Les noms de Jésus – n°1611-1614

La résurrection de Jésus et notre quotidien

Quand il est question de Pâques et de la résurrection de notre Seigneur, le plus souvent on s’entend tout de suite parler de notre résurrection à nous, les croyants, pour la vie éternelle.

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C’est juste, c’est vrai, c’est capital, c’est rassurant et réconfortant… et c’est incomplet, catastrophiquement incomplet. Évidemment, le but ultime de la résurrection du Seigneur, c’est notre future résurrection pour la vie éternelle. Évidemment, la certitude du salut éternel dégage notre avenir d’une lourde hypothèque, d’un spectre horrible : celui de la mort et de la damnation éternelles. Évidemment que la Bonne Nouvelle de la victoire de Jésus sur la mort nous aide à affronter notre mort. Évidemment que nous nous y préparons – et accompagnons nos amis mourants – en méditant cette bonne nouvelle de notre résurrection suivie de notre félicité éternelle.

Mais… oui, il y a un mais : Mais Dieu nous veut encore sur terre et il sait qu’à côté des bonheurs et des joies que nous y connaissons, nous y sommes aussi confrontés à bien des problèmes, nous connaissons et devons encore surmonter bien des souffrances. Le réconfort venant de la résurrection du Christ, nous en avons déjà besoin pour maintenant, pour ici. Et cela, notre Dieu bon et miséricordieux le sait. Aussi, si le but ultime de la résurrection du Seigneur, c’est notre future résurrection pour la vie éternelle, le but premier – chronologiquement parlant – c’est notre nouvelle vie sur terre.

Dieu n’a pas envoyé son Fils mourir et ressusciter pour nous pour que nous n’en retirerions les bienfaits qu’après notre mort. Comme si Pâques n’avait rien à nous dire pour notre quotidien. Comme si Dieu nous disait : « Attendez de mourir pour jouir des bienfaits de la résurrection de mon Fils ! » Il ne se prive pas de nous parler de bénédictions que nous retirons de la résurrection de notre Seigneur dès maintenant. C’est maintenant que nous avons besoin d’assurance et de foi en lui.

C’est au milieu des situations absurdes dans lesquelles nous pouvons nous trouver, confrontés à des crises de couple ou intergénérationnelles, en présence de victimes de foyers en déliquescence, face aux sarcasmes ou à l’hostilité des incroyants, frappés par une maladie incurable, accablés devant le lourd handicap d’un proche ou d’un voisin, abattus à côté de victimes de l’injustice sociale ou de choix économiques désastreux, c’est déjà là que nous avons besoin du message de la croix et du tombeau vide de Pâques. Notre Père céleste le sait. Aussi ne nous fait-il pas dire : « Ne vous en faites pas ! Dans l’éternité ce sera différent ! »

Oui, bien sûr, mais il sait que nous n’y sommes pas encore, que nous devons tenir jusque là, et cela ne peut se faire que s’il nous « regonfle » avec la consolation et le réconfort que Pâques veut déverser sur notre quotidien, que si ses pasteurs et nos frères et soeurs dans la foi appliquent ce miracle divin à notre situation quotidienne.

« Jésus notre Seigneur est ressuscité pour notre justification » (Rm 4.25), pour que Dieu nous déclare juste, nous crédite de la justice de Jésus. Là, Paul met la résurrection de Jésus en rapport direct avec notre quotidien, notre foi de tous les jours : la résurrection de Jésus nous permet de nous savoir pardonnés par Dieu et réconciliés avec lui. Or, « si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » Qu’est-ce qui peut alors vraiment nous nuire ? (Rm 8.31) La grande, la merveilleuse nouvelle de Pâques, c’est que Jésus nous aspire, nous entraîne dans sa résurrection. Paul nous écrit : « Vous êtes aussi ressuscités en et avec lui par la foi en la puissance du Dieu qui l’a ressuscité. » (Col 2.12)

« Vous êtes ressuscités » (présent), pas : « vous allez ressusciter » (futur). « En et avec lui, » en connexion et par la vertu de la résurrection de Jésus. L’Église et ses bergers ne peuvent jamais assez nous montrer que le divin Ressuscité nous a unis à lui, le Victorieux, dès ici-bas. Unis à lui, « ressuscités en et avec lui », nous ne devrions jamais plus nous sentir seuls dans nos problèmes.

