Apocalypse – Révélation – II

Suite du premier article sur l’Apocalypse. Nous vous conseillons de lire les chapitres correspondants de la Bible au fur et à mesure de la lecture de cet article.

21. La 3ème vision (Ap 8 – 11)

Les « sept trompettes » sonnées par « sept anges » (8.2) déploient les forces de la nature pour le jugement de la terre, de la mer, des rivières et des sources, ainsi que des astres.
Le langage imagé fait penser aux dix plaies ou fléaux en Egypte (Ex 7 – 10) « Un autre ange » (8.3) – ou « aigle » (8.13) ? – annonce « d’une voix forte » le Jugement à venir. D’horribles sauterelles sortent du « puits de l’abîme » (5ème trompette ; chap. 9.1-12), suivies de 200 millions de cavaliers qui montaient des chevaux surnaturels à tête de lion et à queues en forme de serpents (6ème trompette ; 9.13-19).
Nous ne pouvons pas en donner l’explication exacte, mais on pourrait y voir des parallèles à des jugements de ces derniers temps comme les guerres atomiques ou biologiques ou des rayons mortels.

Malheureusement, à l’époque comme aujourd’hui, beaucoup de gens ratent l’occasion de se repentir et ne font que s’endurcir davantage dans leur incrédulité et leur mode de vie impie (9.20-21). « Le puits de l’abîme » est l’endroit où, en attendant le Jugement Dernier, les anges déchus, les démons, la bête, les faux prophètes et Satan connaissent leur châtiment (9.1ss ; 9.11 ; 11.7 ; 20.1-3). « L’étang de feu et de souffre » (20.10+14ss) est le lieu de leur châtiment final et définitif.

Dans la suite, nous suivrons les chapitres.

22. « Le petit livre » (Ap 10)

« Un ange puissant » – « au-dessus de sa tête était l’arc-en-ciel ; son visage était comme le soleil » (10.1-2) – déclenche « sept tonnerres » dont Jean n’a pas le droit de donner la signification (10.3-4). Ensuite l’ange « jura » sous serment qu’avec le retentissement de la septième trompette « le mystère de Dieu s’accomplira, comme il l’a annoncé à ses servi-
teurs, les prophètes » (10.5-7). Les prophètes de l’Ancien et du Nouveau Testament ont prédit que tous les problèmes de la vie allaient être transfigurés de façon définitive et libératrice à la fin des temps.
Pour Jean, c’est là une expérience aigre-douce (10.8-11), l’annonce de la Loi et de l’Evangile, du jugement et de la grâce.

23. Les deux témoins et la 7ème trompette (Ap 11)

  • « Le temple » que Jean doit « mesurer » (11.1-2) symbolise la sainte église chrétienne, la communauté des saints, ceux qui portent le sceau de Dieu (7.3ss ; 1 P 2.5 ; Ep 2.20ss ; 2 Co 6.16).
  • Les « deux témoins » (11.3) – un peut comme Moïse (Ex 7.14-18) et Elie (1 R 17.1) – représentent les témoins de l’Eglise. L’Eglise est portée par le témoignage en parole et en actes de ses saints, en premier lieu de ses martyrs, confessants, pasteurs, évangélistes, etc.
  • Les « 1260 jours » – ou « 42 mois » (11.3) ou 3 ans et demi (Dn 7.25 ; 12.7) – représentent une durée inscrite de façon indélébile dans la mémoire des Juifs. C’est le temps des souffrances et des tueries
    sous Antiochus Epiphane qui voulait exterminer la nation et la religion juives (Antiochus Epiphane IV, 175-164 av. J.-C., souverain du royaume séleucide en Syrie ; voir Dn 11.21-45 ; aussi les deux livres des Macchabées 1 Macc 1 – 6 et 2 Macc 3 – 9)
  • « La bête qui monte de l’abîme » (11.7-9) représente les empereurs romains qui ont porté des coups terribles à l’Eglise, mais aussi, de façon générale, tous les martyres et massacres de croyants qui se sont répétés au cours de l’histoire de l’Eglise. Rome symbolise « la grande ville appelée symboliquement Sodome et Egypte, là même où » Jésus-Christ est régulièrement « crucifié » dans la personne de ses croyants. Les spectateurs sont pris de panique en voyant les martyrs reprendre vie. Le paganisme a été effrayé de voir que la foi se développait dans l’empire, alors qu’il croyait l’avoir éradiqué. D’une certaine façon, le sang des martyrs est effectivement la semence de l’Eglise.
  • « Le septième ange », en sonnant de la trompette, annonce un interlude céleste (11.15-19 ; voir aussi 4.9-11 ; 5.8-14 ; 7.11-17 ; 12.10-12 ; 14.2-3+13 ; 15.2ss ; 19.1-16).

