Apocalypse – Révélation

1. Quel est le contenu de « l’Apocalypse de Jean » (Ap) ?

L’Ap contient un message, une « révélation de Jésus-
Christ » (Ap 1.1)

2. Que signifie « Apocalypse » ?

Tous les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament ont été « inspirés de Dieu » (2 Tim 3.16) et nous « révèlent » sa volonté et son intervention miséricordieuse pour le salut
de l’humanité. Ce livre tient son nom du premier mot qui y apparaît dans
(apokalupsis), et le texte grec original, signifie en français « révélation » (Ap. 1.1) : Le Seigneur Jésus-Christ « révèle » ou « dé – voile » (apo – kalupsis) le
devenir de son Eglise dans le monde jusqu’à la fin des
temps.

3. Ce livre a-t-il une signification particulière ?

Avec l’Ap, nous sommes en présence du dernier message que le Christ élevé en gloire adresse à son Eglise. Il nous y demande de vivre dans l’état d’esprit et de la façon décrits
dans ce livre. Il stimule notre effort pour atteindre le but ultime qui puisse exister pour nous.

4. Quel est le message central de ce livre ?

Remarquez Ap 1.7 : « Le voici qui vient avec les nuées. Tout œil le verra. » Jésus-Christ va revenir, revêtu du manteau royal du Royaume de Dieu et du gouvernement de
toutes choses. A l’heure de son triomphe il justifiera les siens et les introduira dans sa nouvelle création. Il mettra fin au mal et fera exclusivement régner le droit et la justice.

5. Pourquoi doit-on étudier « l’Apocalypse de Jean » ?

Dieu nous adresse sept béatitudes dans l’Ap. Deux d’entre elles sont pratiquement identiques :
« Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce
livre ! » (22.7) et
« Heureux celui qui lit et ceux qui écoutent les paroles de la prophétie et gardent ce qui s’y trouve écrit ! »(1.3)
Voici les cinq autres :
« Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur, et ce dès maintenant ! Oui, dit l’Esprit, ainsi ils se reposent de leurs travaux, mais leurs œuvres les suivent. » (14.13)
« Heureux celui qui reste vigilant et qui garde ses vêtements, afin de ne pas marcher nu et de ne pas laisser voir sa honte ! » (16.15)
« Heureux ceux qui sont invités au festin des noces de l’Agneau ! » (19.9)
« Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection ! La seconde mort n’a pas de pouvoir sur eux, mais ils seront prêtres de Dieu et de Christ et ils régneront avec lui pendant 1000 ans. » (20.6)
« Heureux ceux qui lavent leur robe : ils auront droit à l’arbre de vie et pourront entrer par les portes dans la ville ! » (22.14)

6. Quel est le but de cette étude ?

Notre attention, nos désirs et notre espérance sont dirigés vers un événement d’importance exceptionnelle : le retour du Christ. L’Ap poursuit une préoccupation pastorale : elle veut maintenir vivante en nous l’attente de l’accomplissement de la promesse trois fois répétée du Christ : « Voici, je viens bientôt ! » (2.5 ; 3.11 ; 22.20)
Les chants du temps de l’Avent – ou ceux de la fin des temps – se prêtent très bien pour accompagner cette étude.

7. Comment le Christ nous est-il présenté dans « l’Apocalypse » ?

Ailleurs dans le Nouveau Testament, nous ne trouvons pas de parallèles pour la façon particulière avec laquelle la grandeur et la majesté divines sont ici attribuées au
Seigneur Jésus. C’est comme si ce dernier livre de la Bible écartait le rideau pour nous faire voir le Seigneur dans sa gloire céleste après son ascension. Son visage resplendit comme le soleil, ses cheveux sont blancs comme neige, ses pieds ressemblent à du bronze incandescent, « sa voix ressemblait au bruit de grandes eaux » (Ap 1.14-16).
Il est

  • « l’Alpha et l’Oméga » , le début et la fin de l’alphabet grec, autrement dit, il est le contenu de toute la révélation divine (1.8) ;
  • « le premier et le dernier » (2.8), l’éternel ;
  • « celui qui est, qui était et qui vient » (1.8), l’éternel ;
  • « le premier-né d’entre les morts » (1.5) ;
  • « le rejeton de la racine de David et son descendant »
    (22.16) ;
  • « l’étoile brillante du matin » (22.16) ;
  • « le lion de la tribu de Juda » (5.5).

Notre Seigneur se trouve ici révélé dans sa majesté d’une
manière qui dépasse toute compréhension humaine.

