du bluff), il est impossible d’affirmer que Jésus ne nous donne pas son vrai corps et son vrai sang dans la Cène.
Incompréhensible ? D’accord. Les apôtres et évangélistes n’avaient pas pour mission de démontrer l’Evangile mais de l’annoncer, d’en être les « témoins » (Ac 1.8). Un témoin rapporte ce qu’il a vu ou entendu, même s’il ne peut pas l’expliquer.
Aussi, s’agissant du « corps » et du « sang » de notre Seigneur, parlons-nous de « manducation sacramentelle », d’une façon de manger et de boire propre à ce sacrement et distincte de la façon naturelle avec laquelle nous recevons les aliments et les boissons.

Cela demeure un « mystère », mais un mystère annoncé en des termes simples et clairs, un mystère surtout qui nous apporte réconfort et joie … « pour le pardon de nos péchés » (Mt 26.28), pour notre vie et notre salut.

La Cène (Utrecht, 1430)

Le gouvernement seul responsable ? 

Beaucoup de chrétiens s’inquiètent pour l’avenir de leur pays à cause de certaines décisions prises par leur gouvernement. Ils votent des lois encourageant la haine, ce qui pourrait affaiblir la santé morale de la société et menacer la liberté religieuse.

Une telle législation peut engendrer des brimades envers les pasteurs qui enseignent que l’homosexualité est contraire à la volonté de Dieu. Des persécutions ont déjà eu lieu au Canada et en Europe.

La législation qui devrait protéger l’égalité des droits des citoyens est finalement utilisée pour censurer ceux qui désirent pratiquer leur religion dans la paix et défendre les valeurs chrétiennes.

Il serait trop facile de faire reposer toute la responsabilité de la décadence morale de notre pays sur le gouvernement. Le problème est bien plus profond que cela.

Dans une revue chrétienne, un auteur observe : « Les racines du mal sont l’apostasie et les compromissions des églises. Le problème n’est pas au sein du gouvernement, mais dans la maison de Dieu. »100000000000019B000001A337E1C4FC.jpg

Les églises portent une grande responsabilité dans l’apparition de certains problèmes dans le pays. Cela est dû au fait que beaucoup d’entre elles ne sont plus des maisons de Dieu, parce que sa Parole n’y est plus annoncée avec fidélité.

Cela est vrai pour celles qui se disent chrétiennes, mais qui défendent le droit à l’avortement et rejettent la définition biblique du mariage. Le christianisme que prêchent ces églises n’est qu’une façade plutôt qu’un fondement de la foi et de la vie chrétienne.

Un pays ne peut espérer la bénédiction de Dieu que s’il est fidèle à Sa Parole et si ses églises sont vraiment des maisons de Dieu. « Car c’est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu » (1 P 4.17).

Détérioration religieuse & « dé-baptisation »

Lorsque le caractère religieux d’un pays se détériore c’est à cause du manque de respect pour la Parole de Dieu. Et nous ne savons pas où s’arrêtera cette détérioration. Comme preuve, nous pouvons citer cette nouvelle mode en Angleterre qui méprise le christianisme : il est maintenant possible de demander un certificat de « dé-baptisation ». Il est offert par la « National Secular Society » à tous ceux qui ont reçu le baptême un jour et qui veulent renier leur foi chrétienne. Ce certificat peut être délivré par le site web NSS. 100,000 personnes en ont déjà profité. Une copie sur papier est vendue 4$ pièce.

Que se passe-t-il ? Est-ce que les gens qui renoncent à leur baptême et demandent un certificat de révocation sont vraiment sérieux ?

Pour les chrétiens une telle demande semble inutile et insensée. Ce ne sont pas des certificats qui rendent un baptême valide, mais la foi. Un certificat de « dé-baptisation » ne rendra pas ce dernier caduque pour autant.

