Le gouvernement seul responsable ? 

Beaucoup de chrétiens s’inquiètent pour l’avenir de leur pays à cause de certaines décisions prises par leur gouvernement. Ils votent des lois encourageant la haine, ce qui pourrait affaiblir la santé morale de la société et menacer la liberté religieuse.

Une telle législation peut engendrer des brimades envers les pasteurs qui enseignent que l’homosexualité est contraire à la volonté de Dieu. Des persécutions ont déjà eu lieu au Canada et en Europe.

La législation qui devrait protéger l’égalité des droits des citoyens est finalement utilisée pour censurer ceux qui désirent pratiquer leur religion dans la paix et défendre les valeurs chrétiennes.

Il serait trop facile de faire reposer toute la responsabilité de la décadence morale de notre pays sur le gouvernement. Le problème est bien plus profond que cela.

Dans une revue chrétienne, un auteur observe : « Les racines du mal sont l’apostasie et les compromissions des églises. Le problème n’est pas au sein du gouvernement, mais dans la maison de Dieu. »100000000000019B000001A337E1C4FC.jpg

Les églises portent une grande responsabilité dans l’apparition de certains problèmes dans le pays. Cela est dû au fait que beaucoup d’entre elles ne sont plus des maisons de Dieu, parce que sa Parole n’y est plus annoncée avec fidélité.

Cela est vrai pour celles qui se disent chrétiennes, mais qui défendent le droit à l’avortement et rejettent la définition biblique du mariage. Le christianisme que prêchent ces églises n’est qu’une façade plutôt qu’un fondement de la foi et de la vie chrétienne.

Un pays ne peut espérer la bénédiction de Dieu que s’il est fidèle à Sa Parole et si ses églises sont vraiment des maisons de Dieu. « Car c’est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu » (1 P 4.17).

Détérioration religieuse & « dé-baptisation »

Lorsque le caractère religieux d’un pays se détériore c’est à cause du manque de respect pour la Parole de Dieu. Et nous ne savons pas où s’arrêtera cette détérioration. Comme preuve, nous pouvons citer cette nouvelle mode en Angleterre qui méprise le christianisme : il est maintenant possible de demander un certificat de « dé-baptisation ». Il est offert par la « National Secular Society » à tous ceux qui ont reçu le baptême un jour et qui veulent renier leur foi chrétienne. Ce certificat peut être délivré par le site web NSS. 100,000 personnes en ont déjà profité. Une copie sur papier est vendue 4$ pièce.

Que se passe-t-il ? Est-ce que les gens qui renoncent à leur baptême et demandent un certificat de révocation sont vraiment sérieux ?

Pour les chrétiens une telle demande semble inutile et insensée. Ce ne sont pas des certificats qui rendent un baptême valide, mais la foi. Un certificat de « dé-baptisation » ne rendra pas ce dernier caduque pour autant.

Ce qui rend le baptême inopérant c’est quand les hommes désavouent les promesses de la Parole de Dieu et disent dans leur cœur : « Il n’y a pas de Dieu ! » Ils sont « fous » (Ps 14.1) et se trompent eux-mêmes, s’ils pensent que le sacrement divin du baptême est inefficace.

Pour le chrétien, il n’y a rien de plus précieux que son baptême. C’est une eau de grâce et de vie. Le baptême est très important pour la foi du chrétien.

C’est pourquoi St.Paul écrit à Tite :
« Il nous a sauvés. Et il ne l’a pas fait à cause des actes de justice que nous aurions pu accomplir, mais conformément à sa compassion, à travers le baptême de la nouvelle naissance et le renouvellement du Saint-Esprit, qu’il a déversé avec abondance sur nous par Jésus-Christ notre Sauveur. Ainsi, déclarés justes par sa grâce, nous sommes devenus ses héritiers, conformément à l’epérance de la vie éternelle. » (Tt 2.5-7)

Seul un insensé aurait envie de renoncer à une si grande bénédiction de Dieu.

Trinité

pater = Père ;   filius = Fils spts scts = Esprit Saint deus = Dieu

Depuis le dimanche après Pentecôte – et ce, jusqu’au dimanche avant le 1er Avent – nous nous trouvons dans le temps liturgique de la Trinité. Une bonne raison de parler de la Trinité.
Le mot n’existe pas dans la Bible, mais la vérité qu’il recouvre s’y trouve bien : un seul Dieu en trois Personnes.

Dieu nous indique clairement qu’« il n’y a qu’un seul Dieu » (1 Co 8.4).
Mais il nous révèle tout aussi clairement qu’il est un Dieu en trois Personnes. Jésus en parle dans l’ordre qu’il nous a donné de « baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28.19).

Il en avait déjà parlé avec plus de précision encore dans un précédent discours à ses disciples : « Quand sera venu le Défenseur que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de la vérité qui vient du Père, il rendra témoignage de moi. » (Jn 15.26 ; voir aussi 14.16)
Ici on se rend bien compte que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont des personnes différentes avec des relations étroites entre elles et agissant de concert.

Le Père est Dieu (Dt 32.6), le Fils est Dieu (1 Jn 5.20) et le Saint-Esprit est Dieu (1 Co 3.16), et pourtant « il n’y a qu’un seul Dieu ».
Ces deux affirmations sont clairement faites dans la Bible, mais, voilà, dans le détail, « les profondeurs de Dieu » (1 Co 2.10), ses « perfections invisibles » (Rm 1.20) nous seront toujours incompréhensibles, du moins tant que nous ne nous trouverons pas encore devant son trône.
C’est que nous ne pouvons raisonner qu’en fonction des lois (espace, temps, etc.) auxquelles le Créateur a soumis sa création … et les créatures que nous sommes. Le fonctionnement, les relations, les lois qui régissent l’au-delà, cela nous dépasse, c’est encore « impénétrable » pour nous (Rm 1.33).

Il est vrai que ce qui est bien plus important pour nous – même vital – c’est de savoir comment la Très Sainte Trinité a décidé de nous sauver. Quand je suis en train de me noyer, je ne me pose pas de questions sur l’identité du secouriste, j’agrippe sa main : découvrir les détails de sa personnalité, ça peut attendre.
Mais l’art chrétien n’a pas voulu attendre. Surtout à une époque où la plupart des gens ne savaient pas lire, les représentations picturales essayaient de remplacer le texte.

La Trinité a bien sûr posé problème, que ce soit dans des représentations telles que celle de droite (19° s., Allemagne) ou des représentations plus symboliques comme l’écu médiéval au haut de la page.
Jésus a été aussi vrai homme ; on peut donc le représenter comme tel.
Le Saint-Esprit est apparu « comme » une colombe (Mt 3.16), sans en être une : il faut se le rappeler quand on le représente symboliquement sous cette apparence.

