Trinité

pater = Père ;   filius = Fils spts scts = Esprit Saint deus = Dieu

Depuis le dimanche après Pentecôte – et ce, jusqu’au dimanche avant le 1er Avent – nous nous trouvons dans le temps liturgique de la Trinité. Une bonne raison de parler de la Trinité.
Le mot n’existe pas dans la Bible, mais la vérité qu’il recouvre s’y trouve bien : un seul Dieu en trois Personnes.

Dieu nous indique clairement qu’« il n’y a qu’un seul Dieu » (1 Co 8.4).
Mais il nous révèle tout aussi clairement qu’il est un Dieu en trois Personnes. Jésus en parle dans l’ordre qu’il nous a donné de « baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28.19).

Il en avait déjà parlé avec plus de précision encore dans un précédent discours à ses disciples : « Quand sera venu le Défenseur que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de la vérité qui vient du Père, il rendra témoignage de moi. » (Jn 15.26 ; voir aussi 14.16)
Ici on se rend bien compte que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont des personnes différentes avec des relations étroites entre elles et agissant de concert.

Le Père est Dieu (Dt 32.6), le Fils est Dieu (1 Jn 5.20) et le Saint-Esprit est Dieu (1 Co 3.16), et pourtant « il n’y a qu’un seul Dieu ».
Ces deux affirmations sont clairement faites dans la Bible, mais, voilà, dans le détail, « les profondeurs de Dieu » (1 Co 2.10), ses « perfections invisibles » (Rm 1.20) nous seront toujours incompréhensibles, du moins tant que nous ne nous trouverons pas encore devant son trône.
C’est que nous ne pouvons raisonner qu’en fonction des lois (espace, temps, etc.) auxquelles le Créateur a soumis sa création … et les créatures que nous sommes. Le fonctionnement, les relations, les lois qui régissent l’au-delà, cela nous dépasse, c’est encore « impénétrable » pour nous (Rm 1.33).

Il est vrai que ce qui est bien plus important pour nous – même vital – c’est de savoir comment la Très Sainte Trinité a décidé de nous sauver. Quand je suis en train de me noyer, je ne me pose pas de questions sur l’identité du secouriste, j’agrippe sa main : découvrir les détails de sa personnalité, ça peut attendre.
Mais l’art chrétien n’a pas voulu attendre. Surtout à une époque où la plupart des gens ne savaient pas lire, les représentations picturales essayaient de remplacer le texte.

La Trinité a bien sûr posé problème, que ce soit dans des représentations telles que celle de droite (19° s., Allemagne) ou des représentations plus symboliques comme l’écu médiéval au haut de la page.
Jésus a été aussi vrai homme ; on peut donc le représenter comme tel.
Le Saint-Esprit est apparu « comme » une colombe (Mt 3.16), sans en être une : il faut se le rappeler quand on le représente symboliquement sous cette apparence.

Quant au Père, il n’a pas de corps humain. Là, les représentations sont complètement analogiques : un père, on sait ce que c’est ; on représente donc Dieu le Père comme un homme (souvent un vieillard barbu, sans doute pour souligner son éternité, alors que l’éternité est justement l’absence de vieillissement !), mais le Père n’est pas un humain qu’on pourrait voir. Comme le Saint-Esprit, il n’est qu’esprit.

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La représentations symbolique de la Trinité sous une forme visuelle abstraite remonte peut-être à Petrus Alfonsi (environ 1109). En tout cas l’écu de la Trinité apparaît dans un texte de Pierre de Poitiers (1208-1216). Il connaîtra son heure de gloire dans les manuscrits des 15ème et 16ème siècles en France et en Angleterre.
Le nom de cet écu le plus répandu au Moyen-Âge, fut « scutum fidei », « le bouclier de la foi » (Ep 6.16). Ce n’est qu’au 20ème siècle que ce nom a été le plus souvent remplacé par « bouclier », « armes », « emblème » « de la Trinité ».

Foi ou Trinité ? Les deux vont ensemble, ce que rappelle le début du « Symbole d’Athanase » (7ème siècle), une de nos confessions de foi : « Quiconque veut être sauvé, doit avant tout tenir la foi catholique (= universelle) : […] nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l’Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance […]. »

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