Ce qui rend le baptême inopérant c’est quand les hommes désavouent les promesses de la Parole de Dieu et disent dans leur cœur : « Il n’y a pas de Dieu ! » Ils sont « fous » (Ps 14.1) et se trompent eux-mêmes, s’ils pensent que le sacrement divin du baptême est inefficace.

Pour le chrétien, il n’y a rien de plus précieux que son baptême. C’est une eau de grâce et de vie. Le baptême est très important pour la foi du chrétien.

C’est pourquoi St.Paul écrit à Tite :
« Il nous a sauvés. Et il ne l’a pas fait à cause des actes de justice que nous aurions pu accomplir, mais conformément à sa compassion, à travers le baptême de la nouvelle naissance et le renouvellement du Saint-Esprit, qu’il a déversé avec abondance sur nous par Jésus-Christ notre Sauveur. Ainsi, déclarés justes par sa grâce, nous sommes devenus ses héritiers, conformément à l’epérance de la vie éternelle. » (Tt 2.5-7)

Seul un insensé aurait envie de renoncer à une si grande bénédiction de Dieu.

Trinité

pater = Père ;   filius = Fils spts scts = Esprit Saint deus = Dieu

Depuis le dimanche après Pentecôte – et ce, jusqu’au dimanche avant le 1er Avent – nous nous trouvons dans le temps liturgique de la Trinité. Une bonne raison de parler de la Trinité.
Le mot n’existe pas dans la Bible, mais la vérité qu’il recouvre s’y trouve bien : un seul Dieu en trois Personnes.

Dieu nous indique clairement qu’« il n’y a qu’un seul Dieu » (1 Co 8.4).
Mais il nous révèle tout aussi clairement qu’il est un Dieu en trois Personnes. Jésus en parle dans l’ordre qu’il nous a donné de « baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28.19).

Il en avait déjà parlé avec plus de précision encore dans un précédent discours à ses disciples : « Quand sera venu le Défenseur que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de la vérité qui vient du Père, il rendra témoignage de moi. » (Jn 15.26 ; voir aussi 14.16)
Ici on se rend bien compte que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont des personnes différentes avec des relations étroites entre elles et agissant de concert.

Le Père est Dieu (Dt 32.6), le Fils est Dieu (1 Jn 5.20) et le Saint-Esprit est Dieu (1 Co 3.16), et pourtant « il n’y a qu’un seul Dieu ».
Ces deux affirmations sont clairement faites dans la Bible, mais, voilà, dans le détail, « les profondeurs de Dieu » (1 Co 2.10), ses « perfections invisibles » (Rm 1.20) nous seront toujours incompréhensibles, du moins tant que nous ne nous trouverons pas encore devant son trône.
C’est que nous ne pouvons raisonner qu’en fonction des lois (espace, temps, etc.) auxquelles le Créateur a soumis sa création … et les créatures que nous sommes. Le fonctionnement, les relations, les lois qui régissent l’au-delà, cela nous dépasse, c’est encore « impénétrable » pour nous (Rm 1.33).

Il est vrai que ce qui est bien plus important pour nous – même vital – c’est de savoir comment la Très Sainte Trinité a décidé de nous sauver. Quand je suis en train de me noyer, je ne me pose pas de questions sur l’identité du secouriste, j’agrippe sa main : découvrir les détails de sa personnalité, ça peut attendre.
Mais l’art chrétien n’a pas voulu attendre. Surtout à une époque où la plupart des gens ne savaient pas lire, les représentations picturales essayaient de remplacer le texte.

La Trinité a bien sûr posé problème, que ce soit dans des représentations telles que celle de droite (19° s., Allemagne) ou des représentations plus symboliques comme l’écu médiéval au haut de la page.
Jésus a été aussi vrai homme ; on peut donc le représenter comme tel.
Le Saint-Esprit est apparu « comme » une colombe (Mt 3.16), sans en être une : il faut se le rappeler quand on le représente symboliquement sous cette apparence.