24. La 4ème vision (Ap 12 – 14)

  • « Le dragon rouge feu » qui attend de pouvoir « dévorer l’enfant dès qu’il sera né » (12.1-6) symbolise la fureur du diable contre le Seigneur Jésus (Ps 2). La mère représente la communauté de Dieu de laquelle est sorti Jésus selon la chair. « L’enfant fut enlevé vers Dieu et vers son trône » (12.5) ; cela rappelle son ascension. L’apôtre Paul utilise le même verbe – enlever – pour parler de la rencontre des croyants avec Jésus au Dernier Jour (1 Th 4.17).
  • Comme il n’a pas pu empêcher l’intronisation de Jésus-Christ (15.7-19), le diable dirige maintenant sa fureur contre l’Eglise dans le monde (12.9+15+17). Il a trouvé des alliés dans les empereurs romains persécuteurs (12.3-8) qui avaient projeté d’exterminer les chrétiens (13.11). Depuis lors, bien des puissances de ce monde ont toujours à nouveau essayé de faire de même.
  • « La bête montée de la mer » (13.1-9) avait déjà été décrite en différentes images par Daniel (Dn 7.3-7). Là-bas quatre bêtes symbolisaient quatre puissances brutales et bestiales. Ici, dans l’Apocalypse, une seule bête concentre les traits des quatre bêtes de Daniel. Les « sept têtes » et les « dix cornes » (13.1) correspondraient, selon l’avis de certains théologiens, aux empereurs romains d’Auguste au temps des Actes des Apôtres. Le culte rendu à l’empereur était le principe fondateur de la politique impériale : il devait unir les peuples et les cultures extrêmement variées dans l’empire. C’est justement cela qui a provoqué le choc entre la foi chrétienne et Rome. La confession de foi « L’empereur est seigneur ! » était du blasphème pour les chrétiens qui confessaient, eux : « Jésus-Christ est le Seigneur ! » (Ph 2.11)
    Certains voient dans « l’une de ses têtes comme blessée à mort » mais ensuite « guérie » (13.3) une allusion au mythe très répandu à l’époque que Néron serait revenu à la vie. Il est vrai que sa méchanceté et son impiété a régulièrement repris vie dans ceux qui l’ont imité depuis lors.
  • « La bête montée de la terre » (13.11-17) est parfois comprise comme symbolisant le culte impérial en liaison avec la sorcellerie et les « miracles » des cultes asiatiques.
  • « Le nombre de la bête […] est 666) ». (13.18). Ce nombre a donné lieu à une infinité de spéculations. Aucune ne peut affirmer donner la bonne solution. Tenez, un exemple : il y en a qui pensent qu’il faudrait reconnaître l’empereur Néron dans cette bête. Son nom latin et les chiffres de ses différentes lettres donneraient N (50) + e (6) + r (500) + o (60) + n (50) = 666 !

25. L’Agneau et les rachetés (Ap 14)

  • Pour les croyants, la terreur se transforme en triomphe, les soucis en chants de louange, les larmes en diamants, les blessures en couronnes (14.1-3).
  • Les « vierges » (14.4) sont ceux qui n’ont pas commis l’adultère spirituel, qui n’ont pas eu de relations avec les idoles (Ex 34.15 ; Dt 31.16 ; Os 9.
  • « Un ange avait un Evangile éternel pour l’annoncer aux habitants de la terre » au milieu du jugement (14.6-7). Aussi longtemps que nous avons
    l’Evangile, la Bonne Nouvelle du salut gratuit en Jésus-Christ, nous avons de l’espoir, nous sommes réconfortés. Le jugement prononcé contre Rome
    (14.8) l’est dans des termes analogues à celui contre Babylone (Es 21.9 ; Jr 51.8).
  • Le Christ ressuscité assemble les siens dans la gloire (14.12-13). L’ange vengeur réunit les impies pour leur condamnation. Les martyrs « vaincus » se retrouvent finalement vainqueurs, alors que les ennemis « vainqueurs » se retrouvent vaincus (14.9-11)
  • La « moisson » et la « vendange » « de la colère de Dieu » et de ses jugements (14.14-20) auraient pu s’arrêter ici, mais il reste bien davantage à rapporter :

26. La 5ème vision (Ap 15 – 16)

les tourments des derniers temps et le dernier combat entre le Christ et l’Antichrist, combat qui débouche sur l’éternité.

27. « Les sept coupes de la colère de Dieu » (Ap 16)

  • « Les sept coupes de la colère de Dieu » et de ses terreurs sont déversées sur la terre entière. En cela elles se distinguent nettement des indications du chapitre 8 où il est dit que les terreurs sont limitées par les sons des trompettes. Maintenant tout « s’écroule » sous les coups des catastrophes naturelles lancés par « la colère de Dieu » (16.1) en vagues
    successives contre ceux qui se sont moqués de lui et l’ont rejeté. « C’est fait ! » lança une voix forte lorsque « la coupe du vin de l’ardente colère de Dieu » fut déversée (16.17+19). Avec la régularité d’un métronome, les catastrophes naturelles se répètent depuis la chute dans le péché. Ce ne sont que des préludes de la fin. Elles deviennent de plus en plus fortes au fur et à mesure qu’on s’approche de la fin (Mt 24.6-8).
  • Les hommes continuent à s’opposer à Dieu, à « blasphémer le nom de Dieu » et à « ne pas se repentir » (16.9+11+21). Ils montrent par là que ni la bonté de Dieu ni sa sévérité (Rm 11.22) les amène à se tourner vers lui avec repentance et foi. Quand tout va bien, ils ignorent Dieu et considèrent ses bénédictions comme normales ; et quand cela va
    mal, ils le blasphèment.
  • « Le prétendu prophète » (littéralement : « pseudo prophète », 16.13) est mis au même plan que « la bête » (13.13ss ; 16.13-16 ; 19.20 ; 20.10). Ils symbolisent l’ensemble des prêtres païens, des fonctionnaires d’Etat, des magiciens et des sorciers qui se sont alliés à la bête de la mer pour écraser l’Eglise.
  • « Harmaguédon » (16.16) (littéralement, « montagne de Meguiddo » entre Jaffa et Tibériade de Galilée) est le nom donné à la dernière grande
    bataille entre Dieu et les ennemis de ce monde. « Harmaguédon » est un nom fortement ancré dans la mémoire des Juifs (Jg 5.19-21 ; 2R 9.27 ;
    23.29ss ; Za 12.11), un nom qui indique qu’il y aura une bataille décisive.