Au contraire, dans la foi, en nous appuyant ou nous accrochant avec foi à notre Seigneur ressuscité, il ne peut que nous faire aboutir à une issue bénéfique, même si elle n’est pas nécessairement celle que nous attendions. Ayons cette confiance en lui qui nous a aimés jusqu’à se sacrifier pour nous : il ne va pas se désintéresser de nous, maintenant qu’il a vaincu. Au contraire, ceux qui placent leur foi en lui partagent les bienfaits de cette victoire dès maintenant.

« Je vous ai dit ces choses af in que vous ayez la paix en moi. Vous aurez à souffrir dans le monde, mais prenez courage : moi, j’ai vaincu le monde ! » ( Jn 16.33) « Tout ce qui est né de Dieu remporte la victoire contre le monde, et la victoire qui a triomphé du monde, c’est votre foi ! » (1Jn 5.4)

L’abaissement et l’élévation du christ

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Jésus dit : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre » (Mt 28.20), mais aussi : « Mes forces s’en vont comme l’eau qui s’écoule » (Ps 22.15). – Alors : Jésus est-il tout-puissant ou non ?

Pierre a confessé : « Seigneur, tu sais tout » (Jn 21.17), mais Jésus a aussi reconnu qu’il « ne connaît pas le jour et l’heure » de son retour pour le Jugement (Mc 13.32). – Alors : Jésus est-il omniscient ou non ? Sait-il tout ou non ?
Autre question qui en découle : La Bible se contredit-elle ? Si oui, comment placer sa foi dans le Christ qu’elle révèle de façon apparemment si contradictoire ?

En fait, il n’y a pas de contradiction. Il faut savoir que de sa conception en la vierge Marie à sa mise au tombeau, Jésus a vécu dans l’abaissement, le renoncement. Il est venu sur terre pour satisfaire aux exigences de la Loi divine et pour expier nos péchés à notre place et pour notre salut.
Depuis sa conception par le Saint-Esprit en la vierge Marie il est à la fois vrai Dieu et vrai homme. Sa personne possède donc toutes les qualités de Dieu. Mais pour accomplir sa mission – nous sauver du péché et de la damnation éternelle – il a renoncé à se servir pleinement de la majesté divine communiquée à sa nature humaine.

C’est ce que Paul nous apprend : « Jésus-Christ qui est de condition divine, n’a pas regardé son égalité avec Dieu comme un butin à préserver, mais il s’est dépouillé lui-même en prenant une condition de serviteur, en devenant semblable aux êtres humains. Reconnu comme un simple homme, il s’est humilié lui-même en faisant preuve d’obéissance jusqu’à la mort, même la mort sur la croix. » (Ph 2.5-8)

Il a parfois usé de ses pouvoirs divins, mais jamais pour se faciliter sa mission, toujours pour venir en aide aux autres (ses miracles de guérison par exemple).

Mais une fois sa mission accomplie, il n’y avait plus aucune raison qu’il demeure dans son état d’abaissement. Avec sa descente en enfer pour y proclamer sa victoire il a inauguré son état d’élévation, il utilise à nouveau la plénitude de la majesté divine communiquée à sa nature humaine.

« C’est aussi pourquoi Dieu l’a élevé à la plus haute place et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom afin qu’au nom de Jésus chacun plie le genou dans le ciel, sur la terre et sous la terre et que toute langue reconnaisse que Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. (Ph 2.9-11).
Quand nous confessons notre foi avec le Symbole apostolique, le point se trouve après « il est mort ». C’est là qu’il faut faire la pause. Avec « Il est descendu aux enfers » commence une nouvelle phase, une nouvelle phrase.

Il serait grand temps que dans les paroisses on ne s’arrête pas après « il est descendu au enfers », car cela fait partie de l’élévation du Christ. Il ne s’agit pas là des souffrances infernales qu’il a endurées. Celles-là datent d’avant son « Tout est accompli ! » (Jn 19.30) comme l’expliquent les confessions de foi luthériennes dans la « Formule de Concord » (Article IX).