Quant au Père, il n’a pas de corps humain. Là, les représentations sont complètement analogiques : un père, on sait ce que c’est ; on représente donc Dieu le Père comme un homme (souvent un vieillard barbu, sans doute pour souligner son éternité, alors que l’éternité est justement l’absence de vieillissement !), mais le Père n’est pas un humain qu’on pourrait voir. Comme le Saint-Esprit, il n’est qu’esprit.

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La représentations symbolique de la Trinité sous une forme visuelle abstraite remonte peut-être à Petrus Alfonsi (environ 1109). En tout cas l’écu de la Trinité apparaît dans un texte de Pierre de Poitiers (1208-1216). Il connaîtra son heure de gloire dans les manuscrits des 15ème et 16ème siècles en France et en Angleterre.
Le nom de cet écu le plus répandu au Moyen-Âge, fut « scutum fidei », « le bouclier de la foi » (Ep 6.16). Ce n’est qu’au 20ème siècle que ce nom a été le plus souvent remplacé par « bouclier », « armes », « emblème » « de la Trinité ».

Foi ou Trinité ? Les deux vont ensemble, ce que rappelle le début du « Symbole d’Athanase » (7ème siècle), une de nos confessions de foi : « Quiconque veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique (= universelle) : […] nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l’Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance […]. »

Le mot du rédacteur

« Reviens à moi, ton Dieu. Pratique la bonté et respecte le droit.
Ne cesse jamais de compter sur moi, ton Dieu !
» (Os 12.7)


Est-ce là l’état de l’Eglise en Occident ?

Heureusement que, tel le berger qui va à la recherche de la brebis égarée (Mt 18.12), dans sa « bonté » sans bornes et son désir de nous voir tous sauvés (1 Tm 2.4) Dieu ne se lasse pas de nous rappeler à lui et de nous inviter à « compter » sur son pardon en Jésus-Christ.
C’est là le « droit » qu’il nous applique, un « droit » basé sur l’expiation que Jésus a fait de nos péchés. Et c’est selon ce « droit » qu’il nous invite à le suivre, dans une repentance et une foi de tous les jour.
C’est à la lumière de ce « droit » que nous voulons aussi lire ce numéro d’Amitiés Luthériennes.

Tout d’abord une explication : ce numéro ne contient pas encore le sujet des catastrophes naturelles annoncé à la suite du cataclysme en Haïti. Ce sera pour une autre fois.
D’ailleurs, cela reste d’actualité : depuis, nous avons eu – pour ne citer que quelques exemples – le volcan islandais Eyjafjöll, la marée noire BP sur les rivages des Etats-Unis, le « bombardement » de Sochaux-Montbéliard par la grêle, les coulées de boue en Alsace puis, là mortelles, dans la région de Draguignan et bien pires encore, en Chine et au Brésil. Cela n’arrête pas.
Ce numéro se consacre davantage à l’Eglise et à son rôle dans ce monde déchristianisé (« Gouvernement, seul responsable ? » et « Détérioration religieuse et « dé-baptisation » » en p. 7 ; « Questions éthiques » et « Démographie changeante de la chrétienté » en p. 12 et 18-19).
D’autres pages traitent davantage de l’orientation missionnaire de la
paroisse (« Notre vision pour l’Eglise Luthérienne », p. 4-5 ; « La dimension missionnaire de la paroisse », p. 13-17).

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Très intéressant sera certainement le témoignage personnel de François Lara, Monégasque athée qui est devenu pasteur luthérien en … Argentine (« Un vide en forme de Dieu », p. 8-10), exemple éminemment encourageant de la puissance de l’appel de Dieu par l’Evangile : cela vaut toujours la peine de témoigner de l’Evangile.
Enfin, la série « Concept Biblique » continue, cette fois-ci avec la « Trinité ».
Quant aux nouvelles, si elles sont présentes dans toutes les autres rubriques, citons ici encore celles de « l’Eglise en synode », p. 11, et le « Courrier des lecteurs » toujours intéressant et encourageant pour les bénévoles de notre association.