28. La 6ème vision (Ap 17 – 20)

  • Les figures principales sont « la femme » et « la bête ». La « femme ivre du sang des saints, du sang des témoins de Jésus » (17.6) la femme repue du carnage des chrétiens, c’est Rome, la ville aux « sept montagnes » (17.9). « La bête », c’est l’empire romain rempli de cultes idolâtres, un empire qui a trouvé ses semblables et en trouvera jusqu’à la fin du monde.
  • Les versets 10 et 11 contiennent une des devinettes de l’Apocalypse. Si on essaye de démêler le mystère de la bête au chapitre 13, on pourrait dire que « les sept têtes de la bête » sont des empereurs romains. « La bête blessée » puis « guérie » (13.3) serait alors une allusion au mythe répandu dans l’empire du Néron « ressuscité » (voir sous 24.e).
    « La bête » qui « existait, qui n’existe plus et qui est le huitième » (17.8 et 11) serait l’empereur Domitien, un véritable satan, un pire que Néron.
    « Les dix cornes » sont dix rois qui commencent par servir la bête pour, finalement, la détruire (17.15-17). Ce faisant ils accomplissent le plan de Dieu sans le savoir ni le vouloir. On voit ainsi même des gens qui s’opposent à Dieu aider à atteindre ses buts et à se détruire finalement eux-mêmes.

29. Babylone sera jetée à bas (Ap 18)

  • Nous sommes, là, en présence d’un « chant du jugement » contre le royaume renversé, un chant de jugement comme il y en a chez les prophètes, par ex. en Es 13.19-22 ; Jr 51.37 (Babylone) ; So 2.13-
    15 (Ninive) ; Es 34.11-15 (Edom).
  • L’effondrement de la plus grande ville de l’Antiquité illustre le destin d’une civilisation qui vit en tension continuelle avec Dieu (18.21-24 ; cf. Es 60.12). « La démesure de son luxe » (18.3) et sa « fierté » outrancière (18.7), « ces richesses et ces splendeurs » (18.14), mais aussi son « immoralité », y compris la « prostitution » (18.3+9), n’ont peut-être jamais été plus grands ailleurs. Des rois (18.9-10), des marchands (18.11-16) et des capitaines de navires (18.17-19) pleurent et se lamentent à cause de la perte de leurs profits.
  • « Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin de ne pas vous associer à ses péchés […] » (18.4). Au milieu de l’agitation fébrile du monde, nous devons être un peuple à part de saints (Jr 51.45 ; 2 Co 6.14ss).

30. Louange et noces de l’Agneau, victoire sur la bête et le prétendu prophète (Ap 19)

  • Des chaleureux « alléluias ! » retentissent au ciel (19.1-6). « Alléluia ! » signifie : « Dieu soit loué ! ».
  • L’époux (« l’Agneau », Christ) appelle son épouse (l’Eglise) – (19.7-10). Jésus et les siens sont liés par l’amour ; entre eux existe une profonde communion, joie et fidélité (Os 2.19ss ; Ez 16 ; 2 Co 11.2).
  • Jésus-Christ est à considérer comme le vainqueur absolu qui chevauche un cheval blanc (19.11-16). Son nom est « Fidèle et Véritable » (19.11), « Roi des rois et Seigneur des seigneurs », le véritable Seigneur de l’univers (19.16), « Parole de Dieu » (19.13).
    La Parole divine est plus qu’un témoignage ou qu’un rapport sur le compte du Christ : elle est réellement la proclamation et la révélation (apocalypse !) de sa grâce et de ses jugements (19.13+15)
  • La terrible image des oiseaux s’acharnant sur les cadavres (19.17-18) est prise du prophète Ezéchiel (Ez 39.17-20) et souligne la défaite et la destruction totales et définitives.

31. (Ap 20)

  • « 1000 ans » (20.2+4+7) est l’expression d’un très grand nombre d’années ou d’une période très longue (voir Jb 9.3 ; Ps 50.10). Ici cela représente le temps de l’Eglise du Nouveau Testament (de la première Pentecôte au Jugement Dernier).
    On fait violence au texte si on interprète subitement à cet endroit le symbole numérique littéralement et si on va jusqu’à en extirper un « règne de 1000 ans de Christ sur terre ».
  • « Satan sera relâché » (20.3+7) indique qu’il y aura une période de lourdes épreuves pour les croyants. Mais à travers ces terribles tensions et oppressions, la foi sortira purifiée et affermie.
  • « Gog et Magog » (20.8) désignent les forces hostiles qui s’élèvent contre Dieu (Ez 38 et 39).
  • Le Jugement Dernier inversera définitivement les verdicts de ce monde. Le monde a rejeté les chrétiens : maintenant ils voient que leurs noms sont inscrits dans « le livre de vie » (20.12).
    « La première résurrection » (20.5), c’est la régénération, la « nouvelle naissance d’eau et d’Esprit » (Jn 3.1-5).
    « La seconde mort » (20.14 ; 21.8) correspond au dernier verdict de Dieu, verdict sans appel, à l’encontre de ceux qui ont méprisé les efforts qu’il a déployés dans sa grâce pour les sauver de la « première mort », celle de l’incrédulité, la mort spirituelle dans cette vie (Ep 2.1 ; 5.14).
  • Le mystère du Jugement de Dieu sur la mort et l’enfer dépasse les limites de ce que nous pouvons comprendre : « la mort […] est jetée dans […] la seconde mort ! » (20.14) Ne demeure que la majesté glorieuse de la vie en Dieu (1 Co 15.23-28)

32. La 7ème vision :un nouveau ciel et une nouvelle terre ; la nouvelle Jérusalem (Ap 21).

  • « Un nouveau ciel et une nouvelle terre » (21.1) : Dieu établit un nouveau monde, un nouvel ordonnancement des choses. Le paradis initialement prévu a été rétabli. « Voici que je fais toutes choses nouvelles » (20.15) : « un nom nouveau » (2.17 ; 3.12), « un cantique nouveau » (5.9 ; 14.3), « une nouvelle terre » (21.1), « la nouvelle Jérusalem » (21.2). C’était là déjà une promesse importante dans
    l’Ancien Testament (Es 65.17 ; 66.22 ; 60.11-22).
  • « La nouvelle Jérusalem » (21.2-4 ; 21.9-27) est d’une beauté indescriptible. Sa magnificence est exprimée à l’aide de pierres précieuses, à l’époque extrêmement chères. Chaque porte est une perle,
    symbole du Christ, « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14.6), la perle étant la seule pierre précieuse qui soit finie et prête et qui n’ait pas besoin d’être taillée. L’éclat de la perle, le brillant de l’or, les lumières scintillantes des pierres précieuses et la clarté cristalline expriment la gloire et la magnificence de « la nouvelle Jérusalem ». Cependant tout cela est sur-
    passé de loin par la présence de « la gloire de Dieu » et de sa grâce éternelle (21.3-4+7-8+11+23).