L’erreur de déclamation viendrait-elle du fait qu’on se représente mentalement une descente spatiale de la croix, via la tombe en enfer ? Mais l’enfer n’est pas sous nos pieds, il n’est « en bas » que par rapport au ciel de la félicité éternelle.

Souffrir avec Jésus

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Carte des persécutions des chrétiens (Le « printemps » arabe ne profite pas aux chrétiens)

Jn 15.18-21
18 « Si le monde vous déteste, sachez qu’il m’a détesté avant vous.
19 Si vous étiez du monde, le monde vous aimerait car vous seriez à lui. Vous n’êtes pas du monde, mais je vous ai choisi du milieu du monde ; c’est pour cela que le monde vous déteste.
20 Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : « Le serviteur n’est pas plus grand que son seigneur. » S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre.
21 Mais ils vous feront tout cela à cause de moi, parce qu’ils ne connaissent pas celui qui m’a envoyé. »

« L’heure » finale de Jésus « est venue » (Jn 13.1). Elle a été attendue depuis longtemps dans ce quatrième
Evangile. Dans son discours, Jésus attire maintenant l’attention sur quelque chose de nouveau. Pour la première fois, il parle de ce que les disciples vont vivre pendant et après « son heure ».
Dans ce discours d’adieu, Jésus fait des annonces prophétiques et adresse des exhortations à ses disciples. Il leur annonce ce qu’ils vivront dans l’immédiat, puis plus tard, tout en rappelant qui il est et comment ses disciples sont intimement liés à lui.

Jésus ne dit pas qu’il se pourrait qu’ils aient à souffrir, mais qu’ils vont souffrir. En effet, l’hostilité à laquelle les siens sont exposés vient de ce qu’ils font partie intégrante d’une confrontation cosmique bien établie entre Jésus et le monde, parce que le monde ne connaît pas et rejette le Père « qui L’a envoyé » (v. 21).

L’Eglise souffre d’abord à cause de sa connexion au Christ. Augustin d’Hippone (354-430) fait dire à Jésus : « En vous ils me haïront, moi ; en vous ils me persécuteront, moi ; ils ne garderont pas votre parole parce que c’est ma Parole. »
Mais l’Eglise souffre aussi à cause du conflit du monde avec la Trinité. Jean Chrysostome (344-407) dit : « Le Père est aussi insulté en même temps qu’eux, » les croyants.

La Bible, réconfort pour les persécutés en prison

Mc 8.34-38
34 « Puis il appela la foule avec ses disciples et il leur dit : « Si quelqu’un veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive !
35 En effet, celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi et de la bonne nouvelle la sauvera.
36 Et que servira-t-il à un homme de gagner le monde entier, s’il perd son âme ?
37 Que donnera un homme en échange de son âme ?
38 En effet, celui qui aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aura aussi honte de lui quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges. » »

Ici, Jésus indique que l’Eglise participe toujours aux souffrances du Christ. Aucun chrétien n’y échappe. Le sort de « l’âme » est en jeu (v. 36).
Quand Jésus nous appelle à « porter la croix » (v. 34) il n’utilise pas une simple image pour parler des problèmes de la vie quotidienne. Si tel était le cas, il ne recourrait pas à la comparaison avec ce terrible instrument de torture avec lequel l’Empire Romain éliminait publiquement ceux qui lui causaient des problèmes politiques et sociaux.

Autrement dit, « suivre Jésus » (v. 34) consiste toujours à porter les conséquences concrètes et terribles du témoignage qu’on lui rend ainsi qu’à sa Parole « au milieu de cette génération adultère et pécheresse » (v. 35+38).
N’oublions pas que ce discours (les versets 34 à 38) fait encore partie de sa réponse à Pierre. Juste avant, Jésus s’entretenait clairement avec ses disciples de sa personne, de son identité :
« « D’après vous, qui suis-je ? » demanda-t-il. Pierre lui répondit : « Tu es le Christ ! » » (v. 29)
Puis Jésus passe insensiblement de sa messianité – « Qui dites-vous que je suis ? » – à la question : C’est quoi, « être mon disciple » ?
Les graves annonces des souffrances doivent être comprises comme étant le lot de ceux qui ont été intégrés par pure grâce comme disciples dans une chaîne, une succession, une communion de souffrances que Dieu a voulues.