Quant au Père, il n’a pas de corps humain. Là, les représentations sont complètement analogiques : un père, on sait ce que c’est ; on représente donc Dieu le Père comme un homme (souvent un vieillard barbu, sans doute pour souligner son éternité, alors que l’éternité est justement l’absence de vieillissement !), mais le Père n’est pas un humain qu’on pourrait voir. Comme le Saint-Esprit, il n’est qu’esprit.

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La représentations symbolique de la Trinité sous une forme visuelle abstraite remonte peut-être à Petrus Alfonsi (environ 1109). En tout cas l’écu de la Trinité apparaît dans un texte de Pierre de Poitiers (1208-1216). Il connaîtra son heure de gloire dans les manuscrits des 15ème et 16ème siècles en France et en Angleterre.
Le nom de cet écu le plus répandu au Moyen-Âge, fut « scutum fidei », « le bouclier de la foi » (Ep 6.16). Ce n’est qu’au 20ème siècle que ce nom a été le plus souvent remplacé par « bouclier », « armes », « emblème » « de la Trinité ».

Foi ou Trinité ? Les deux vont ensemble, ce que rappelle le début du « Symbole d’Athanase » (7ème siècle), une de nos confessions de foi : « Quiconque veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique (= universelle) : […] nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l’Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance […]. »

Le mot du rédacteur

« Reviens à moi, ton Dieu. Pratique la bonté et respecte le droit.
Ne cesse jamais de compter sur moi, ton Dieu !
» (Os 12.7)


Est-ce là l’état de l’Eglise en Occident ?

Heureusement que, tel le berger qui va à la recherche de la brebis égarée (Mt 18.12), dans sa « bonté » sans bornes et son désir de nous voir tous sauvés (1 Tm 2.4) Dieu ne se lasse pas de nous rappeler à lui et de nous inviter à « compter » sur son pardon en Jésus-Christ.
C’est là le « droit » qu’il nous applique, un « droit » basé sur l’expiation que Jésus a fait de nos péchés. Et c’est selon ce « droit » qu’il nous invite à le suivre, dans une repentance et une foi de tous les jour.
C’est à la lumière de ce « droit » que nous voulons aussi lire ce numéro d’Amitiés Luthériennes.

Tout d’abord une explication : ce numéro ne contient pas encore le sujet des catastrophes naturelles annoncé à la suite du cataclysme en Haïti. Ce sera pour une autre fois.
D’ailleurs, cela reste d’actualité : depuis, nous avons eu – pour ne citer que quelques exemples – le volcan islandais Eyjafjöll, la marée noire BP sur les rivages des Etats-Unis, le « bombardement » de Sochaux-Montbéliard par la grêle, les coulées de boue en Alsace puis, là mortelles, dans la région de Draguignan et bien pires encore, en Chine et au Brésil. Cela n’arrête pas.
Ce numéro se consacre davantage à l’Eglise et à son rôle dans ce monde déchristianisé (« Gouvernement, seul responsable ? » et « Détérioration religieuse et « dé-baptisation » » en p. 7 ; « Questions éthiques » et « Démographie changeante de la chrétienté » en p. 12 et 18-19).
D’autres pages traitent davantage de l’orientation missionnaire de la
paroisse (« Notre vision pour l’Eglise Luthérienne », p. 4-5 ; « La dimension missionnaire de la paroisse », p. 13-17).

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Très intéressant sera certainement le témoignage personnel de François Lara, Monégasque athée qui est devenu pasteur luthérien en … Argentine (« Un vide en forme de Dieu », p. 8-10), exemple éminemment encourageant de la puissance de l’appel de Dieu par l’Evangile : cela vaut toujours la peine de témoigner de l’Evangile.
Enfin, la série « Concept Biblique » continue, cette fois-ci avec la « Trinité ».
Quant aux nouvelles, si elles sont présentes dans toutes les autres rubriques, citons ici encore celles de « l’Eglise en synode », p. 11, et le « Courrier des lecteurs » toujours intéressant et encourageant pour les bénévoles de notre association.

A ce sujet, la rédaction attend toujours, pour les « Nouvelles de L’Heure Luthérienne », des infos et une photo de chacune des deux équipes d’enregistrement des programmes radio, ainsi que du travail du Conseil d’Administration. « Wait and see ! » Cette fois-ci, nous n’avons rien vu venir …

Raccourcis, détours, chemins de traverse ou chemin de Dieu ?

Beaucoup de choses menacent l’église et la foi des chrétiens.Au dehors ce sont toutes les tendances nouvelles et les dérives qui nous assaillent et contre lesquelles il faut lutter sans relâche.En nous, c’est l’angoisse et la crainte qui nous obsèdent lorsque nous voyons que les vocations se font rares, que les gens désertent leur lieu de culte et que l’Évangile du salut ne semble plus intéresser grand monde.Face à cette crise spirituelle beaucoup sont alors tentés de chercher ailleurs une religion qui aurait plus de succès et serait mieux adaptée à notre temps. D’autres se culpabilisent de l’insuccès de l’Évangile et vont parfois jusqu’à douter de la volonté divine de sauver tous les hommes.Lorsque le découragement nous gagne, lorsque la peur de l’avenir nous paralyse et nous déprime, c’est que nous avons oublié ce que Dieu nous dit à ce sujet.Une première chose devrait nous réjouir, c’est la formidable promesse qu’il nous a faite : « Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. » (Mt 24.14).