33. Dernières paroles d’encouragement (Ap 22)

  • Le Paradis est rétabli. « Le fleuve d’eau de la vie, limpide comme du cristal, sort du trône de Dieu et de l’Agneau, » source et mystère de toute vie (Ap 22.1 ; voir aussi Jn 1.4 ; 7.37).
  • « Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre ! » (22.7). C’est là l’expression du souci pastoral qui transparait tout au long du livre de l’Apocalypse. Béni est celui qui accepte avec confiance la proclamation de ce livre. L’Apocalypse insiste sur le fait que tous ceux qui falsifient ou rejettent en tout ou en partie son contenu, mettent leur espérance de la vie éternelle en danger (20.18-19).
  • Le verset 11 était le mot d’ordre des martyrs, comme on peut le lire dans leurs lettres. Chacun sera fidèle à sa conviction. Sa vie montre ce qu’est une personne.

34. Que pouvons-nous retirer de ce livre pour notre vie personnelle ?

  • Jean, à qui il a été donné, sur l’île de Patmos, de pouvoir jeter un regard dans les coulisses de l’histoire du monde, est l’un des nôtres. En esprit, nous nous tenons à côté de lui. Ce qu’il dit ne peut être compris que par la foi en Jésus-Christ : alors nous voyons ce qu’il a vu et croyons ce qu’il a cru.
  • Plus l’histoire du monde se rapproche de sa fin, et plus la lutte – aussi vieille que le monde – entre Satan et Dieu s’intensifie.
  • Dieu demeurera vainqueur, et avec lui tous ceux qui croient en l’oeuvre expiatoire de son Fils. C’est maintenant l’heure du « pouvoir des ténèbres » (Lc 22.53), mais l’éternité n’appartient qu’à Dieu.
  • « Oui, je viens bientôt ! » (22.20), voilà vers quoi nous tendons, voilà ce que nous attendons ; c’est ce qui anime notre foi. La foi en notre Seigneur Jésus-Christ mort, ressuscité, régnant et revenant bientôt, voilà le mystère de notre confiance, de notre joie et de notre espérance.

d’après C. W. Berner,
« Journey through the Bible: Apocalypse »

Apocalypse – Révélation

1. Quel est le contenu de « l’Apocalypse de Jean » (Ap) ?

L’Ap contient un message, une « révélation de Jésus-
Christ » (Ap 1.1)

2. Que signifie « Apocalypse » ?

Tous les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament ont été « inspirés de Dieu » (2 Tim 3.16) et nous « révèlent » sa volonté et son intervention miséricordieuse pour le salut
de l’humanité. Ce livre tient son nom du premier mot qui y apparaît dans
(apokalupsis), et le texte grec original, signifie en français « révélation » (Ap. 1.1) : Le Seigneur Jésus-Christ « révèle » ou « dé – voile » (apo – kalupsis) le
devenir de son Eglise dans le monde jusqu’à la fin des
temps.

3. Ce livre a-t-il une signification particulière ?

Avec l’Ap, nous sommes en présence du dernier message que le Christ élevé en gloire adresse à son Eglise. Il nous y demande de vivre dans l’état d’esprit et de la façon décrits
dans ce livre. Il stimule notre effort pour atteindre le but ultime qui puisse exister pour nous.

4. Quel est le message central de ce livre ?

Remarquez Ap 1.7 : « Le voici qui vient avec les nuées. Tout œil le verra. » Jésus-Christ va revenir, revêtu du manteau royal du Royaume de Dieu et du gouvernement de
toutes choses. A l’heure de son triomphe il justifiera les siens et les introduira dans sa nouvelle création. Il mettra fin au mal et fera exclusivement régner le droit et la justice.

5. Pourquoi doit-on étudier « l’Apocalypse de Jean » ?

Dieu nous adresse sept béatitudes dans l’Ap. Deux d’entre elles sont pratiquement identiques :
« Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce
livre ! » (22.7) et
« Heureux celui qui lit et ceux qui écoutent les paroles de la prophétie et gardent ce qui s’y trouve écrit ! »(1.3)
Voici les cinq autres :
« Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur, et ce dès maintenant ! Oui, dit l’Esprit, ainsi ils se reposent de leurs travaux, mais leurs œuvres les suivent. » (14.13)
« Heureux celui qui reste vigilant et qui garde ses vêtements, afin de ne pas marcher nu et de ne pas laisser voir sa honte ! » (16.15)
« Heureux ceux qui sont invités au festin des noces de l’Agneau ! » (19.9)
« Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection ! La seconde mort n’a pas de pouvoir sur eux, mais ils seront prêtres de Dieu et de Christ et ils régneront avec lui pendant 1000 ans. » (20.6)
« Heureux ceux qui lavent leur robe : ils auront droit à l’arbre de vie et pourront entrer par les portes dans la ville ! » (22.14)

6. Quel est le but de cette étude ?

Notre attention, nos désirs et notre espérance sont dirigés vers un événement d’importance exceptionnelle : le retour du Christ. L’Ap poursuit une préoccupation pastorale : elle veut maintenir vivante en nous l’attente de l’accomplissement de la promesse trois fois répétée du Christ : « Voici, je viens bientôt ! » (2.5 ; 3.11 ; 22.20)
Les chants du temps de l’Avent – ou ceux de la fin des temps – se prêtent très bien pour accompagner cette étude.