8. Qu’est-il dit des chrétiens dans « l’Apocalypse » ?

Dans l’Ap, Dieu donne des noms honorifiques étonnants
aux croyants.

  • Ils sont « un royaume, des prêtres pour Dieu » (Ap 1.6)
  • Ils sont destinés à la vie éternelle dans la gloire sans pareille du monde nouveau (3.12).
  • Ils recevront à « manger du fruit de l’arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu » (2.7).
  • Ils recevront « la couronne de vie » (2.10).
  • Ils seront « habillés de vêtements blancs » (3.5), immaculés ; tout péché sera absent.
  • Ils seront des « piliers dans le temple de Dieu » (3.12).
  • Ils s’assiéront avec Jésus sur son trône pour régner avec lui (3.21)

L’Ap cite encore bien d’autres honneurs et titres de gloire
de ceux qui sont trouvés « inscrits dans le livre de vie »
(20.12-16)

9. L’Eglise avait-elle besoin de ce livre ?

Sans aucun doute. L’Empire romain avait d’abord protégé les chrétiens (voir Ac 22.24-29). Ensuite il s’en est pris à eux et les a persécutés. Deux puissances s’affrontaient, une spirituelle (l’Eglise de Jésus-Christ) et une politique (l’Empire romain), elle-même manipulée par une puissance démoniaque : Satan. En apparence, l’Empire était le plus
puissant. Mais l’apôtre Jean a eu la vision (Ap 1.2+9-12) de l’affrontement décisif du Christ et de l’Antéchrist et de la victoire définitive du premier sur le second. C’est là d’un
grand réconfort au milieu des épreuves de l’Eglise et des croyants.

10. Existe-t-il une « clé » pour comprendre ce livre ?

On peut attribuer pratiquement toutes les images ou symboles et pratiquement chaque verset soit à Christ soit à l’Antéchrist. Si nous tenons compte de cela, nous serons
en mesure de faire la part des choses dans le développement de ce livre parfois difficile à comprendre. Cette « clé » ouvre toutes les portes, même si certains passages demeurent des mystères. Les chrétiens souffrants et persécutés triompheront, en fin de compte, avec Christ. Tous les plans diaboliques de Satan vont finalement échouer malgré quelques réussites passagères.

11. Pourquoi cet avenir nous est-il « révélé », « dévoilé » ?

Dans ce qu’on appelle parfois « la petite révélation », « la petite apocalypse » (Mt 24.3-51), donc avant sa résurrection et son ascension, Jésus avait prédit aux siens ce qui
les attendait. Ici il donne une description plus précise et plus détaillée des événements à venir. C’est de l’histoire du futur. Elle n’est pas faite pour choquer les croyants, mais
pour les prévenir et les préparer, pour les avertir à temps et les armer, pour que nous ne soyons pas envahis par le pessimisme et le défaitisme.

12. Que signifient ces nombreux symboles ?

Un symbole est un signe caractéristique. Il exprime quelque chose qui dépasse les sens. Les chrétiens ressemblaient à un îlot au milieu de l’océan païen. Même s’ils l’avaient voulu, ils n’auraient pas pu construire au vu et au su de tous des églises pour rendre un culte au Seigneur, ou pour organiser des fêtes publiques en son honneur. Ils ont
donc recouru à des symboles et à des images poétiques, artistiques pour exprimer la grandeur et la majesté de Dieu et de son Fils.

Sur « l’écran littéraire » de l’Ap, Jésus est décrit parfois comme marchant au milieu des siens, parfois comme étant assis sur son trône céleste, parfois encore comme chevauchant vers la victoire. Mais cette peinture faite de symboles nous montre aussi la
haine féroce, les menaces terribles et le destin fixé d’avance (la défaite définitive et éternelle) du paganisme et de l’Antéchrist.