Il nous encourage donc à ne pas baisser les bras mais à continuer de répandre cet Évangile qui est « puissance de Dieu ». En effet, c’est Dieu seul qui convertit une âme, qui crée la foi dans un cœur et qui, par sa Parole, annonce la Bonne Nouvelle du salut en Jésus. Pour que nous ne soyons pas surpris ni découragés de voir si peu de monde suivre le sentier qui mène à la vie éternelle, il nous prévient : « Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. » (Mt 7.14)Si la porte est étroite et le chemin resserré, ce n’est pas la faute à Dieu car « il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (1Tim 2.4) Mais la porte est rendue étroite et le chemin resserré par l’opposition d’un monde incrédule qui méprise la grâce et la miséricorde de Dieu en s’opposant de toutes ses forces à l’Évangile du salut.Tout enfant de Dieu baptisé et sauvé par le Christ a été placé sur le chemin qui mène à la vie éternelle, et ce chemin, Jésus le définit bien clairement pour que nous sachions toujours si la voie que nous suivons est la bonne : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jn 14.6)Ce chemin resserré traverse la forêt hostile qu’est le monde. A gauche il est bordé par les arbres immenses et menaçants de l’incrédulité. A droite il est bordé de plantes et de fleurs vénéneuses que sont le péché, les tentations, les séductions du diable et du monde. Et, curieusement, la forêt de gauche et le jardin à droite sont traversés par un large et spacieux chemin qui mène à la perdition et qu’emprunte, hélas ! une foule nombreuse.L’enfant de Dieu est alors tenté de quitter le chemin de la vie en prenant un raccourci, un chemin de traverse pour rejoindre le large chemin. Il se dit qu’un petit détour pour connaître ce qui se passe sur ce chemin fort séduisant, suivi par tant de gens, n’est finalement rien de bien grave et de dangereux.Mais le diable, notre féroce ennemi, nous attend au coin du bois et soyez assurés qu’il fera tout pour nous perdre, corps et âme.En effet, quitter, même momentanément, le sentier bien balisé par notre Dieu pour partir à l’aventure n’est pas sans risque. Le diable et le monde nous proposent chaque jour une multitude de raccourcis séduisants, des voies attirantes et faciles, pimentées de mystères, nous invitant à quitter les sentiers du Seigneur pour des chemins nouveaux et inconnus qui nous conduiraient vers une liberté absolue et un bonheur sans pareil. La publicité du diable est : « Quittez la routine pour des routes nouvelles ! »Voilà un slogan qui a un énorme succès et nombreux sont ceux qui y succombent.C’est ainsi que Satan va nous suggérer que prier, lire sa Bible, méditer la Parole de Dieu et aller à l’église le dimanche matin, c’est perdre son temps, c’est se cantonner dans de bien vieilles traditions aujourd’hui complètement obsolètes, démodées, dépassées.Ce qu’il faut c’est sortir des sentiers battus et prendre des voies nouvelles. Jetez aux orties ce que vos pères vous ont enseigné ! Soyez modernes ! Soyez dans le vent ! Libérez-vous des carcans, des tabous, des interdits et goûtez aux choses nouvelles que vous offre la vie !Alors il nous arrive d’envier les gens qui circulent sur le vaste chemin qui mène à la mort surtout au moment des épreuves et des difficultés que Dieu nous envoie pour nous corriger, nous fortifier dans la foi et l’espérance et pour nous maintenir fermement sur le seul vrai chemin qui conduit au bonheur éternel.Nous pouvons alors faire nôtre cette confession du psalmiste : « Toutefois, mon pied allait fléchir, mes pas étaient sur le point de glisser ; car je portais envie aux insensés, en voyant le bonheur des méchants. » (Ps 73.2-3) « Lorsque mon coeur s’aigrissait … J’étais stupide et sans intelligence … jusqu’à ce que j’aie pénétré dans les sanctuaires de Dieu, et que j’aie pris garde au sort final des méchants. » (Ps 73.20-21+17)Que Dieu dans sa grâce nous donne, par son Esprit Saint, la sagesse et d’intelligence pour dire comme le poète : « Je me sentais percé dans les entrailles, j’étais à ton égard comme les bêtes.Cependant je suis toujours avec toi, Tu m’as saisi la main droite ; Tu me conduiras par ton conseil, puis tu me recevras dans la gloire. Quel autre ai-je au ciel que toi ? Et sur la terre je ne prends plaisir qu’en toi. Ma chair et mon coeur peuvent se consumer : Dieu sera toujours le rocher de mon coeur et mon partage. Car voici, ceux qui s’éloignent de toi périssent ; tu réduis au silence tous ceux qui te sont infidèles. Pour moi, m’approcher de Dieu, c’est mon bien : Je place mon refuge dans le Seigneur, l’Éternel, afin de raconter toutes les œuvres. » (Ps 73.21-28)Il nous dit aussi pourquoi tant de gens désertent leur lieu de culte :« Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, » (2 Tm 4.3) et beaucoup de gens aujourd’hui, comme au temps d’Esaïe, demandent à leur pasteur : « Ne nous prophétisez pas des vérités, dites-nous des choses flatteuses, prophétisez des chimères ! » (Es 30.10)Nous savons aussi par Jésus que les derniers jours du monde ne seront pas faciles pour les chrétiens puisqu’il s’interroge : « Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Lc 18.8)Par ces paroles Jésus nous montre que vers la fin des temps les hommes seront de plus en plus rebelles à sa Parole et qu’ils rejetteront avec violence son Évangile.Aussi, pour ne pas être entraînés par un monde si hostile, il faut nous attacher fermement à cette Parole et en vivre pleinement chaque jour afin que notre foi ne soit pas une foi de façade, fragile et vulnérable, mais totalement et profondément ancrée et fondée sur le Christ Sauveur. C’est pourquoi Jésus nous dit :« Prenez donc garde à la manière dont vous écoutez ; car on donnera à celui qui a, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il croit avoir. » (Lc 8.18) En effet, si nous n’écoutons pas la parole de Dieu d’une façon sérieuse, nous risquons de nous la voir ôtée et donc de tout perdre en méprisant les instructions, les exhortations, les mises en garde et les avertissements que nous adresse le Seigneur.Face à l’impiété qui nous entoure, ne jetons pas le manche après la cognée en disant : « A quoi bon évangéliser, à quoi bon vouloir instruire et répandre la Parole de Dieu si elle n’intéresse plus personne ? »Dieu veut que nous continuions à annoncer l’Évangile afin que personne ne puisse dire au jour du jugement dernier : « Je ne savais pas ‘que Dieu avait tant aimé le monde’ » (Jn 3.16).D’ailleurs Dieu fera tout pour qu’il en soit ainsi ! Il nous le dit : « Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin. » (Mt 24.14)« Et, si ces jours n’étaient abrégés, personne ne serait sauvé ; mais, à cause des élus, ces jours seront abrégés. » (Mt 24.22)Ici Jésus nous annonce des jours terribles pour la foi, mais il fera tout pour que ceux qui espèrent en son salut soient mis à l’abri des forces du mal et de ses ravages.