La structure de l’Evangile selon Marc lie la destinée de Jésus à celle de Jean-Baptiste (celui qui a été « envoyé devant » Jésus, Mc 1.2), et la destinée des disciples à celle de Jésus.
Jésus ne souffre et ne meurt pas seulement comme Jean-Baptiste ;
il démarre aussi une nouvelle lignée qui va au-delà de sa propre mort (Mc 14.28 ; 16.7).
Notre participation aux souffrances du Christ n’est pas le fait d’une simple imitation de notre part. Notre participation aux souffrances de notre Seigneur ne peut être conçue que comme « un don et un cadeau ». « L’autre partie ne suit que si vous avez Christ comme fondement et bénédiction suprême de votre salut […] : alors vous le prenez en exemple, vous vous offrez au service de votre prochain de la même manière que vous voyez que Christ s’est donné lui-même pour vous » (Martin Luther).
Mais comment se peut-il que l’Eglise puisse avoir part à ce qu’un autre a vécu, aux souffrances de Jésus ?

Voici la réponse du Nouveau Testament : L’Eglise participe au corps chargé de souffrances du Christ à travers les sacrements. C’est « du sang et de l’eau » qui « sortit » du corps du divin Crucifié (Jn 19.34) au moment précis où il posa les fondements de l’Eglise.
« Nous avons été baptisés en sa mort » et en sa résurrection (Rm 6.3-4). « Nous avons tous été baptisés en un seul corps » (1 Co 12.13) et avons part à ce corps souffrant, mort et ressuscité, bien que « nous soyons nombreux » (1 Co 10.16-17).

Le professeur Bustamante a continué avec les parties suivantes :
• Souffrir en tant qu’« enfant » du Seigneur (Hé 12.4-11)
• Les souffrances comme partie des malheurs des derniers temps (Mc 13.4-13 et 24-27 ; 1 P 4.12-19 ; Ap 12.1-17. – La Rédaction.

Les 2 natures du Christ

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La Bible nous révèle que Jésus est vrai Dieu quand
• elle l’appelle Dieu (Hé 1.8 ; 1Jn 5.20),
• elle lui attribue des qualités divines :

  l’éternité (Hé 13.8) ;

  la toute-puissance (Mt 28.18) ;

  l’omniscience (Jn 21.17) ;

  l’omniprésence (Mt 28.20) ;
• elle lui attribue des œuvres divine :

  la création et la préservation du monde (Jn 1.3 ; Hé 1.3) ;

  le pouvoir de pardonner en son nom propre (Mt 9.6) ;

  le Jugement Dernier (Jn 5.27) 😉
• elle lui confère des honneurs divins :

  l’adoration (Jn 5.23 ; Ph 2.9 ; Hé 1.6).
Mais la Bible dit aussi que Jésus est vrai homme.
• Il est appelé homme (Jn 8.40 ; 1Tm 2.5) ;
• Il a un corps et une âme (Hé 2.14) ;
• Il a connu une vie normale :

  est né d’une femme (Mt 1.20-21 ; Lc 2.6-7 ; Ga 4.4),

  a grandi (Lc 2.42+52)

  est mort (Mt 27.50 ; Jn 19.30).
• Il avait les besoins naturels de tout homme :

  se nourrir et boire (Mc 11.12 ; Jn 23.46),

  récupérer de la fatigue (Jn 4.6)
• et a eu des émotions humaines (Lc 22.44) au point de pleurer à l’occasion (Jn 11.35).

