Quand, l’Écriture Sainte fait-elle autorité ?

Luther_statue.jpg Il y a en ce moment un débat dans certaines Églises à propos du « mariage » homosexuel. L’Église peutelle les bénir ou non ? Parmi les arguments avancés par ceux qui sont tentés de dire oui, il y en a un qui est très subtil ; on mélange une vérité à une erreur : « Le mariage ne fait pas partie des sacrements » dit-on ; « alors, pourquoi ne pas bénir les unions homosexuelles ? »

Effectivement, il n’y a que deux sacrements : le Baptême et la sainte Cène – ça, c’est la vérité – mais on ne peut pas faire sous-entendre qu’on peut faire n’importe quoi lorsqu’on n’a pas affaire à un sacrement – ça c’est l’erreur. Il est vrai, l’Église a toujours distingué entre vérités fondamentales et vérités non fondamentales. Toutes sont divines, car révélées par Dieu dans la Bible ; donc, toutes font autorité, mais toutes n’ont pas la même importance pour notre salut. Les vérités fondamentales le sont parce que si on les rejette, la foi n’a plus de fondement sur lequel s’appuyer pour être sauvé. Elles sont fondamentales pour être sauvé.

On distingue d’abord les vérités fondamentales premières : On ne peut pas être sauvé si on rejette la doctrine du péché et de ses conséquences, la doctrine du Christ – de sa personne et de son oeuvre de rachat accomplie à notre place pour nous sauver –, la doctrine de la résurrection et celle de la foi en l’Évangile, la Bonne Nouvelle du Christ.

Ce sont là dés vérités fondamentales à croire pour être sauvé, des vérités fondamentales premières. Les vérités fondamentales secondaires sont celles concernant les sacrements. Une personne peut ignorer ces doctrines ou même en avoir une idée erronée, et cependant être sauvée si elle s’attache à la promesse du pardon offert dans l’Évangile.

Mais elle gagne à y fortifier sa foi et à ne pas les déformer si elle ne veut pas ébranler les vérités fondamentales premières. Enfin il y a des vérités non fondamentales pour le salut ; elles ne constituent pas le fondement de la foi en Jésus-Christ, mais elles fortifient par contre notre foi. Par ex. la doctrine à propos des anges ou de l’Antichrist, ou les données historiques, archéologiques et scientifiques contenues dans la Bible. On peut être sauvé sans être au fait de tout cela. Autre est la question : L’Église peut-elle se permettre de dire autre chose que ce que Dieu dit des vérités non fondamentales dans la Bible ? « Toute l’Écriture est inspirée de Dieu.»

Et si Dieu nous l’a donnée, c’est qu’il avait un but : « pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit équipé pour toute oeuvre bonne. » (2Tm 3.16-17) Or, aux disciples, et par-delà eux à toute l’Église et à ses pasteurs, Jésus a enjoint : « Enseignez-leur [aux nations] à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28.20), pas seulement les sacrements, « tout ». L’Église et ses pasteurs ne sont pas maîtres des doctrines de Dieu ; ils ne peuvent pas en « enseigner » les parties qui leur plaisent et « enseigner » autre chose là où quelque chose les gêne.

L’Église et ses pasteurs sont « serviteurs » de Dieu et « du Christ » (1Co 4.1) : ils doivent « rapporter fidèlement la Parole » de Dieu (Jr 23.28), sans « rien y ajouter ni rien en enlever » (Dt 4.2 ; voir aussi Ap 22.18). Il est vrai, on peut être sauvé sans connaître les passages de la Bible à propos de l’homosexualité ou sans être au clair sur ce qu’est la bénédiction. Mais une Église se rend coupable quand elle enseigne aux siens autre chose que ce que Dieu affirme dans l’Écriture Sainte.

Et elle irrite grandement le Seigneur si elle détourne sa bénédiction pour la donner à quelqu’un qui mène une vie ouvertement en opposition à sa Parole. Une telle bénédiction ne vaut rien. La Parole de Dieu doit faire autorité partout où elle affirme, promet ou défend quelque chose.

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