On peut donc dire que lorsque l’Évangile aura atteint les coins les plus reculés du monde selon la miséricordieuse volonté de Dieu, il hâtera le retour du Christ pour que ses élus ne soient pas entraînés par l’impiété et les forces maléfiques des ténèbres qui règneront sur terre à la fin des temps. Alors, face aux dangers qui nous guettent, reprenons courage et laissons-nous guider par la sainte parole de notre Dieu qui nous dit comment est son chemin et où il conduira ceux qui se confient en Lui.La Bible nous donne beaucoup de bons conseils pour rester fermes sur le chemin et pour ne pas tomber dans les pièges de Satan ou succomber aux séductions du monde et aux tentations de notre propre chair.Aujourd’hui encore, comme pour Israël, Dieu nous dit : « Voici, je mets devant toi le chemin de la vie (qui est en Jésus-Christ) et le chemin de la mort (Jé 21.8) ; et par la bouche de Moïse il précise : « J’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction », et le Seigneur qui connaît le cœur de l’homme insiste en disant : « Choisis la vie afin que tu vives et pour t’attacher à Dieu. » (Dt 30.19)Chaque jour, notre prière devrait être : « Seigneur, fais-moi connaître les sentiers de la vie véritable car il y a d’abondantes joies devant ta face, des délices éternels à ta droite. » (Ps 16.11)Et lorsque Dieu nous éprouve ou nous punit, sachons lui dire : « Seigneur Éternel, tes préceptes sont une lampe et ton enseignement une lumière et les avertissements de la correction le chemin de la vie. » (Pr 6. 23) « Donne-moi la sagesse pour que je suive le sentier qui mène en haut et que, guidé par ta Parole, je me détourne du séjour des morts qui est en bas. » (Pr 15.24)Dieu nous met aussi en garde contre les mauvais amis, les fréquentations douteuses, les personnes de mauvaise vie et les tentations de la chair. Ces avertissements sont particulièrement à prendre au sérieux surtout de nos jours où la dépravation des mœurs, le vagabondage sexuel et les mauvais exemples sont fort nombreux.C’est ainsi qu’il nous ordonne de « nous éloigner du chemin qui conduit vers la femme aux mœurs douteuses, de ne pas nous approcher de sa maison, car sa maison c’est le chemin du séjour des morts et que celui qui le prend descend vers la demeures de la mort » (Pr 5.8 et 7.27) « car aucun de ceux qui vont à elle ne revient et ne retrouve les sentiers de la vie. » (Pr 2.19)Ps 119.9 : « Comment le jeune homme rendra-t-il pur son sentier ? En se dirigeant d’après ta parole. »Il nous met aussi en garde contre les hommes méchants et impies. « Si des pécheurs veulent nous séduire ne nous laissons pas gagner, ne nous mettons pas en chemin avec eux et détournons-nous de leur sentier car leurs pieds courent au mal. » (Pr 1.1-19) « Ne marchons pas dans la voie des hommes mauvais. » (Pr 4.14) « Ne fréquentons pas les hommes violents et colériques. » Etc.Esaïe indique pourquoi : « Car leurs œuvres sont des œuvres d’iniquité et les actes de violence sont dans leurs mains. Leurs pieds courent au mal, et ils ont hâte de répandre le sang innocent ; leurs pensées sont des pensées d’iniquités, le ravage et la ruine sont sur leur route. Ils ne connaissent pas le chemin de la paix, et il n’y a point de justice dans leurs voies ; ils prennent des sentiers détournés. » (Es 59.6-8)C’est pourquoi, restons fidèles au Dieu de notre salut et il nous fera connaître le sentier de la Vie véritable qui est en Jésus-Christ notre Sauveur. Ce Dieu, qui, dès notre saint baptême, « nous a fait connaître le sentier de la vie, nous remplira aussi de la joie de sa présence. » (Ac 2.28) Le psalmiste a raison de dire que l’homme qui place sa confiance en Dieu trouve dans son cœur un chemin tout tracé, car c’est la sainte parole de Dieu qui le garde et non des préceptes d’hommes. Dans notre vie de chrétien il nous arrive d’être déboussolé par les changements que nous constatons, et nous finissons par ne plus savoir quel est le bon chemin. C’est pourquoi Dieu nous dit :

« Placez-vous sur le chemin et regardez, et demandez-vous quels sont les anciens sentiers, qu’elle est la bonne voies ; marchez-y et vous trouverez le repos de vos âme. » (Jé 6.16)En effet la Parole de Dieu est immuable et droite et toutes ses promesses s’accomplissent avec fidélité. Elle ne change pas au gré des temps, des modes et des moments; elle reste la Vérité souveraine, le fondement certain, solide et inaltérable de la foi chrétienne.Hélas, Dieu doit souvent faire ce triste constat : « Mon peuple m’a oublié, il offre de l’encens aux idoles ; il a été conduit à chanceler dans ses voies, à quitter les sentiers anciens pour suivre des sentiers, des chemins non frayés. » ( Jé 18.15)Chaque jour notre prière devrait être : « Fais-moi dès le matin entendre ta bonté car je me confie en toi. Fais-moi connaître le chemin où je dois marcher car j’élève mon âme à toii ! » (Ps 143.8) « Eternel, montre-moi le chemin que je dois suivre et ce que j’ai à faire ». » (Jé 42.3)Le psaume 25 donne une belle définition des sentiers par lesquels Dieu fait passer ses enfants : « Ils sont miséricorde et fidélité pour ceux qui gardent son alliance et ses commandements. » ( Ps 25.10).

Il nous arrive que notre chemin se transforme soudain en chemin de Damas parce qu’aveuglés par l’orgueil nous nous sommes opposés à la volonté de Dieu, ou que nous avons cru pouvoir nous passer de sa grâce. Alors Dieu, qui ne veut pas nous perdre, nous secoue parfois violemment afin que nous ne nous perdions pas corps et âme, mais que nous revenions à lui dans la repentance et la foi. « C’est ainsi qu’il restaure notre âme et qu’il nous conduit dans les sentiers de la justice à cause de son nom. » ( Ps 23. 3) Et la maman du grand Samuel, qui avait éprouvé combien Dieu est fidèle, bon et miséricordieux, confesse : « Il gardera les pas de ses bien-aimés. Mais les méchants seront réduits au silence dans les ténèbres ; car l’homme ne triomphera pas par la force. » (1 S 2.9)Notre Bible est le guide le plus sûr et le plus complet. Le saint livre permet à tout enfant de Dieu de savoir s’il marche sur le bon chemin ; il permet aussi à celui qui s’est égaré un instant de retrouver dans la repentance et la foi le bon sentier où Jésus, son Sauveur, l’attend pour le prendre dans ses bras et pour le porter dans son royaume. Soyons vigilants, veillons, prions, écoutons et méditons chaque jour la sainte Parole de notre Dieu, car les jours sont effectivement mauvais. Alors comme David et comme tant d’autres croyants après eux, prions souvent les Paroles du Psaume 25

Le mot du rédacteur

« J’étais mort, et voici, je suis vivant pour les siècles des siècles. Je détiens les clés de la mort et du séjour des morts ! » (Ap 1.18)