A ce sujet, la rédaction attend toujours, pour les « Nouvelles de L’Heure Luthérienne », des infos et une photo de chacune des deux équipes d’enregistrement des programmes radio, ainsi que du travail du Conseil d’Administration. « Wait and see ! » Cette fois-ci, nous n’avons rien vu venir …

Raccourcis, détours, chemins de traverse ou chemin de Dieu ?

Beaucoup de choses menacent l’église et la foi des chrétiens.Au dehors ce sont toutes les tendances nouvelles et les dérives qui nous assaillent et contre lesquelles il faut lutter sans relâche.En nous, c’est l’angoisse et la crainte qui nous obsèdent lorsque nous voyons que les vocations se font rares, que les gens désertent leur lieu de culte et que l’Évangile du salut ne semble plus intéresser grand monde.Face à cette crise spirituelle beaucoup sont alors tentés de chercher ailleurs une religion qui aurait plus de succès et serait mieux adaptée à notre temps. D’autres se culpabilisent de l’insuccès de l’Évangile et vont parfois jusqu’à douter de la volonté divine de sauver tous les hommes.Lorsque le découragement nous gagne, lorsque la peur de l’avenir nous paralyse et nous déprime, c’est que nous avons oublié ce que Dieu nous dit à ce sujet.Une première chose devrait nous réjouir, c’est la formidable promesse qu’il nous a faite : « Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. » (Mt 24.14).