Depuis sa conception par le Saint-Esprit en la vierge Marie (Mt 1.18-20), il est toujours à la fois Dieu et homme, même si, durant son séjour visible sur terre dans l’abaissement, il a renoncé la plupart du temps à se servir de ses pouvoirs divins et a vécu « comme un simple homme » (Ph 2.7).
Cette union sans mélange des deux natures dans la personne du Christ (Col 2.9) est évidemment un grand mystère (1 Tm 3.16). Sa nature divine s’est si intimement unie à sa nature humaine qu’il y a communion entre les deux et que sa nature humaine partage ses pouvoirs divins.
Il devait être vrai homme pour se substituer à nous devant le tribunal de Dieu (Ga 4.4-5). Il devait aussi être vrai Dieu pour que son sacrifice ait une valeur universelle et être en mesure de vaincre Satan (Mc 10.45 ; Hé 2.14).

Il y a des vérités, si nous savons en parler, c’est que nous répétons, avec humilité et confiance, ce que Dieu nous en dit dans la Bible. Nous ne pouvons pas pour autant les comprendre avec notre raison. Cela dépasse notre entendement, cela ne correspond pas aux lois de la nature qui régissent notre environnement.

Regardez les deux illustrations de cette page. Elles datent du 12ème siècle, d’un temps où la plupart des gens ne savaient pas lire, où l’ont essayait de prêcher par l’image. Ainsi, la cathédrale normande de Monreale en Sicile est couverte de mosaïques qui racontent 42 épisodes de l’Ancien et du Nouveau Testament (130 panneaux couvrant 6340 m2, plus qu’à Ravenne !). Mais au-dessus du chœur se trouve la mosaïque du Christ « Pantocrator » (= tout-puissant).

Comment le fils de Marie pouvait-il affirmer que « tout pouvoir lui était donné dans le ciel et sur la terre » (Mt 28.18) ? Parce que dans sa personne se trouvent unies sa nature divine et sa nature humaine.
Regardez la mosaïque : les deux doigts du hauts indiquent que le Christ est à la fois « vrai Dieu, né du Père de toute éternité, et vrai homme, né de la vierge Marie » (Luther, Petit Catéchisme). Quant aux trois autres, ils renvoient à la doctrine de la Trinité (Dieu en trois Personnes).Nous en avons parlé dans notre numéro 70.

Introduction

Se faire une opinion réfléchie de Jésus-Christ

Napoléon Bonaparte a dit : « Je connais les hommes. Eh bien, je vous le dis : Jésus n’est pas un simple homme. Il n’y a aucune comparaison possible entre lui et n’importe quelle autre personne. Alexandre, César, Charlemagne et moi avons fondé des Empires. Mais sur quoi reposait notre génie ? Sur la force. Jésus-Christ a fondé son empire sur l’amour ; et au moment où je vous parle, des millions de personnes seraient prêtes à mourir pour lui. »

Êtes-vous d’accord avec Napoléon ? Jésus-Christ a-t-il été le personnage le plus important de l’histoire ? Ce que vous savez de lui provient-il de ce que vous avez appris comme enfant ou de vos recherches comme adulte ?

Pour beaucoup, ce qu’ils savent de Jésus est une collection sommaire d’histoires de la Bible que leurs parents ou les moniteurs d’école du dimanche leur ont racontées. Le malheur veut que beaucoup d’adultes pensent que ce bagage succinct est suffisant. Mais réfléchissez un instant ! Prenez-vous des décisions importantes à partir de ce que vous avez appris à l’âge de six ou neuf ans ? Vous satisferiez-vous d’une compréhension enfantine du monde du travail, de l’état du mariage ou de la politique ? Bien sûr que non.

«Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais et je raisonnais en enfant. Une fois devenu homme, je me suis défait de ce qui est propre à l’enfant. » (1 Corinthiens 13 :11)»

Certains ont rejeté le christianisme dans leur adolescence, d’autres à l’âge mûr. Ils pensaient que cela s’appuyait sur des mythes et des erreurs historiques. Peut-être qu’un professeur leur a dit que la foi chrétienne était une .béquille pour des handicapés intellectuels. Ou ont-ils été influencés par quelque auteur prétendant que la Bible était criblée d’erreurs historiques ? Non, personne ne l’a inventé. Cela s’est réellement passé. Dans le passage suivant, Luc, qui était médecin et un historien méticuleux, parle de l’intégrité historique de son histoire de Jésus-Christ.