Voilà comment notre Seigneur Jésus-Christ s’adresse à nous. C’est là son message de Pâques qui remplit nos cœurs de paix, de joie et d’espérance. Quelque part, nous avons de la chance dans l’hémisphère nord, de pouvoir célébrer Pâques au printemps, au moment où Dieu fait suivre le printemps à l’hiver, selon sa promesse (Gn 8.22), durant la saison où la terre se réveille et où la végétation se met à revivre.C’est un peu une métaphore de la résurrection du Christ, une parabole vivante de ce qui nous attend après le sommeil de notre corps.« J’étais mort. » Cette vérité et la raison pour laquelle notre Seigneur s’est donné dans la mort, vous pouvez le lire dans l’article « Il suffit que Dieu pardonne » (p. 4).Toute la portée du « Et voici, je suis vivant ! » est présentée dans l’article « L’être et le paraître » (p. 6).La joie que cela déclenche en nous transparaît dans le concept biblique traité cette fois-ci : « Hosanna et Benedictus » (p. 9), aussi dans l’article sur « Maystre Loys Bourgeois » (p. 13).L’Eglise habitée par la foi, la joie et l’espérance de Pâques organise sa vie autour de cet Evangile de grâce et de vie (article « Polykarp Leyser », p. 14) et va avec cet Evangile à la encontre du monde (article « Friedrich Wyneken au Far West », p. 16).Comme activités particulières, ce numéro présente le travail de l’équipe d’expédition d’Amitiés Luthériennes (p. 19), le travail radio (p. 18) et une initiative intéressante dans la Paroisse St-Pierre de Châtenay – Le Plessis (p. 18).Les relations avec nos frères africains sont abordées en p. 20, et le besoin d’être porté par votre prière et votre engagement est souligné aussi bien en pages 19 et 23.Je vous invite tout particulièrement à relire au dos de ce magazine déclaration avec laquelle notre oeuvre se présente. Je ne cite que le début.« Amitiés Luthériennes est un mouvement qui rassemble, à l’intérieur de la francophonie, les amis ou sympathisants de L’Heure Luthérienne. Elle veut être une aide au progrès dans la foi chrétienne et au témoignage évangélique. […] »C’est grâce à vous que cela nous est possible. Sans vous, nous ne sommes pas grand-chose. Certes, le Seigneur peut faire des miracles. Mais il les fait surtout dans les cœurs quand il les attire ans la foi à lui et par gratitude dans l’engagement dans les activités de Son Eglise.Vous vous demandez sans doute pourquoi nous ne parlons pas des catastrophes à Haïti, au Chili, et dans l’Ouest de la France. D’abord, parce que les médias en ont amplement parlé, ensuite parce que nous comptons y en parler davantage dans le pro consacrer quelques pages du prochain numéro.En attendons, joyeuse Pâques en notre Seigneur qui « détient les clés de la mort et du séjour des morts ! »

Tante Aline — Conte de Noël

Ah, comme il avait fait bon vivre dans la maison de Berni et de Lulu au temps où papa était encore là ! Ah, les belles promenades dominicales le long du canal où passaient les péniches, les joyeuses sorties au zoo ou aux marionnettes !

Et, dans la maison, les bons moments passés au sous-sol où papa avait installé un réseau de trains électriques, sans compter les mémorables séances de « boxe » ayant souvent lieu le soir dans la chambre des enfants.

Papa entrait, attaquant son fils Berni, s’en prenait à sa fille Lulu. Tous deux, en pyjama, sautaient alors de leurs lits, ripostaient de toute la force de leurs petits poings. Chaque fois que Lulu touchait papa, il poussait un cri de douleur, se pliait en deux. Et, chaque fois, la partie, copieusement arrosée de fous rires, se terminait par un papa étendu sur le tapis, suppliant : « Grâce ! Grâce ! Pouce ! KO ! »

Tout était clair, net, gai dans la maison où régnait le bonheur.

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Hélas ! Comme tout avait changé depuis le départ de papa. Comme la maison était devenue silencieuse, vide, triste. Et maman, que faisait-elle ? Elle pleurait, non pas devant les enfants, mais dans sa chambre. Les enfants n’en étaient pas dupes.
Comment cela était-il arrivé ? Oh, pas d’un seul coup. D’abord les absences de papa s’étaient espacés. Mais un jour, les enfants entendirent maman crier :
« Va-t-en, tu me fais trop souffrir ! Je ne veux plus te voir ! »
Alors papa ne revint plus.
Chaque matin, papa les avait conduits à l’école. Maintenant, c’était maman.
« Ton papa est parti ? » demandaient les camarades.
Alors Berni serrait les lèvres : « Oui … » et il ajoutait le gros mensonge : « en voyage … »
« Oui, … en voyage … » répétait Lulu à ses côtés.
Lorsque ses camarades l’agaçaient trop, Berni leur tirait la langue. Et Lulu ne manquait jamais de montrer, elle aussi, le joli petit bout rose de la sienne, sauf pour

Suzie, sa camarade de classe assise à côté d’elle. Suzie lui avait confié que son papa aussi était parti, mais au ciel.
Un jour, maman fut convoquée à l’école. « Bernard travaillait si bien, » se plaignit son maître du CE2, « et voilà qu’il est dissipé on ne peut plus. En récréation, il récolte punition sur punition. Il est devenu agressif et cherche querelle partout … »
Et la maîtresse de CP de Lulu : « Lucette a été une si bonne élève, mais voilà qu’elle est toujours partie en rêve, absente, désintéressée, brouillonne … »
Maman est rentrée pleurant encore …

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Cependant, il y avait de temps en temps un grand rayon de soleil dans leur maison, allégeant tout, assainissant l’atmosphère, suscitant sérénité et espoir. Ce rayon de soleil s’appelait : Tante Aline.
Un jour où elle fut là, les enfant l’entendirent parler à maman : « Voyons, Nelly, arrête de pleurer. Applique-toi plutôt à pardonner. Tu ne fais que t’enfoncer davantage dans la rancune. Ce n’est pas ainsi que les choses s’arrangeront. Voyons, Nelly, pardonne, conduis-toi en chrétienne. Je connais mon frère Henri. Il regrette amèrement, il souffre autant que toi, sinon plus. »
« Aline, » répondit maman, « reste là, passe la nuit à mes côtés. »
« Ah non, Nelly, » répliqua tante Aline péremptoirement, « ce n’est pas ma place. Je dormirai en haut, dans la chambre à côté des enfants. »