Il nous encourage donc à ne pas baisser les bras mais à continuer de répandre cet Évangile qui est « puissance de Dieu ». En effet, c’est Dieu seul qui convertit une âme, qui crée la foi dans un cœur et qui, par sa Parole, annonce la Bonne Nouvelle du salut en Jésus. Pour que nous ne soyons pas surpris ni découragés de voir si peu de monde suivre le sentier qui mène à la vie éternelle, il nous prévient : « Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. » (Mt 7.14)Si la porte est étroite et le chemin resserré, ce n’est pas la faute à Dieu car « il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (1Tim 2.4) Mais la porte est rendue étroite et le chemin resserré par l’opposition d’un monde incrédule qui méprise la grâce et la miséricorde de Dieu en s’opposant de toutes ses forces à l’Évangile du salut.Tout enfant de Dieu baptisé et sauvé par le Christ a été placé sur le chemin qui mène à la vie éternelle, et ce chemin, Jésus le définit bien clairement pour que nous sachions toujours si la voie que nous suivons est la bonne : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jn 14.6)Ce chemin resserré traverse la forêt hostile qu’est le monde. A gauche il est bordé par les arbres immenses et menaçants de l’incrédulité. A droite il est bordé de plantes et de fleurs vénéneuses que sont le péché, les tentations, les séductions du diable et du monde. Et, curieusement, la forêt de gauche et le jardin à droite sont traversés par un large et spacieux chemin qui mène à la perdition et qu’emprunte, hélas ! une foule nombreuse.L’enfant de Dieu est alors tenté de quitter le chemin de la vie en prenant un raccourci, un chemin de traverse pour rejoindre le large chemin. Il se dit qu’un petit détour pour connaître ce qui se passe sur ce chemin fort séduisant, suivi par tant de gens, n’est finalement rien de bien grave et de dangereux.Mais le diable, notre féroce ennemi, nous attend au coin du bois et soyez assurés qu’il fera tout pour nous perdre, corps et âme.En effet, quitter, même momentanément, le sentier bien balisé par notre Dieu pour partir à l’aventure n’est pas sans risque. Le diable et le monde nous proposent chaque jour une multitude de raccourcis séduisants, des voies attirantes et faciles, pimentées de mystères, nous invitant à quitter les sentiers du Seigneur pour des chemins nouveaux et inconnus qui nous conduiraient vers une liberté absolue et un bonheur sans pareil. La publicité du diable est : « Quittez la routine pour des routes nouvelles ! »Voilà un slogan qui a un énorme succès et nombreux sont ceux qui y succombent.C’est ainsi que Satan va nous suggérer que prier, lire sa Bible, méditer la Parole de Dieu et aller à l’église le dimanche matin, c’est perdre son temps, c’est se cantonner dans de bien vieilles traditions aujourd’hui complètement obsolètes, démodées, dépassées.Ce qu’il faut c’est sortir des sentiers battus et prendre des voies nouvelles. Jetez aux orties ce que vos pères vous ont enseigné ! Soyez modernes ! Soyez dans le vent ! Libérez-vous des carcans, des tabous, des interdits et goûtez aux choses nouvelles que vous offre la vie !Alors il nous arrive d’envier les gens qui circulent sur le vaste chemin qui mène à la mort surtout au moment des épreuves et des difficultés que Dieu nous envoie pour nous corriger, nous fortifier dans la foi et l’espérance et pour nous maintenir fermement sur le seul vrai chemin qui conduit au bonheur éternel.Nous pouvons alors faire nôtre cette confession du psalmiste : « Toutefois, mon pied allait fléchir, mes pas étaient sur le point de glisser ; car je portais envie aux insensés, en voyant le bonheur des méchants. » (Ps 73.2-3) « Lorsque mon coeur s’aigrissait … J’étais stupide et sans intelligence … jusqu’à ce que j’aie pénétré dans les sanctuaires de Dieu, et que j’aie pris garde au sort final des méchants. » (Ps 73.20-21+17)Que Dieu dans sa grâce nous donne, par son Esprit Saint, la sagesse et d’intelligence pour dire comme le poète : « Je me sentais percé dans les entrailles, j’étais à ton égard comme les bêtes.Cependant je suis toujours avec toi, Tu m’as saisi la main droite ; Tu me conduiras par ton conseil, puis tu me recevras dans la gloire. Quel autre ai-je au ciel que toi ? Et sur la terre je ne prends plaisir qu’en toi. Ma chair et mon coeur peuvent se consumer : Dieu sera toujours le rocher de mon coeur et mon partage. Car voici, ceux qui s’éloignent de toi périssent ; tu réduis au silence tous ceux qui te sont infidèles. Pour moi, m’approcher de Dieu, c’est mon bien : Je place mon refuge dans le Seigneur, l’Éternel, afin de raconter toutes les œuvres. » (Ps 73.21-28)Il nous dit aussi pourquoi tant de gens désertent leur lieu de culte :« Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, » (2 Tm 4.3) et beaucoup de gens aujourd’hui, comme au temps d’Esaïe, demandent à leur pasteur : « Ne nous prophétisez pas des vérités, dites-nous des choses flatteuses, prophétisez des chimères ! » (Es 30.10)Nous savons aussi par Jésus que les derniers jours du monde ne seront pas faciles pour les chrétiens puisqu’il s’interroge : « Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Lc 18.8)Par ces paroles Jésus nous montre que vers la fin des temps les hommes seront de plus en plus rebelles à sa Parole et qu’ils rejetteront avec violence son Évangile.Aussi, pour ne pas être entraînés par un monde si hostile, il faut nous attacher fermement à cette Parole et en vivre pleinement chaque jour afin que notre foi ne soit pas une foi de façade, fragile et vulnérable, mais totalement et profondément ancrée et fondée sur le Christ Sauveur. C’est pourquoi Jésus nous dit :« Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez ; car on donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il croit avoir. » (Lc 8.18) En effet, si nous n’écoutons pas la parole de Dieu d’une façon sérieuse, nous risquons de nous la voir ôtée et donc de tout perdre en méprisant les instructions, les exhortations, les mises en garde et les avertissements que nous adresse le Seigneur.Face à l’impiété qui nous entoure, ne jetons pas le manche après la cognée en disant : « A quoi bon évangéliser, à quoi bon vouloir instruire et répandre la Parole de Dieu si elle n’intéresse plus personne ? »Dieu veut que nous continuions à annoncer l’Évangile afin que personne ne puisse dire au jour du jugement dernier : « Je ne savais pas ‘que Dieu avait tant aimé le monde’ » (Jn 3.16).D’ailleurs Dieu fera tout pour qu’il en soit ainsi ! Il nous le dit : « Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin. » (Mt 24.14)« Et, si ces jours n’étaient abrégés, personne ne serait sauvé ; mais, à cause des élus, ces jours seront abrégés. » (Mt 24.22)Ici Jésus nous annonce des jours terribles pour la foi, mais il fera tout pour que ceux qui espèrent en son salut soient mis à l’abri des forces du mal et de ses ravages.