7. Comment le Christ nous est-il présenté dans « l’Apocalypse » ?

Ailleurs dans le Nouveau Testament, nous ne trouvons pas de parallèles pour la façon particulière avec laquelle la grandeur et la majesté divines sont ici attribuées au
Seigneur Jésus. C’est comme si ce dernier livre de la Bible écartait le rideau pour nous faire voir le Seigneur dans sa gloire céleste après son ascension. Son visage resplendit comme le soleil, ses cheveux sont blancs comme neige, ses pieds ressemblent à du bronze incandescent, « sa voix ressemblait au bruit de grandes eaux » (Ap 1.14-16).
Il est

  • « l’Alpha et l’Oméga » , le début et la fin de l’alphabet grec, autrement dit, il est le contenu de toute la révélation divine (1.8) ;
  • « le premier et le dernier » (2.8), l’éternel ;
  • « celui qui est, qui était et qui vient » (1.8), l’éternel ;
  • « le premier-né d’entre les morts » (1.5) ;
  • « le rejeton de la racine de David et son descendant »
    (22.16) ;
  • « l’étoile brillante du matin » (22.16) ;
  • « le lion de la tribu de Juda » (5.5).

Notre Seigneur se trouve ici révélé dans sa majesté d’une
manière qui dépasse toute compréhension humaine.

8. Qu’est-il dit des chrétiens dans « l’Apocalypse » ?

Dans l’Ap, Dieu donne des noms honorifiques étonnants
aux croyants.

  • Ils sont « un royaume, des prêtres pour Dieu » (Ap 1.6)
  • Ils sont destinés à la vie éternelle dans la gloire sans pareille du monde nouveau (3.12).
  • Ils recevront à « manger du fruit de l’arbre de vie, qui est dans le paradis de Dieu » (2.7).
  • Ils recevront « la couronne de vie » (2.10).
  • Ils seront « habillés de vêtements blancs » (3.5), immaculés ; tout péché sera absent.
  • Ils seront des « piliers dans le temple de Dieu » (3.12).
  • Ils s’assiéront avec Jésus sur son trône pour régner avec lui (3.21)

L’Ap cite encore bien d’autres honneurs et titres de gloire
de ceux qui sont trouvés « inscrits dans le livre de vie »
(20.12-16)

9. L’Eglise avait-elle besoin de ce livre ?

Sans aucun doute. L’Empire romain avait d’abord protégé les chrétiens (voir Ac 22.24-29). Ensuite il s’en est pris à eux et les a persécutés. Deux puissances s’affrontaient, une spirituelle (l’Eglise de Jésus-Christ) et une politique (l’Empire romain), elle-même manipulée par une puissance démoniaque : Satan. En apparence, l’Empire était le plus
puissant. Mais l’apôtre Jean a eu la vision (Ap 1.2+9-12) de l’affrontement décisif du Christ et de l’Antéchrist et de la victoire définitive du premier sur le second. C’est là d’un
grand réconfort au milieu des épreuves de l’Eglise et des croyants.

10. Existe-t-il une « clé » pour comprendre ce livre ?

On peut attribuer pratiquement toutes les images ou symboles et pratiquement chaque verset soit à Christ soit à l’Antéchrist. Si nous tenons compte de cela, nous serons
en mesure de faire la part des choses dans le développement de ce livre parfois difficile à comprendre. Cette « clé » ouvre toutes les portes, même si certains passages demeurent des mystères. Les chrétiens souffrants et persécutés triompheront, en fin de compte, avec Christ. Tous les plans diaboliques de Satan vont finalement échouer malgré quelques réussites passagères.

11. Pourquoi cet avenir nous est-il « révélé », « dévoilé » ?

Dans ce qu’on appelle parfois « la petite révélation », « la petite apocalypse » (Mt 24.3-51), donc avant sa résurrection et son ascension, Jésus avait prédit aux siens ce qui
les attendait. Ici il donne une description plus précise et plus détaillée des événements à venir. C’est de l’histoire du futur. Elle n’est pas faite pour choquer les croyants, mais
pour les prévenir et les préparer, pour les avertir à temps et les armer, pour que nous ne soyons pas envahis par le pessimisme et le défaitisme.

12. Que signifient ces nombreux symboles ?

Un symbole est un signe caractéristique. Il exprime quelque chose qui dépasse les sens. Les chrétiens ressemblaient à un îlot au milieu de l’océan païen. Même s’ils l’avaient voulu, ils n’auraient pas pu construire au vu et au su de tous des églises pour rendre un culte au Seigneur, ou pour organiser des fêtes publiques en son honneur. Ils ont
donc recouru à des symboles et à des images poétiques, artistiques pour exprimer la grandeur et la majesté de Dieu et de son Fils.

Sur « l’écran littéraire » de l’Ap, Jésus est décrit parfois comme marchant au milieu des siens, parfois comme étant assis sur son trône céleste, parfois encore comme chevauchant vers la victoire. Mais cette peinture faite de symboles nous montre aussi la
haine féroce, les menaces terribles et le destin fixé d’avance (la défaite définitive et éternelle) du paganisme et de l’Antéchrist.