Elle frappe à leur porte :
« Petits,’ leur dit-elle, « vous voudriez que papa revienne, n’est-ce pas ? »
« Oh oui, tante Aline ! »
« Eh bien, je connais un moyen. »
Les deux se dressèrent dans leur lit : « Comment ? »
« Ecoutez bien. Ici, dans cette chambre, il y a bien vous deux et moi. Mais il y a encore quelqu’un d’autre, quelqu’un que vous ne pouvez pas voir. Mais lui, il vous voit, vous ; il vous connaît, il voit tout ce que vous faites, il connaît même vos pensées. Ce quelqu’un, c’est Dieu. On l’appelle aussi le Tout-Puissant ou l’Eternel. On peut lui parler. On appelle ça « prier ». A partir d’aujourd’hui, vous allez prier chaque soir en demandant à Dieu de faire revenir votre papa. »
« Mais je ne sais pas prier ! » se lamenta Lulu.
« Je vous apprends, » dit tante Aline. « Vous joignez les mains en entrelaçant les doigts, ou paume contre paume. Vous fermez les yeux, vous pensez à Dieu, votre Père au ciel, et vous dites :
« Père au ciel, toi qui peux tout, fais revenir notre papa auprès de nous !  » …
je suis sûre, Dieu vous entendra. »
A partir de ce soir, sans faute, les enfants dirent leur prière à Dieu.
Un soir, lorsqu’ils furent couchés, tout à coup, Lulu éclata en sanglots, des sanglots à vous briser le cœur. Elle tremblait, et tout son petit lit tremblait avec elle.
Berni, alarmé, se dressa sur son séant. « Lulu, qu’as-tu ? »
Mais Lulu hoqueta de plus en plus fort.
Alors Berni sauta de son lit, s’étendit près d’elle et passa son bras sous sa nuque : « Arrête, Lulu, oh, arrête ! Je t’en prie, ne pleure pas comme ça. Dis-moi, qu’as-tu ? »
Finalement, Lulu arriva à s’expliquer : « Tu sais, Suzie à l’école, son papa est au ciel. Elle … elle … m’a dit qu’elle aura un … un … un autre papa !! Je ne veux pas d’autre papa, moi ! »
« Oh non, Lulu, non, » dit Berni.
Jamais il n’avait envisagé une telle alternative. Et pendant qu’il essayait de calmer Lulu avec toutes les forces vives de son cœur aimant, des larmes silencieuses coulaient une à une sur ses propres joues.

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« Tante Aline, » déclarèrent-ils lors de son passage suivant, « notre Père au ciel ne nous entend pas. »
« Que dites-vous ? » s’insurgea-t-elle. « Eh bien, vous vous trompez. Vous manquez de patience. « L’Eternel a de la bonté pour qui espère en lui. […] Il est bon d’attendre en silence. »1 Vous voulez lui prescrire le « quand » et le « comment » ? »
Un autre jour, tante Aline dit à maman : « Tu sais, Nelly, dans les bureaux il y a de ces écervelées. Par leur habillement et leur conduite, elles font tout pour séduire un homme, quitte à crier par après au harcèlement inconvenant. Elles sont oublieuses de leur Créateur qui, lui, de ses propres mains, a habillé correctement l’homme et la femme pour qu’une vie décente soit possible sur terre. Elles ignorent le mal qu’elles font. Henri est tombé dans le piège. Il regrette amèrement. Il souffre à présent autant que toi, sinon plus. Pardonne-lui. Chaque repentir mérite le pardon. Dieu nous en donne l’exemple. »

Cependant, les journées passèrent monotones, maman toujours abattue, la maison morne. Noël approchait. Comment vivre Noël sans papa ? Inimaginable.
« Tante Aline, viendras-tu à Noël ? »
« Bien sûr, les enfants ! »
Elle arriva tôt dans l’après-midi, chargée d’emplettes, s’affaira de suite dans la cuisine, parla encore à maman : « As-tu reçu sa lettre ? As-tu répondu ? Es-tu sûre de rester sans rancune, ni reproches ultérieurs ? »

Quand elle eut terminé de s’affairer dans la cuisine, elle ferma les deux battants de la salle à manger.
« Interdiction d’entrer ! dit-elle au enfants.

Mais à peine eut-elle quitté la pièce, que Berni ouvrit la porte, tout juste une petite fente permettant de glisser un regard.
La table était mise, avec les verres de cristal, les chandeliers, la porcelaine des jours de fête.
Vite, il retira la tête. Subitement, interloqué, il regarda encore. « Bizarre, » dit-il à Lulu, « il y a cinq couverts ; nous ne sommes que quatre. »
A son tour, Lulu avança sa tête bouclée, l’y laissa longtemps : « Y en a cinq, » confirma-t-elle.
Vite, ils refermèrent la porte.
« Venez, les enfants, nous allons décorer le sapin ! »
Tante Aline était si gaie, incitant les enfants à chantonner avec elle, de sorte qu’ils oublièrent presque qu’ils faisaient d’habitude cette besogne avec papa.

Dessin de crêche

Le soir venu, tante Aline et Berni allumèrent les bougies. Maman s’installa dans un fauteuil au fond de la pièce. Tante Aline ouvrit la Bible et lut :
« En ce temps-là, parut un édit […]. »2
Soudain, arrivée au passage : « paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée ! » elle eut un chat dans la gorge, la racla et reprit d’une voix claire : « Paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée. »
Arrivée à la fin du récit, elle enchaîna : « Notre Père qui es aux cieux […]. »
Bizarre… Arrivée au passage « […] comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés […] », elle eut encore un arrêt, se reprit vite, répéta le passage d’une voix lente et nette, continua : […] Ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal […] »
Soudain, la sonnette de la porte d’entrée retentit. Tante Aline se leva et ouvrit prestement. Les enfants l’entendirent :
« Oh, bonsoir, Père Noël ! Comme c’est gentil à vous de venir nous voir. Mais entrez, entrez donc ! »
Une voix de très vieil homme, haute, tremblante, fluette, demanda : « C’est bien ici qu’habitent Bernard et Lucette ? »
« Oui, Père Noël, c’est ici. »
Parut alors sur le seuil du salon, enveloppé dans son manteau rouge vif, un Père Noël superbe, avec une longue barbe blanche, un bonnet bordé de fourrure tombant jusque sur le nez.
Pourtant, il sembla hésiter, restant un instant immobile, mais entra finalement : « Bonsoir, les enfants, approchez, approchez ! » chevrota-t-il.
Ils s’approchèrent.