13. Quels symboles y trouvons-nous ?

La variété riche et dramatique des symboles a trait au

  • Monde animal :
    • a. des chevaux (blanc, rouge, noir, verdâtre) (6.1-8),
    • b. un agneau (5.6-13 ; 6.1+16 ; 7.9-17 ; 12.11 ; 13.8-11 ; 14.1-10 ; 15.3 ; 17.4 ; 19.7-9 ; 21.9-14+22-27 ; 22.1-3),
    • c. un veau (4.7),
    • d. un lion (4.7 ; 5.5 ; 9.8+17 ; 10.3 ; 13.2),
    • e. un ours (13.2),
    • f. un léopard (13.2),
    • g. des sauterelles (9.3-7),
    • h. un scorpion (9.3-10),
    • i. une grenouille (16.13),
    • j. un aigle (4.7 ; 8.13 ; 12.14),
  • Monde végétal :
    • a. arbres (2.7 ; 22.14+19 ; 7.1-3 ; 8.7),
    • b. herbe (8.7 ; 9.4),
    • c. moisson (14.16),
    • d. vendange (14.19) ;
  • Monde minéral (une douzaine de pierres précieuses, dont) :
    • a. perle (17.4 : 18.12+16 ; 21.21),
    • b. chalcédoine (21.19),
    • c. saphir (21.19),
    • d. jaspe (21.19)
    • e. émeraude (4.3 ; 21.19)
    • f. sardonyx (21.20),
    • g. sardoine (21.20),
    • h. chrysolithe (21.20)
    • i. béryl (21.20)
    • j. topaze (21.20)
    • k. chrysoprase (21.20)
    • l. hyacinthe (21.20)
    • m. améthyste (21.20)
  • Des scènes célestes :
    • a. la salle du trône de Christ (1.4 ; 7.1-17 ; 22.1-3),
    • b. la ville sainte (11.2 ; 21.2+10 ; 22.19),
    • c. la nouvelle Jérusalem (3.12 ; 21.2)
    • d. les chœurs des anges (5.11 ; 7.11),
    • e. les cantiques des rachetés (7),
    • f. la mariée parée pour l’époux (21.2),
    • g. le repas de noces de l’Agneau (19.7-9) ;
  • des apparitions extrêmement impressionnantes :
    • a. le tonnerre (4.5 ; 8.5 ; 10.3 ; 10.4 ; 11.19 ; 14.2 ; 16.18 ; 19.6),
    • b. l’éclair (4.5 ; 8.5 ; 11.19 ; 16.18),
    • c. la grêle (8.7 ; 11.19 ; 16.21),
    • d. des catastrophes maritimes (18.21),
    • e. des tremblements de terre (6.12 ; 8.5 ; 11.13+9 ; 16.18),
    • f. le feu (9.18 ; 16.8)

14. Pouvons-nous comprendre tous ces symboles ?

Non, mais ce n’est pas important. Des symboles ne sont pas des descriptions exactes. Ils sont là pour donner des impressions. Même si nous ne comprenons pas chaque détail, nous pouvons cependant, sans problème, comprendre l’intention générale, l’information globale. Il en va comme de la peinture et de la musique : nous ne percevons pas chaque trait ou chaque son individuellement ; et cependant nous pouvons l’estimer, la ressentir, la « sentir ».

Ainsi – pour prendre un exemple – la première vision est expliquée globalement, mais non pas dans le détail (Ap. 1.20 ; voir aussi 4.5 ; 5.6 ; 12.9 ; 17.9 ; 12.15). Si on renonce à relier les images non expliquées avec une idée précise, cela ne réduit en rien la valeur de ce livre biblique.

15. Y a-t-il certains dangers à expliquer les symboles ?

L’histoire montre que certains ont parfois essayé de spéculer pour découvrir ce qui se trouvait derrière certains détails mystérieux. Résultat : l’homme lit ses propres représentations ou expériences dans les symboles de l’Ap et s’égare ainsi dans des interprétations dangereuses. Ce livre est devenu, malheureusement, le terrain de prédilection de toutes sortes d’illuminés qui ont relié les symboles avec leur imagination parfois maladive.

16. Comment peut-on se prémunir contre ces errements ?

En veillant à ne pas expliquer la Bible à partir des symboles, mais les symboles à partir de passages bibliques dont le sens est clair. Pour bien comprendre l’Ap, il faut bien
connaître la Bible. Celui qui connaît mal la Bible deviendra la victime d’affirmations de sectes et construit plus sur des affirmations invérifiables que sur Jésus-Christ.
Il est déjà important, en général, de lire la Bible en demandant au Saint-Esprit, à « l’Esprit de la vérité », de nous « conduire dans toute la vérité » (Jn 16.13). Cela est tout particulièrement vrai pour l’étude de ce livre biblique.

17. Que faut-il penser des chiffres et des nombres dans « l’Apocalypse » ?

Les chiffres et les nombres sont des moyens pour se faire comprendre. Aujourd’hui il arrive encore d’utiliser les lettres de l’alphabet latin pour désigner des chiffres et des nombres. I = 1, V = 5, L = 50, C = 100, D = 500, M = 1000, etc.

Le procédé de l’Apocalypse est un peu pareil.