On peut donc dire que lorsque l’Évangile aura atteint les coins les plus reculés du monde selon la miséricordieuse volonté de Dieu, il hâtera le retour du Christ pour que ses élus ne soient pas entraînés par l’impiété et les forces maléfiques des ténèbres qui règneront sur terre à la fin des temps. Alors, face aux dangers qui nous guettent, reprenons courage et laissons-nous guider par la sainte parole de notre Dieu qui nous dit comment est son chemin et où il conduira ceux qui se confient en Lui.La Bible nous donne beaucoup de bons conseils pour rester fermes sur le chemin et pour ne pas tomber dans les pièges de Satan ou succomber aux séductions du monde et aux tentations de notre propre chair.Aujourd’hui encore, comme pour Israël, Dieu nous dit : « Voici, je mets devant toi le chemin de la vie (qui est en Jésus-Christ) et le chemin de la mort (Jé 21.8) ; et par la bouche de Moïse il précise : « J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction », et le Seigneur qui connaît le cœur de l’homme insiste en disant : « Choisis la vie afin que tu vives et pour t’attacher à Dieu. » (Dt 30.19)Chaque jour, notre prière devrait être : « Seigneur, fais-moi connaître les sentiers de la vie véritable car il y a d’abondantes joies devant ta face, des délices éternels à ta droite. » (Ps 16.11)Et lorsque Dieu nous éprouve ou nous punit, sachons lui dire : « Seigneur Éternel, tes préceptes sont une lampe et ton enseignement une lumière et les avertissements de la correction le chemin de la vie. » (Pr 6. 23) « Donne-moi la sagesse pour que je suive le sentier qui mène en haut et que, guidé par ta Parole, je me détourne du séjour des morts qui est en bas. » (Pr 15.24)Dieu nous met aussi en garde contre les mauvais amis, les fréquentations douteuses, les personnes de mauvaise vie et les tentations de la chair. Ces avertissements sont particulièrement à prendre au sérieux surtout de nos jours où la dépravation des mœurs, le vagabondage sexuel et les mauvais exemples sont fort nombreux.C’est ainsi qu’il nous ordonne de « nous éloigner du chemin qui conduit vers la femme aux mœurs douteuses, de ne pas nous approcher de sa maison, car sa maison c’est le chemin du séjour des morts et que celui qui le prend descend vers la demeures de la mort » (Pr 5.8 et 7.27) « car aucun de ceux qui vont à elle ne revient et ne retrouve les sentiers de la vie. » (Pr 2.19)Ps 119.9 : « Comment le jeune homme rendra-t-il pur son sentier ? En se dirigeant d’après ta parole. »Il nous met aussi en garde contre les hommes méchants et impies. « Si des pécheurs veulent nous séduire ne nous laissons pas gagner, ne nous mettons pas en chemin avec eux et détournons-nous de leur sentier car leurs pieds courent au mal. » (Pr 1.1-19) « Ne marchons pas dans la voie des hommes mauvais. » (Pr 4.14) « Ne fréquentons pas les hommes violents et colériques. » Etc.Esaïe indique pourquoi : « Car leurs œuvres sont des œuvres d’iniquité et les actes de violence sont dans leurs mains. Leurs pieds courent au mal, et ils ont hâte de répandre le sang innocent ; leurs pensées sont des pensées d’iniquités, le ravage et la ruine sont sur leur route. Ils ne connaissent pas le chemin de la paix, et il n’y a point de justice dans leurs voies ; ils prennent des sentiers détournés. » (Es 59.6-8)C’est pourquoi, restons fidèles au Dieu de notre salut et il nous fera connaître le sentier de la Vie véritable qui est en Jésus-Christ notre Sauveur. Ce Dieu, qui, dès notre saint baptême, « nous a fait connaître le sentier de la vie, nous remplira aussi de la joie de sa présence. » (Ac 2.28) Le psalmiste a raison de dire que l’homme qui place sa confiance en Dieu trouve dans son cœur un chemin tout tracé, car c’est la sainte parole de Dieu qui le garde et non des préceptes d’hommes. Dans notre vie de chrétien il nous arrive d’être déboussolé par les changements que nous constatons, et nous finissons par ne plus savoir quel est le bon chemin. C’est pourquoi Dieu nous dit :