13. Quels symboles y trouvons-nous ?

La variété riche et dramatique des symboles a trait au

  • Monde animal :
    • a. des chevaux (blanc, rouge, noir, verdâtre) (6.1-8),
    • b. un agneau (5.6-13 ; 6.1+16 ; 7.9-17 ; 12.11 ; 13.8-11 ; 14.1-10 ; 15.3 ; 17.4 ; 19.7-9 ; 21.9-14+22-27 ; 22.1-3),
    • c. un veau (4.7),
    • d. un lion (4.7 ; 5.5 ; 9.8+17 ; 10.3 ; 13.2),
    • e. un ours (13.2),
    • f. un léopard (13.2),
    • g. des sauterelles (9.3-7),
    • h. un scorpion (9.3-10),
    • i. une grenouille (16.13),
    • j. un aigle (4.7 ; 8.13 ; 12.14),
  • Monde végétal :
    • a. arbres (2.7 ; 22.14+19 ; 7.1-3 ; 8.7),
    • b. herbe (8.7 ; 9.4),
    • c. moisson (14.16),
    • d. vendange (14.19) ;
  • Monde minéral (une douzaine de pierres précieuses, dont) :
    • a. perle (17.4 : 18.12+16 ; 21.21),
    • b. chalcédoine (21.19),
    • c. saphir (21.19),
    • d. jaspe (21.19)
    • e. émeraude (4.3 ; 21.19)
    • f. sardonyx (21.20),
    • g. sardoine (21.20),
    • h. chrysolithe (21.20)
    • i. béryl (21.20)
    • j. topaze (21.20)
    • k. chrysoprase (21.20)
    • l. hyacinthe (21.20)
    • m. améthyste (21.20)
  • Des scènes célestes :
    • a. la salle du trône de Christ (1.4 ; 7.1-17 ; 22.1-3),
    • b. la ville sainte (11.2 ; 21.2+10 ; 22.19),
    • c. la nouvelle Jérusalem (3.12 ; 21.2)
    • d. les chœurs des anges (5.11 ; 7.11),
    • e. les cantiques des rachetés (7),
    • f. la mariée parée pour l’époux (21.2),
    • g. le repas de noces de l’Agneau (19.7-9) ;
  • des apparitions extrêmement impressionnantes :
    • a. le tonnerre (4.5 ; 8.5 ; 10.3 ; 10.4 ; 11.19 ; 14.2 ; 16.18 ; 19.6),
    • b. l’éclair (4.5 ; 8.5 ; 11.19 ; 16.18),
    • c. la grêle (8.7 ; 11.19 ; 16.21),
    • d. des catastrophes maritimes (18.21),
    • e. des tremblements de terre (6.12 ; 8.5 ; 11.13+9 ; 16.18),
    • f. le feu (9.18 ; 16.8)

14. Pouvons-nous comprendre tous ces symboles ?

Non, mais ce n’est pas important. Des symboles ne sont pas des descriptions exactes. Ils sont là pour donner des impressions. Même si nous ne comprenons pas chaque détail, nous pouvons cependant, sans problème, comprendre l’intention générale, l’information globale. Il en va comme de la peinture et de la musique : nous ne percevons pas chaque trait ou chaque son individuellement ; et cependant nous pouvons l’estimer, la ressentir, la « sentir ».

Ainsi – pour prendre un exemple – la première vision est expliquée globalement, mais non pas dans le détail (Ap. 1.20 ; voir aussi 4.5 ; 5.6 ; 12.9 ; 17.9 ; 12.15). Si on renonce à relier les images non expliquées avec une idée précise, cela ne réduit en rien la valeur de ce livre biblique.

15. Y a-t-il certains dangers à expliquer les symboles ?

L’histoire montre que certains ont parfois essayé de spéculer pour découvrir ce qui se trouvait derrière certains détails mystérieux. Résultat : l’homme lit ses propres représentations ou expériences dans les symboles de l’Ap et s’égare ainsi dans des interprétations dangereuses. Ce livre est devenu, malheureusement, le terrain de prédilection de toutes sortes d’illuminés qui ont relié les symboles avec leur imagination parfois maladive.

16. Comment peut-on se prémunir contre ces errements ?

En veillant à ne pas expliquer la Bible à partir des symboles, mais les symboles à partir de passages bibliques dont le sens est clair. Pour bien comprendre l’Ap, il faut bien
connaître la Bible. Celui qui connaît mal la Bible deviendra la victime d’affirmations de sectes et construit plus sur des affirmations invérifiables que sur Jésus-Christ.
Il est déjà important, en général, de lire la Bible en demandant au Saint-Esprit, à « l’Esprit de la vérité », de nous « conduire dans toute la vérité » (Jn 16.13). Cela est tout particulièrement vrai pour l’étude de ce livre biblique.

17. Que faut-il penser des chiffres et des nombres dans « l’Apocalypse » ?

Les chiffres et les nombres sont des moyens pour se faire comprendre. Aujourd’hui il arrive encore d’utiliser les lettres de l’alphabet latin pour désigner des chiffres et des nombres. I = 1, V = 5, L = 50, C = 100, D = 500, M = 1000, etc.

Le procédé de l’Apocalypse est un peu pareil.

  • « 7 » représente la perfection (54 fois dans l’Ap).
  • « 12 » (ou un multiple de 12) arrive en deuxième position (23 fois) et se réfère toujours à l’Eglise.
  • « 10 » (ou un de ses multiples) désigne la grandeur, l’immensité.
  • « 1000 » désigne une durée qui s’étend sur beaucoup de générations, au point de ne pas être connu.

Les chiffres suivants apparaissent dans Ap (les références
ne sont pas toutes indiquées) :

  • 2 (1.16 ; 9.12 ; 11.3-4+10 ; 12.14 ; 13.11) ;
  • 3 (6.6 ; 8.13 ; 9.18 ; 16.13+19 ; 21.13) ;
  • 3.5 (11.9-11)
  • 4 (4.6 ; 7.1 ; 9.13-14 ; 20.8) ;
  • 5 (9.5 ; 17.10);
  • 6 (4.8) ;
  • 7 (30 fois, dont 1.4+12+16+20 ; 3.1 ; 5.1+6 ; 8.2 ; 10.3 ; 12.3 ; 15.1+7 ; 17.9) ;
  • 10 (2.10 ; 12.3 ; 13.1 ; 17.12) ;
  • 12 (7.5-8 ; 12.1 ; 21.12-21 ; 22.2)
  • 24 (4.4+10 ; 5.8 ; 11.16 ; 19.4) ;
  • 42 (11.2 ; 13.5) ;
  • 144 (21.17)
  • 666 (13.8) ;
  • 1 000 (20.2-7) ;
  • 1 260 (11.3 ; 12.6) ;
  • 1 600 (14.20) ;
  • 7 000 (11.13) ;
  • 12 000 (7.5-8 ; 21.16) ;
  • 144 000 (7.4 ; 14.1-3) ;
  • 100 000 000 (5.11) ;
  • 200 000 000 (9.16),
  • 1 000 000 000 ;
  • 1 000 000 000 000 (5.11).