«Plusieurs personnes ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont passés parmi nous, d’après les rapports de ceux qui en ont été les témoins oculaires depuis le début et qui sont devenus des serviteurs de la Parole de Dieu. J’ai donc décidé à mon tour de m’informer soigneusement sur tout ce qui est arrivé depuis le commencement, et de te l’exposer par écrit de manière suivie, très honorable Théophile. Ainsi, tu pourras reconnaître l’entière véracité des enseignements que tu as reçus. (Luc 1:1-4)»

La Bible va à la source. L’apôtre Pierre nous fournit des informations de première main à propos des événements de la vie de Jésus.

«Nous ne nous sommes pas appuyés sur des histoires habilement inventées, lorsque nous vous avons fait connaître la venue de notre Seigneur Jésus-Christ dans toute sa puissance, mais nous avons vu sa grandeur de nos propres yeux.  » (2 Pierre 1 :16)»

Beaucoup ont dit : « Comme enfant j’ai accepté aveuglément ce qu’on m’a dit de Jésus. Ensuite, comme adulte, j’ai rejeté Jésus tout aussi aveuglément. Finalement, j’ai décidé qu’en homme mûr j’avais à faire moi-même mes recherches et à prendre moi-même ma décision en connaissance de cause. »

Avez-vous jamais procédé vous-même à une recherche sur le compte de Jésus-Christ ? Ne fondez pas l’opinion que vous avez de lui sur des on-dit. Consultez les seules sources originales qui existent : la collection de livres connue sous le nom de Bible. Quatre livres sont des sources de première importance pour obtenir des informations sur Jésus-Christ, la personne la plus extraordinaire à avoir jamais vécu : les quatre Évangiles. Ils ont été rédigés par Matthieu, Marc, Luc et Jean.

On ne peut réellement avoir une opinion correcte sur la vie de Jésus sans lire les Évangiles du début à la fin. Ce premier cahier fournit une introduction à la vie de Jésus sur terre, à sa personnalité et à ses objectifs.

Chapitre 2

Pourquoi Jésus est-il venu ?

Jésus était en mission

Nombreux sont ceux qui ont parlé de Jésus comme d’un enseignant ou philosophe remarquable qui a parcouru la campagne pour faire part de ses idées sur l’amour et la fraternité. Mais Jésus avait bien autre chose en vue que d’enseigner des idées philosophiques. Sa mission était de sauver tous les hommes de leurs péchés.

« Car tous ont péché, et sont privés de la gloire clé Dieu.  » (Romains 3 : 23) – Segond Révisée 1978.

La Bible explique que le péché sépare les gens de Dieu. En raison de notre nature pécheresse, personne n’est assez bon pour mériter le ciel, et personne ne peut rien faire pour mériter le ciel.

« Nous sommes tous semblables à des impurs, toute notre justice est comme des linges souillés.  » (Esaïe (54 ; 5)

En plus, Dieu exige la punition du péché : la séparation éternelle avec Dieu, la mort. Mais Dieu est aussi plein de miséricorde et a mis au point une procédure dans laquelle les péchés sont correctement punis, niais leurs auteurs peuvent quand même avoir la vie éternelle.

« Voici comment Dieu nous montre l’amour qu’il a pour nous : alors que nous étions encore des pécheurs, le Christ est mort pour nous.  » (Romains 5 :7 – 8)

En quoi la mort, de Christ est-elle d’un quelconque secours ? Tout simplement : la mort de Jésus satisfait les exigences de Dieu de punir le péché. En mourant sur la croix, Jésus a payé le prix pour les péchés de tous.
Comment cela était-il possible ? Parce que Jésus était le seul à pouvoir apporter ce sacrifice. Il était le seul digne.

« Dieu était en Christ, réconciliait les hommes avec lui-même, sans tenir compte de leurs fautes… Celui qui était innocent de tout péché, Dieu l’a condamné comme un pécheur à notre place pour que, dans l’union avec le Christ, nous soyons justes aux yeux de Dieu. » (2 Corinthiens 5:19 + 21)
En plaçant votre foi en ce que Jésus a fait, vous êtes libéré de la condamnation de Dieu.