« Placez-vous sur le chemin et regardez, et demandez-vous quels sont les anciens sentiers, qu’elle est la bonne voies ; marchez-y et vous trouverez le repos de vos âme. » (Jé 6.16)En effet la Parole de Dieu est immuable et droite et toutes ses promesses s’accomplissent avec fidélité. Elle ne change pas au gré des temps, des modes et des moments; elle reste la Vérité souveraine, le fondement certain, solide et inaltérable de la foi chrétienne.Hélas, Dieu doit souvent faire ce triste constat : « Mon peuple m’a oublié, il offre de l’encens aux idoles ; il a été conduit à chanceler dans ses voies, à quitter les sentiers anciens pour suivre des sentiers, des chemins non frayés. » ( Jé 18.15)Chaque jour notre prière devrait être : « Fais-moi dès le matin entendre ta bonté car je me confie en toi. Fais-moi connaître le chemin où je dois marcher car j’élève mon âme à toii ! » (Ps 143.8) « Eternel, montre-moi le chemin que je dois suivre et ce que j’ai à faire ». » (Jé 42.3)Le psaume 25 donne une belle définition des sentiers par lesquels Dieu fait passer ses enfants : « Ils sont miséricorde et fidélité pour ceux qui gardent son alliance et ses commandements. » ( Ps 25.10).

Il nous arrive que notre chemin se transforme soudain en chemin de Damas parce qu’aveuglés par l’orgueil nous nous sommes opposés à la volonté de Dieu, ou que nous avons cru pouvoir nous passer de sa grâce. Alors Dieu, qui ne veut pas nous perdre, nous secoue parfois violemment afin que nous ne nous perdions pas corps et âme, mais que nous revenions à lui dans la repentance et la foi. « C’est ainsi qu’il restaure notre âme et qu’il nous conduit dans les sentiers de la justice à cause de son nom. » ( Ps 23. 3) Et la maman du grand Samuel, qui avait éprouvé combien Dieu est fidèle, bon et miséricordieux, confesse : « Il gardera les pas de ses bien-aimés. Mais les méchants seront réduits au silence dans les ténèbres ; car l’homme ne triomphera pas par la force. » (1 S 2.9)Notre Bible est le guide le plus sûr et le plus complet. Le saint livre permet à tout enfant de Dieu de savoir s’il marche sur le bon chemin ; il permet aussi à celui qui s’est égaré un instant de retrouver dans la repentance et la foi le bon sentier où Jésus, son Sauveur, l’attend pour le prendre dans ses bras et pour le porter dans son royaume. Soyons vigilants, veillons, prions, écoutons et méditons chaque jour la sainte Parole de notre Dieu, car les jours sont effectivement mauvais. Alors comme David et comme tant d’autres croyants après eux, prions souvent les Paroles du Psaume 25