Le Père Noël posa une main gantée de blanc sur la tête de Berni, l’autre sur celle de Lulu : « Avez-vous été sages ? »
Berni baissa la tête, pensa à ses mauvaises notes, à ses nombreuses punitions. Lulu, courageuse, sauva la situation, leva sa frimousse ronde, fixa le Père Noël et lança : « Nous sommes sages ! »
« Avez-vous appris une prière ? »
Ça oui ! Ils joignirent leurs mains et récitèrent : « Bon Père du ciel, toi qui peux tout, fais revenir notre papa auprès de nous ! »
Mais il s’approcha : « Vous avez mérité un cadeau. »
Il tira de sa poche une magnifique maquette de locomotive.
« Oh, c’est pour mon train ! » s’écria Berni.
A Lulu il offrit un petit moulin à vent qu’il mit en marche. Les ailes se mirent à tourner en débitant aux oreilles émerveillées de Lulu la jolie chanson du « meunier qui dort ».

Un moment, le Père Noël les laissa à leur joie. Mais il n’en avait pas fini.
Le Père Noël eut un recul de deux pas. De ses mains tremblantes de vieillard il tira un mouchoir de sa poche et se le fourra plusieurs fois sous le nez. Avait-il le rhume ?

« Et maman, a-t-elle été sage ? » demanda-t-il soudain.
C’est encore Lulu qui répondit. « Maman est sage ! » lança-t-elle comme un défi.
« Alors, elle aussi aura un cadeau. »
Il s’approcha d’elle, toujours assise au fond dans son fauteuil. Puis, devant les yeux éberlués des enfants, il se mit à genoux devant elle, tira de sa poche une petite boîte, la posa sur son giron et l’ouvrit.
Les enfants virent briller de loin le chaton d’une bague.
En même temps, il arracha sa barbe, releva son capuchon, se défit de son manteau.
Les enfants, hébétés, furent cloués sur place.
« Papa ! Papa ! » Et ils furent sur lui.
Tante Aline contempla la scène de loin, les yeux plissés, un sourire en coin des lèvres.
Après quelque temps : « Venez, les enfants, c’est Noël ; nous n’avons pas encore chanté. »

Elle se mit au piano. Berni à sa droite, Lulu à sa gauche, ils entonnèrent un de ces chants séculaires de Noël glorifiant ce Dieu qui « visite la terre, qui vient du ciel jusqu’en notre misère », la voix d’ange de Berni dominant celle de tante Aline et le gazouillement de Lulu.
Lorsqu’ils eurent terminé, ils se retournèrent. Papa était assis à côté de maman. Elle avait posé sa tête sur son épaule. Sur ses genoux, leurs mains s’enlaçaient.
Mais les yeux de papa … étrange ! Décidément, il devait avoir le rhume …
« Vite, les enfants, au réveillon ! Berni, allume les bougies de la salle à manger ! »

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Bientôt ils furent assis à table, papa et maman en face des enfants. Tante Aline présidait.
Comme Maman était jolie ! Elle avait changé de robe, lissé ses beaux cheveux fauve ui tombant sur les épaules. Et comme ses grands yeux brillaient ! Tout son être respirait la douceur d’une heureuse convalescence.
Cependant, tante Aline grommela : « Vous ne mangez pas ! Je réchauffe tout demain. »
C’était vrai. Le retournement de la situation, la réapparition de papa, trop d’émotions avaient quelque peu engourdi leur appétit.
Pourtant, tante Aline apporta le dessert, une pyramide de petits choux à la crème dans un plat creux.
« Allons, Henri, sers-nous ! »
Papa saisit la cuiller et la fourchette, décocha aux enfants un clin d’œil avertisseur, attaqua la pyramide, non par le haut, mais à la base. Tout l’édifice s’écroula …
S’échappa alors de la gorge de Lulu un éclat de rire argentin, puissant, cascadant comme un torrent dans tous les recoins de la pièce.
D’autres rires s’y mêlèrent, toute gêne rompue. Cette fois-ci, papa était vraiment revenu, papa farceur, papa boute-en-train, papa complice et, avec lui, le bon ordre, celui instauré par le Créateur pour le bien des humains.

Les langues se délièrent.
Berni : « Papa, tu descends avec moi aux trains ? »
Lulu : « Papa, tu viens nous boxer ? »
« Demain, les enfants, après-demain, tant que vous voudrez, mais ce soir, je reste avec maman. » Entre leurs deux couverts, il posa sa main sur celle de maman.

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Plus tard, lorsqu’ils furent couchés, tante Aline entra leur souhaiter bonne nuit.
« Tante Aline, » l’accueillit Berni, « tu es rien cachottière ! Tu savais tout, tu as mis cinq couverts d’avance ! »
« Vraiment, » répliqua tante Aline, goguenarde, « qui vous l’a dit ? Vous êtes des espions ! … A propos, avez-vous dit votre prière ? »
« Plus besoin, » jubila Lulu, « papa est revenu ! »
« Comment ça « plu besoin » ? Vous êtes de jolis ingrats ! Pendant des mois et des mois, vous avez supplié
Dieu de vous rendre votre papa. Et, à présent qu’il vous a exaucés, vous ne dites pas merci ? »
« Si, tante Aline. »
Ils joignirent les mains : « Père au ciel, toi qui peux tout, merci d’avoir ramené papa auprès de nous. »
« Et si vous répétiez cette action de grâces pendant des mois et des mois, comme vous l’avez fait quand il s’est agi de demander ? »
« C’est juste, » décréta Berni.
« C’est juste, » convint Lulu.
Nos deux champions ont-ils tenu parole ?

S’il leur est arrivé d’oublier, pardonnons-leur ; ils sont si jeunes et si heureux.
Souhaitons-leur bonne route sur le chemin de leur vie.
Que l’expérience de la prière exaucée, l’effet sauveur du repentir suivi du pardon mûrissent dans leurs jeunes âmes et y restent gravés jusqu’à la fin de leurs jours !

La Confession d’Augsbourg

Cher lecteur, la foi de l’Eglise évangélique luthérienne est exprimée
dans la «Confession d’Augsbourg».
Connaissez-vous cette confession ? Son histoire, son contenu, sa valeur ?
Ou n’en avez-vous qu’une vague idée ?
De l’histoire ancienne, direz-vous, puisque nous fêtons l’an prochain
ses 480 ans ! Mais quiconque s’intéresse au luthéranisme ne peut igno-
rer les circonstances de cet événement fondateur. Votre magazine vous permettra de mieux la connaître, ou peut-être de la découvrir.
Martin Luther n’a pas été à Augsbourg ; il avait été mis au ban de l’empire. Il ne pouvait pas défier l’empereur par sa présence. Ce fut donc un juriste, le Dr Christian Beyer, chancelier de la Saxe, qui lut cette confession (rédigée par Melanchthon) devant l’Empereur Charles Quint.