Ces chiffres et ces nombres représentent des concepts spécifiques ou des représentations particulières : nous ne pouvons donc y voir dans tous les cas des indications exactes de temps, de lieu ou de compositions exactes de certains groupes.

18. Quel est le Plan de «l’Apocalypse de Jean» ?

L’Ap contient sept « visions », chacune se décomposant en sept parties.

  • 1) les « lettres aux sept Eglises » (1 – 3)
  • 2) les « sept sceaux » (4 – 7)
  • 3) les « sept trompettes » (8 – 11)
  • 4) les « sept êtres vivants » (12 – 14)
    • a) la femme enceinte
    • b) le dragon rouge
    • c) le Fils de l’homme
    • d) Michel
    • e) la bête de la mer
    • f) l’ange avec l’Evangile éternel
  • 5) les « sept coupes d’or » de la colère de Dieu (15 – 16)
  • 6) les « sept jugements » (17 – 20) contre
    • a) l’idolâtrie de la grande prostituée(17)
    • b) les puissances économiques de Rome (18)
    • c) les puissances politiques corrompues (19.11-19)
    • d) la bête et les faux prophètes (19.20 -* 20.6)
    • e) les nations (20.7-9)
    • f) Satan (20.10)
    • g) la mort et l’enfer (20.13-15)
  • 7) les « sept choses nouvelles » (21 – 22)

19. La 1ère vision (Ap 1 – 3)

On y assiste à l’évaluation des « sept églises » d’Asie Mineure. Le Seigneur loue ce qui s’y trouve de bien, mais il signale et condamne aussi ce qu’il y a de mauvais et indique comment y mettre fin. Ephèse connaît une vie chrétienne active, mais l’amour chrétien décline. Smyrne et Philadelphie sont persécutées par des Juifs hostiles. A Pergame et à Thyatire, les problèmes sont provoqués par les Nicolaïtes qui prônent une attitude laxiste et faite de compromis. Sardes s’est endormie, Laodicée est imbue d’elle-même.

Nous découvrons : le véritable danger pour l’Eglise, ce n’est pas l’impiété du monde, mais ses propres faiblesses.

20. La 2ème vision (Ap 4 – 7)

Elle révèle la véritable Majesté et l’adoration que lui apporte l’armée des cieux : « l’Agneau » qui a « racheté par son sang des hommes de toute nation » « est seul digne »
d’ouvrir le livre fermé de sept sceaux (5.9).

« Les quatre êtres vivants » autour du trône (4.6-8) représentent des agents de la Providence divine, sans doute des anges (Ez 1.5-10 ; 10.20 ; Es 6.2ss).
L’ouverture des « sept sceaux » par l’Agneau de Dieu déclenche :

  • le premier : la conquête par la Parole ;
  • le second : la guerre ;
  • le troisième : la famine ;
  • le quatrième : la mort ;
  • le cinquième : le cri des martyrs dans le ciel ;
  • le sixième : la terrible colère de l’Agneau de Dieu ;
  • le septième : le grand calme dans les cieux où les prières du peuple de Dieu se mêlent à l’action du Tout-Puissant.

Nous apprenons : Tous ceux qui portent le sceau de Dieu sont protégés par lui, protégés de l’implacable colère (7.3-8). Les croyants ressemblent à une montre qui continue aussi à fonctionner au milieu du plus virulent des orages. Voyez à ce sujet les passages parallèles suivants : Ps 46 ; 2 Tm 1.12 ; 2 Tm 2.19 ; Jn 10.28.

d’après C. W. Berner « Journey through the Bible : Apocalypse»

Quand et comment Saul de Tarse a-t-il été converti à Jésus-Christ

Lire préalablement Ac 9.1-22.

Fin janvier – le 25, pour être précis –
l’Eglise a coutume de commémorer l’in-
tervention divine pour convertir Saul de
Tarse, futur apôtre Paul. Les idées répan-
dues à ce sujet sont-elle bien claires et,
surtout, correspondent-elles toujours à
ce qu’en dit l’Ecriture Sainte ?

1

On a parfois l’impression que bien des
gens considèrent que la conversion de
Saul, c’est ce qui s’est passé sur le che-
min de Damas. Non. A ce moment, il ne
savait même pas ce qui lui arrivait et qui
était celui qui s’adressait à lui (Ac 9.5).
A ce moment il a été désarçonné – au
sens propre comme au sens figuré – par
Jésus pour pouvoir être amené au
contact de l’Evangile.
Chez Saul aussi la conversion à Jésus-
Christ a été produite par l’Evangile et
non pas par le miracle sur la route de
Damas. Aucun miracle ne convertit
(Lc16.31).
Il a fallu qu’Ananias l’instruise et – un
peu comme Aquilas et Priscille l’ont fait
avec le spécialiste de l’AT qu’était
Apollos (Ac 18.24-26) – il a fallu
qu’Ananias « démontre » à Paul « par les
Ecritures [de l’Ancien Testament qu’il
connaissait bien en tant que rabbin] que
Jésus est le Christ » (Ac 18.28), « que
Jésus est le Fils de Dieu » (Ac 9.20).
Le lent et profond travail de préparation
à la conversion avait commencé bien
avant déjà, avec l’étude de l’Ancien
Testament dont Paul connaissait les tex-
tes par coeur, entre autre ceux des pro-
phéties messianiques, mais il ne les com-
prenait pas encore correctement. C’est
l’Evangile annoncé par Ananias à Saul de
Tarse qui a produit cette conversion et
adhésion à Jésus de Nazareth comme
étant le Sauveur promis.
A lire certains auteurs, on a l’impression
que la conversion était une opération
irrésistible de Dieu sans qu’il n’utilise
l’Evangile comme moyen de grâce,
comme si c’était une intervention directe