  • « 7 » représente la perfection (54 fois dans l’Ap).
  • « 12 » (ou un multiple de 12) arrive en deuxième position (23 fois) et se réfère toujours à l’Eglise.
  • « 10 » (ou un de ses multiples) désigne la grandeur, l’immensité.
  • « 1000 » désigne une durée qui s’étend sur beaucoup de générations, au point de ne pas être connu.

Les chiffres suivants apparaissent dans Ap (les références
ne sont pas toutes indiquées) :

  • 2 (1.16 ; 9.12 ; 11.3-4+10 ; 12.14 ; 13.11) ;
  • 3 (6.6 ; 8.13 ; 9.18 ; 16.13+19 ; 21.13) ;
  • 3.5 (11.9-11)
  • 4 (4.6 ; 7.1 ; 9.13-14 ; 20.8) ;
  • 5 (9.5 ; 17.10);
  • 6 (4.8) ;
  • 7 (30 fois, dont 1.4+12+16+20 ; 3.1 ; 5.1+6 ; 8.2 ; 10.3 ; 12.3 ; 15.1+7 ; 17.9) ;
  • 10 (2.10 ; 12.3 ; 13.1 ; 17.12) ;
  • 12 (7.5-8 ; 12.1 ; 21.12-21 ; 22.2)
  • 24 (4.4+10 ; 5.8 ; 11.16 ; 19.4) ;
  • 42 (11.2 ; 13.5) ;
  • 144 (21.17)
  • 666 (13.8) ;
  • 1 000 (20.2-7) ;
  • 1 260 (11.3 ; 12.6) ;
  • 1 600 (14.20) ;
  • 7 000 (11.13) ;
  • 12 000 (7.5-8 ; 21.16) ;
  • 144 000 (7.4 ; 14.1-3) ;
  • 100 000 000 (5.11) ;
  • 200 000 000 (9.16),
  • 1 000 000 000 ;
  • 1 000 000 000 000 (5.11).

Ces chiffres et ces nombres représentent des concepts spécifiques ou des représentations particulières : nous ne pouvons donc y voir dans tous les cas des indications exactes de temps, de lieu ou de compositions exactes de certains groupes.

18. Quel est le Plan de «l’Apocalypse de Jean» ?

L’Ap contient sept « visions », chacune se décomposant en sept parties.

  • 1) les « lettres aux sept Eglises » (1 – 3)
  • 2) les « sept sceaux » (4 – 7)
  • 3) les « sept trompettes » (8 – 11)
  • 4) les « sept êtres vivants » (12 – 14)
    • a) la femme enceinte
    • b) le dragon rouge
    • c) le Fils de l’homme
    • d) Michel
    • e) la bête de la mer
    • f) l’ange avec l’Evangile éternel
  • 5) les « sept coupes d’or » de la colère de Dieu (15 – 16)
  • 6) les « sept jugements » (17 – 20) contre
    • a) l’idolâtrie de la grande prostituée(17)
    • b) les puissances économiques de Rome (18)
    • c) les puissances politiques corrompues (19.11-19)
    • d) la bête et les faux prophètes (19.20 -* 20.6)
    • e) les nations (20.7-9)
    • f) Satan (20.10)
    • g) la mort et l’enfer (20.13-15)
  • 7) les « sept choses nouvelles » (21 – 22)

19. La 1ère vision (Ap 1 – 3)

On y assiste à l’évaluation des « sept églises » d’Asie Mineure. Le Seigneur loue ce qui s’y trouve de bien, mais il signale et condamne aussi ce qu’il y a de mauvais et indique comment y mettre fin. Ephèse connaît une vie chrétienne active, mais l’amour chrétien décline. Smyrne et Philadelphie sont persécutées par des Juifs hostiles. A Pergame et à Thyatire, les problèmes sont provoqués par les Nicolaïtes qui prônent une attitude laxiste et faite de compromis. Sardes s’est endormie, Laodicée est imbue d’elle-même.

Nous découvrons : le véritable danger pour l’Eglise, ce n’est pas l’impiété du monde, mais ses propres faiblesses.

20. La 2ème vision (Ap 4 – 7)

Elle révèle la véritable Majesté et l’adoration que lui apporte l’armée des cieux : « l’Agneau » qui a « racheté par son sang des hommes de toute nation » « est seul digne »
d’ouvrir le livre fermé de sept sceaux (5.9).