Luther et Melanchton

L’histoire de la Confession

Extraits de « J’aime mon Eglise » – Traités luthériens, Strasbourg, 1924.

Entrons dans la salle du conseil de l’évêché à Augsbourg. Trois heures de
l’après-midi viennent de sonner. Sur son trône, le jeune Charles V (il n’a-
vait que 21 ans), autour de lui les dignitaires de l’empire et de l’Eglise.
Il avait bien voulu céder aux instances des princes évangéliques et prêter l’oreille à la lecture de leur confession, contrairement aux avis des cardinaux et princes catholiques, qui faisaient leur possible pour empêcher sa lecture officielle. Ces dignitaires réclamaient tout simplement la stricte application de l’édit de Worms et au besoin l’emploi de la force. Ils avaient interdit les prédications des réformateurs à Augsbourg mais les princes évangéliques en instance continuelle auprès de leur empereur, avaient gagné sinon son cœur, du moins sa raison.

Sur son trône dans la salle du conseil, il avait devant lui cette poignée de
confesseurs; non seulement des théologiens et docteurs en robes noires, des citoyens en habits simples, mais aussi des chevaliers dans leurs cuirasses d’acier, des princes dans leurs manteaux de pourpre, qui n’a-
vaient pas honte de l’Evangile de Jésus-Christ, prêts à souffrir le ban-
nissement, le martyre pour la bonne cause.

Tout près des confessants se tenait le prince JEAN DE SAXE. Aux théolo-
giens qui voulaient se présenter seuls à l’empereur, il avait dit : « Dieu ne veut pas que vous m’excluiez ; je confesse Christ avec vous. Mon chapeau de prince n’a pas autant de prix que la croix de Christ ; celui-ci restera ici-bas, la croix m’accompagnera au ciel. »

Près de lui, l’héroïque vieillard GEORGE BRANDEBOURG, qui quelques jours
auparavant avait déclaré à l’empereur : « Je préférerais m’agenouiller
devant Votre majesté et me faire trancher la tête plutôt que de renier
Dieu et son Evangile. »

Et à ses côtés, le Prince-chevalier WOLFGANG DE GOTHA, qui en souscrivant à la Confession, disait : « J’ai fait pour de bons amis et seigneurs maintes courses ; pourquoi ne devrais-je pas, si la nécessité se présente, seller mon cheval et, sacrifiant corps et vie, aller en hâte vers la couronne d’honneur de la vie éternelle ? »

Près de lui, les représentants des villes de Nuremberg et de Reutlingen. Les premiers avaient écrit à leur magistrat : « A notre avis, il n’y a pas lieu de céder, si nous ne voulons donner plus de prix à la grâce de l’empereur qu’à celle de Dieu » ! Et derrière cette élite de chrétiens, des
milliers de protestants proches et lointains, qui tous étaient d’accord avec cette Confession.

Comme la salle ne put contenir que 200 personnes et que l’empereur
n’en aurait pas concédé de plus spacieuse, la cour et la rue étaient bondées d’amis et de curieux. Mais le Dr. BEYER força sa voix, de sorte qu’elle pénétra par les fenêtres ouvertes claire et compréhensible au-dehors. Et plus loin encore, elle fut entendue dans tous les coins et recoins de l’empire ; elle réfuta les adversaires, elle convainquit les hésitants, elle affermit les croyants, elle unit les disséminés, et cela partout où la Parole de Dieu pouvait pénétrer dans les oreilles et dans les cœurs.

Dans la salle du chapitre, la Confession fut écoutée « au milieu
d’un silence religieux et d’un étonnement profond de la part des adver-
saires » (Félix KUHN). Elle était signée « De Votre Majesté impériale, les sujets : Jean, duc de Saxe, électeur Georges, marquis de Brandebourg, Ernest, duc de Lunebourg, Philippe, Landgrave de Hesse, Jean Frédéric, duc de Saxe, Wolfgang, prince d’Anhalt, le Sénat et le Magistrat de Nuremberg, le Sénat de Reutlingen ».

MERLE D’AUBIGNÉ, dans son Histoire de la Réformation (tome IV, p. 293)
raconte ce qui suit : Marie, la sœur de CHARLES QUINT, reine de Hongrie,
avait perdu son mari pendant une bataille. Elle était encore jeune et
avait appris à aimer le pur Evangile.

LUTHER lui avait adressé le commentaire de quelques psaumes pour for-
tifier sa foi. Venue à Augsbourg pour assister à cette rencontre, elle demeurait dans le palais de l’empereur. Cette chrétienne eut le courage d’affronter son frère et les autorités religieuses en permettant aux protestants de se rassembler chez elle et de célébrer leur culte !
En effet, il avait été interdit aux Protestants de se réunir autour
des Moyens de grâces durant tout leur séjour à Augsbourg.
Admirons ici la grandeur de Dieu qui règne au milieu de ses ennemis !
La reine Marie prit donc part à tout ce qui se passait dans ces jours orageux à Augsbourg.

La Confession : son contenu et son importance.

En 2003, les Editions du Cerf, en association avec Labor et Fides, ont
réédité LA FOI DES ÉGLISES LUTHÉRIENNES(1). Cet anniversaire nous donne à nouveau l’occasion de vous encourager à ce type de lecture. L’ouvrage, bien sûr, contient la Confession d’Augsbourg dont voici les principaux articles de foi : Dieu ; le péché originel ; le Christ ; la justification ; le ministère ecclésiastique ; la nouvelle obéissance ; l’Eglise ; l’efficacité des moyens de
grâce ; le baptême ; la sainte-Cène ; la confession ; la pénitence ; l’usage des sacrements ; les ordres ecclésiastiques ; les rites ecclésiastiques ; le pouvoir civil ; l’avènement de Jésus-Christ pour le jugement ; le libre arbitre ; la cause du péché ; les bonnes œuvres ; le culte des saints.
On raconte qu’après la lecture de la Confession, le duc GUILLAUME DE BAVIÈRE reprocha aux théologiens de son église de lui avoir travesti la foi
protestante. Ils répondirent qu’ils pourraient réfuter la Confession avec
les Pères de l’Eglise, mais pas avec la Bible. Le duc s’écria alors : « Ainsi, les Luthériens sont assis dans la Bible, et nous à côté d’elle » !

Puisse le Seigneur ne jamais nous faire le même reproche !


  1. LA FOI DES ÉGLISES LUTHÉRIENNES. Confessions et catéchismes. Ed. Cerf. Réédition, 600 pages ; 28 euros.