Jésus a vaincu la mort et donne la vie

Quand Jésus est ressuscité de la mort, il a démontré sa puissance sur elle.

« L’ange, s’adressant aux femmes, leur dit : Vous autres, n’ayez pas peur ; je sais que vous cherchez Jésus, celui qui a été crucifié. Il n’est plus ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il était couché.  » (Matthieu 28 : 5- 6)

II promet la vie éternelle à tous ceux qui croient en lui, qui placent leur foi en lui.

« Je suis la résurrection et la vie, lui dit Jésus. Celui qui place en moi sa confiance vivra, même s’il meurt. Et tout homme qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » (Jean 11 : 25-26)

C’est de la réponse à cette question que dépendent la vie et la mort.

« Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne se confie pas au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui.  » (Jean 3 : 36) – Segond Révisée 1978.

Croire en ce que Jésus a fait, c’est ce que la Bible appelle « foi ». C’est la seule porte du ciel.

« Jésus lui dit : Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 1-14 : 6) – Segond Révisée 1978.

Quand les pécheurs admettent leur nature pécheresse et croient que Jésus a payé pour leurs péchés personnels, ils sont réconciliés avec Dieu dans le ciel.

La vie éternelle que Jésus offre n’est pas pour après la mort seulement. Lorsqu’une personne fait confiance à Jésus, elle reçoit la vie nouvelle tout de suite. La vie au ciel ne sera que la suite et le développement merveilleux de la vie chrétienne ici-bas. Des études ultérieures vont développer cela en détail.

Chapitre 3

La vie de Jésus révèle la vraie misère des hommes

Jésus a montré aux gens leur péché

Jésus apportait de Bonnes Nouvelles. Il a rendu possible que des femmes et des hommes pécheurs puissent avoir la vie éternelle. Il leur a présenté ce cadeau. À lui tout seul il a fait le nécessaire pour cela. Beaucoup on répondu avec joie.

« Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront et personne ne pourra les arracher de ma main.  » (Jean 10 : 27-28)

D’autres n’ont pas été tellement ravis. Pour les aider à comprendre qu’ils avaient besoin d’un sauveur, Jésus leur a dit la vérité à propos de leur vie. Il voyait les gens tels qu’ils étaient – pécheurs, séparés de Dieu, méritant la damnation – et il leur a montré leur état réel.

« Car c’est du cœur- que viennent les mauvaises pensées, meurtres, adultères, prostitutions, vols, faux témoignages, blasphèmes ». (Matthieu 15 : 19) – Segond Révisée 1978

Jésus a mis les gens en garde contre les conséquences de leurs actes. Si ce qu’il dit ne les mit pas tous mal à l’aise, le fait qu’il ait été parfait les interpella tous.

« Il n’a commis aucun péché, ses lèvres n’ont jamais prononcé de mensonge.  » (1 Pierre 2 : 22)

II n’avait pas l’intention de déprimer les gens, mais de leur révéler leur état critique. Il fallait qu’ils comprennent. Ils avaient besoin de son aide. Mais beaucoup ne voulaient pas en entendre parler. Ils voulaient se débarrasser de Jésus. Ses paroles et son style de vie indiquaient clairement qu’ils se trompaient dans leur façon de satisfaire Dieu.

Jésus a montré que Dieu ne prend pas plaisir à un culte sans amour

La vraie sainteté consiste à observer la Loi de Dieu à la perfection.

« Votre Père céleste est parfait. Soyez donc parfaits comme lui.  » (Matthieu 5 : 48)

Jésus a « collé » à la Loi de Dieu à la perfection. D’autres – un grand nombre de chefs religieux de l’époque – ont inventé des lois humaines qu’ils ont élevées au rang des lois de Dieu. Mais leurs traditions étaient contraires aux lois de Dieu d’aimer le prochain.