« Les quatre êtres vivants » autour du trône (4.6-8) représentent des agents de la Providence divine, sans doute des anges (Ez 1.5-10 ; 10.20 ; Es 6.2ss).
L’ouverture des « sept sceaux » par l’Agneau de Dieu déclenche :

  • le premier : la conquête par la Parole ;
  • le second : la guerre ;
  • le troisième : la famine ;
  • le quatrième : la mort ;
  • le cinquième : le cri des martyrs dans le ciel ;
  • le sixième : la terrible colère de l’Agneau de Dieu ;
  • le septième : le grand calme dans les cieux où les prières du peuple de Dieu se mêlent à l’action du Tout-Puissant.

Nous apprenons : Tous ceux qui portent le sceau de Dieu sont protégés par lui, protégés de l’implacable colère (7.3-8). Les croyants ressemblent à une montre qui continue aussi à fonctionner au milieu du plus virulent des orages. Voyez à ce sujet les passages parallèles suivants : Ps 46 ; 2 Tm 1.12 ; 2 Tm 2.19 ; Jn 10.28.

d’après C. W. Berner « Journey through the Bible : Apocalypse»

Quand et comment Saul de Tarse a-t-il été converti à Jésus-Christ

Lire préalablement Ac 9.1-22.

Fin janvier – le 25, pour être précis –
l’Eglise a coutume de commémorer l’in-
tervention divine pour convertir Saul de
Tarse, futur apôtre Paul. Les idées répan-
dues à ce sujet sont-elle bien claires et,
surtout, correspondent-elles toujours à
ce qu’en dit l’Ecriture Sainte ?

1

On a parfois l’impression que bien des
gens considèrent que la conversion de
Saul, c’est ce qui s’est passé sur le che-
min de Damas. Non. A ce moment, il ne
savait même pas ce qui lui arrivait et qui
était celui qui s’adressait à lui (Ac 9.5).
A ce moment il a été désarçonné – au
sens propre comme au sens figuré – par
Jésus pour pouvoir être amené au
contact de l’Evangile.
Chez Saul aussi la conversion à Jésus-
Christ a été produite par l’Evangile et
non pas par le miracle sur la route de
Damas. Aucun miracle ne convertit
(Lc16.31).
Il a fallu qu’Ananias l’instruise et – un
peu comme Aquilas et Priscille l’ont fait
avec le spécialiste de l’AT qu’était
Apollos (Ac 18.24-26) – il a fallu
qu’Ananias « démontre » à Paul « par les
Ecritures [de l’Ancien Testament qu’il
connaissait bien en tant que rabbin] que
Jésus est le Christ » (Ac 18.28), « que
Jésus est le Fils de Dieu » (Ac 9.20).
Le lent et profond travail de préparation
à la conversion avait commencé bien
avant déjà, avec l’étude de l’Ancien
Testament dont Paul connaissait les tex-
tes par coeur, entre autre ceux des pro-
phéties messianiques, mais il ne les com-
prenait pas encore correctement. C’est
l’Evangile annoncé par Ananias à Saul de
Tarse qui a produit cette conversion et
adhésion à Jésus de Nazareth comme
étant le Sauveur promis.
A lire certains auteurs, on a l’impression
que la conversion était une opération
irrésistible de Dieu sans qu’il n’utilise
l’Evangile comme moyen de grâce,
comme si c’était une intervention directe

et immédiate de Dieu sans utilisation de
l’Evangile. C’est là la position de ceux
que les « Confessions Luthériennes »
appellent les « enthousiastes », entre
autre de Zwingli. L’Ecriture enseigne tout
le contraire.
Que ce soit Jésus lui-même ou ses apô-
tres, tous indiquent que la conversion
est produite par le témoignage des
croyants (Jn 17.20), « par l’Evangile »
(1 Co 4.15), « par la parole vivante et
permanente de Dieu » (1P1.23)
Il est trompeur d’affirmer que Dieu a
le pouvoir de terrasser et de convertir
n’importe qui. Il en a sans doute le
pouvoir, mais il a choisi d’y renoncer.
Il ne veut pas imposer sa grâce et son
salut. La seule « puissance » qu’il utili-
se pour cela, c’est « l’Evangile » (Rm
1.16 ; 10.14), et on peut s’opposer et
résister à cette action sanctifiante et
régénératrice de Dieu, même à l’épo-
que où Jésus lui-même l’annonçait
(Mt 23.37).