et immédiate de Dieu sans utilisation de
l’Evangile. C’est là la position de ceux
que les « Confessions Luthériennes »
appellent les « enthousiastes », entre
autre de Zwingli. L’Ecriture enseigne tout
le contraire.
Que ce soit Jésus lui-même ou ses apô-
tres, tous indiquent que la conversion
est produite par le témoignage des
croyants (Jn 17.20), « par l’Evangile »
(1 Co 4.15), « par la parole vivante et
permanente de Dieu » (1P1.23)
Il est trompeur d’affirmer que Dieu a
le pouvoir de terrasser et de convertir
n’importe qui. Il en a sans doute le
pouvoir, mais il a choisi d’y renoncer.
Il ne veut pas imposer sa grâce et son
salut. La seule « puissance » qu’il utili-
se pour cela, c’est « l’Evangile » (Rm
1.16 ; 10.14), et on peut s’opposer et
résister à cette action sanctifiante et
régénératrice de Dieu, même à l’épo-
que où Jésus lui-même l’annonçait
(Mt 23.37).

2

Ce qui est arrivé à Saul de Tarse doit
nous inciter à prier pour que les
incroyants, particulièrement ceux qui
nous sont proches, soient convertis
comme Saul l’a été. Mais là aussi, ne
devenons ni théoriques ni abstraits.
Là aussi, ne faisons pas de la prière un
moyen de grâce, un moyen qui à lui seul
pourrait amener la conversion de quel-
qu’un. Prier pour la conversion, cela
signifie prier pour que Dieu amène ces
proches au contact de l’Evangile du
Christ (seul moyen de conversion), cela
signifie aussi : prier pour que nous puis-
sions être mis nous-mêmes en situation
de leur apporter l’Evangile (nous, à qui
Dieu a remis cet outil de conversion
entre les mains).
Une prière « décharnée » est-elle sérieu-
se ? Autrement dit : une prière qui se
désengage, une prière qui n’a pas sa
contrepartie dans la vie de témoin, est-
elle honnête ou est-ce un moyen facile
de se donner bonne conscience ?
Bien évidemment, nous avons besoin
d’être exhortés à prier pour la conversion
des incroyants. Mais en même temps, il
faut nous rappeler de mettre notre vie
en harmonie avec une telle prière ; lier la
prière pour la conversion à une attitude
de témoin, de pratiquant du seul instru-
ment de conversion, l’Evangile.
Le récit de la conversion de Paul com-
porte l’exemple d’Ananias, bel exemple
de quelqu’un qui a dû surmonter sa réti-
cence à témoigner de Jésus-Christ dans
un contexte qu’il croyait hostile.
Un grand théologien du 16ème siècle,
Martin Chemnitz, a écrit : « La Confes-
sion d’Augsbourg tance avec force ceux
qui recherchent ou enseignent de recher-
cher la réconciliation avec Dieu et le par-
don des péchés indépendamment du
service de la Parole et des sacrements. »
La prière à elle seule n’est pas un moyen
de grâce.

Lumière dans la nuit

Amis,

J’espère que c’est avec joie, et peut-être aussi soulagement, que vous retrouvez Amitiés
Luthériennes après une année d’éclipse. C’est en tous cas un soulagement pour l’équipe de
L’Heure Luthérienne en France de vous offrir à nouveau ce service, et une joie de voir notre
magazine reparaître.

Il y a longtemps que j’avais choisi pour sa couverture l’image d’un phare dans la nuit : s’il n’est pas dans la tempête, les eaux qui le baignent sont mouvantes, floues. Il en a été ainsi pour nous cette année où nos ressources bénévoles se sont réduites au point d’interrompre la
publication d’Amitiés Luthériennes : une année de navigation à vue, sur une mer formée, sans savoir quand nous mènerions la barque à bon port, mais toujours avec espoir à cause de la foi
en Dieu qui est lumière, en sa Parole qui est une lumière sur notre chemin. Voici donc, au bout
d’un an, la petite lumière de ce magazine fait de témoignages fondés sur la Parole de Dieu.
Une lumière dans la nuit, c’est au coeur de la symbolique de Noël, de la naissance de Jésus qui
est la lumière venue dans les ténèbres à l’étoile qui annonce sa naissance et guide les mages :
inspirée, Louise Fortmann nous a confié l’histoire d’un Noël qui ne finit qu’avec le mois de
Janvier !

De navigation, il en est aussi question avec le « GPS » infaillible qu’Edgar Ludwig préconise en
ce début d’année où nous sommes plus volontiers tournés vers l’avenir.
Une année 2008 sans Amitiés Luthériennes, c’est l’occasion maintenant d’une rétrospective sur
ce qui a pu se passer par ailleurs pour l’Eglise cette année-là !
Et puis, malgré ou à cause de l’absence de parution de votre magazine, ainsi qu’en réaction à
nos émissions qui elles, ont continué, vous nous avez écrit. Vous retrouverez notamment des
réactions aux articles sur « la pudeur » publiés dans le dernier numéro.
Une année, une année d’émissions Lumière sur le Chemin, des témoins de la foi qui sont aussi
des lumières dans la nuit… nous avons sélectionné cette année des témoins d’un genre
particulier, dont les péripéties ont également fait l’objet de méditations dans le recueil Notre
Culte Quotidien, disponible aux Editions Le Luthérien.

Grâce à une réorganisation du travail bénévole, votre magazine devrait paraître à nouveau plus
souvent, à nouveau sous la direction du pasteur Haessig. N’hésitez pas à participer à la relance
avec vos questions, mais aussi pourquoi pas en proposant votre contribution ou en illustrant les
articles envoyés !

Bonne année, bonne lecture, et à bientôt !

Philippe Volff, pasteur
rédacteur par intérim