« Jésus entra de nouveau dans la synagogue. Il s’y trouvait un
homme avec la main paralysée. On le surveillait attentivement pour
voir s’il le guérirait un jour de sabbat : Us voulaient ainsi pouvoir
l’accuser. Jésus dit à l’homme à la main infirme :
Lève-toi et mets-toi là, au milieu.
Puis il demanda aux autres :
Est-il permis, le jour du sabbat, défaire du bien ou défaire du mal ?
A-t-on le droit de sauver une vie ou faut-il la laisser se détruire ?
Mais personne ne dit mot. Jésus promena sur eux un regard
indigné. Profondément attristé par la dureté de leur cœur, il dit à
l’homme :
Étends la main.
Il la tendit et elle fut guérie. Aussitôt les pharisiens sortirent de la
synagogue et allèrent se concerter avec des membres du parti
d’Hérode sur les moyens défaire mourir Jésus.  » (Marc 3:1-6)

Dieu avait institué un jour du sabbat pour permettre à chacun de reprendre des forces et de se réjouir de son amour et de sa bonté. Mais les Juifs ajoutèrent des interdits exagérés. Dans un aveuglement légaliste, les chefs religieux accusaient Jésus de ne pas respecter la loi et de travailler lorsqu’il guérissait des malades le jour du sabbat. Ils firent ainsi du sabbat un jour insupportable, dépourvu d’amour, et poussaient les gens à une obéissance et à un culte tout extérieur et détourné de son véritable but.

Chapitre 4

La vie de Jésus révèle l’amour de Dieu

Le plan de salut de Dieu vise tout le monde

Tous sont pécheurs. Personne ne peut mériter le salut, quels que soient ses efforts pour viser la sainteté. Heureusement que le plan de salut s’étend à tous.

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, pour que tous ceux qui mettent leur confiance en lui échappent à la perdition et qu’ils aient la vie éternelle.  » (Jean 3:16)

Jésus a montré à tous que Dieu aime tout le monde

Les fréquentations de Jésus étaient loin de faire plaisir aux pharisiens. Des pécheurs et des gens du peuple devenaient ses amis. Des collecteurs d’impôts – les personnes les plus haïes de l’époque – devinrent ses disciples. Jésus aimait tout le monde et voulait parler à tous de la miséricorde de Dieu. Mais ses relations lui attirèrent des critiques acerbes.

« En voyant cela, les pharisiens interpellèrent ses disciples : Comment votre maître peut-il s’attabler de la sorte avec des collecteurs d’impôts et des pécheurs notoires ? Mais Jésus, qui les avait entendus, leur dit :
Les bien-portants n’ont pas besoin de médecin ; ce sont les malades qui en ont besoin. Allez donc apprendre quel est le sens de cette parole : Je désire que vous soyez bons plutôt que vous m’offriez des sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. » (Matthieu 9 : 11-13)

Jésus a montré on ne peut plus clairement que l’amour et la miséricorde de Dieu s’étendent à chacun.

« Tout à coup, tes interprètes de la Loi et les pharisiens traînèrent devant lui une femme qui avait été surprise en train de tromper son mari. Ils la firent avancer dans la foule et la placèrent bien en vue, devant Jésus.
Maître, lui dirent-ils, cette femme a commis un adultère ; elle a été prise sur le fait. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider les femmes de ce genre. Toi, quel est ton jugement sur ce cas ? … Mais Jésus se baissa et se mit à écrire du doigt sur le sol. Eux, ils insistaient, répétant leur question. Alors il se releva et leur dit :
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Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première
pierre !
… Après avoir entendu ces paroles, ils s’esquivèrent l’un après
l’autre, à commencer par les plus âgés, laissant finalement Jésus
seul avec la femme, qui était restée au milieu de la cour du Temple.
Alors Jésus leva la tête et lui dit :
Eh bien, où sont donc passés tes accusateurs ? Personne ne t’a
condamnée ?
Personne, Seigneur, lui répondit-elle.
Alors Jésus reprit :
Je ne te condamne pas non plus. Va, mais désormais, ne pèche plus.  »
(Jean 8: 3-5+7 + 9-11).

On laissa la femme avec Jésus. Jésus était le seul à ne jamais avoir péché. Il était donc aussi le seul à avoir autorité pour la condamner à mort. Au lieu de cela, il lui accorda son pardon. Les pharisiens ne voyaient le péché que pour condamner le pécheur. Jésus le voit aussi, mais il veut pardonner.