2

Ce qui est arrivé à Saul de Tarse doit
nous inciter à prier pour que les
incroyants, particulièrement ceux qui
nous sont proches, soient convertis
comme Saul l’a été. Mais là aussi, ne
devenons ni théoriques ni abstraits.
Là aussi, ne faisons pas de la prière un
moyen de grâce, un moyen qui à lui seul
pourrait amener la conversion de quel-
qu’un. Prier pour la conversion, cela
signifie prier pour que Dieu amène ces
proches au contact de l’Evangile du
Christ (seul moyen de conversion), cela
signifie aussi : prier pour que nous puis-
sions être mis nous-mêmes en situation
de leur apporter l’Evangile (nous, à qui
Dieu a remis cet outil de conversion
entre les mains).
Une prière « décharnée » est-elle sérieu-
se ? Autrement dit : une prière qui se
désengage, une prière qui n’a pas sa
contrepartie dans la vie de témoin, est-
elle honnête ou est-ce un moyen facile
de se donner bonne conscience ?
Bien évidemment, nous avons besoin
d’être exhortés à prier pour la conversion
des incroyants. Mais en même temps, il
faut nous rappeler de mettre notre vie
en harmonie avec une telle prière ; lier la
prière pour la conversion à une attitude
de témoin, de pratiquant du seul instru-
ment de conversion, l’Evangile.
Le récit de la conversion de Paul com-
porte l’exemple d’Ananias, bel exemple
de quelqu’un qui a dû surmonter sa réti-
cence à témoigner de Jésus-Christ dans
un contexte qu’il croyait hostile.
Un grand théologien du 16ème siècle,
Martin Chemnitz, a écrit : « La Confes-
sion d’Augsbourg tance avec force ceux
qui recherchent ou enseignent de recher-
cher la réconciliation avec Dieu et le par-
don des péchés indépendamment du
service de la Parole et des sacrements. »
La prière à elle seule n’est pas un moyen
de grâce.

Lumière dans la nuit

Amis,

J’espère que c’est avec joie, et peut-être aussi soulagement, que vous retrouvez Amitiés
Luthériennes après une année d’éclipse. C’est en tous cas un soulagement pour l’équipe de
L’Heure Luthérienne en France de vous offrir à nouveau ce service, et une joie de voir notre
magazine reparaître.

Il y a longtemps que j’avais choisi pour sa couverture l’image d’un phare dans la nuit : s’il n’est pas dans la tempête, les eaux qui le baignent sont mouvantes, floues. Il en a été ainsi pour nous cette année où nos ressources bénévoles se sont réduites au point d’interrompre la
publication d’Amitiés Luthériennes : une année de navigation à vue, sur une mer formée, sans savoir quand nous mènerions la barque à bon port, mais toujours avec espoir à cause de la foi
en Dieu qui est lumière, en sa Parole qui est une lumière sur notre chemin. Voici donc, au bout
d’un an, la petite lumière de ce magazine fait de témoignages fondés sur la Parole de Dieu.
Une lumière dans la nuit, c’est au coeur de la symbolique de Noël, de la naissance de Jésus qui
est la lumière venue dans les ténèbres à l’étoile qui annonce sa naissance et guide les mages :
inspirée, Louise Fortmann nous a confié l’histoire d’un Noël qui ne finit qu’avec le mois de
Janvier !

De navigation, il en est aussi question avec le « GPS » infaillible qu’Edgar Ludwig préconise en
ce début d’année où nous sommes plus volontiers tournés vers l’avenir.
Une année 2008 sans Amitiés Luthériennes, c’est l’occasion maintenant d’une rétrospective sur
ce qui a pu se passer par ailleurs pour l’Eglise cette année-là !
Et puis, malgré ou à cause de l’absence de parution de votre magazine, ainsi qu’en réaction à
nos émissions qui elles, ont continué, vous nous avez écrit. Vous retrouverez notamment des
réactions aux articles sur « la pudeur » publiés dans le dernier numéro.
Une année, une année d’émissions Lumière sur le Chemin, des témoins de la foi qui sont aussi
des lumières dans la nuit… nous avons sélectionné cette année des témoins d’un genre
particulier, dont les péripéties ont également fait l’objet de méditations dans le recueil Notre
Culte Quotidien, disponible aux Editions Le Luthérien.

Grâce à une réorganisation du travail bénévole, votre magazine devrait paraître à nouveau plus
souvent, à nouveau sous la direction du pasteur Haessig. N’hésitez pas à participer à la relance
avec vos questions, mais aussi pourquoi pas en proposant votre contribution ou en illustrant les
articles envoyés !

Bonne année, bonne lecture, et à bientôt !

Philippe Volff, pasteur
rédacteur par intérim