9 septembre 2026
Job 6.1-13
Job prit la parole et dit: «Si seulement il était possible de peser mon exaspération, si seulement on plaçait tous mes malheurs ensemble sur une balance! Ils seraient plus lourds que le sable de la mer: voilà pourquoi mes paroles dépassent la mesure. Oui, les flèches du Tout-Puissant m’ont transpercé et mon esprit en suce le venin; les terreurs de Dieu se rangent en ordre de bataille contre moi. L’âne sauvage se met-il à braire quand il est près de l’herbe? Le bœuf se met-il à mugir quand il est près de son fourrage? Mange-t-on ce qui est fade, sans sel? Y a-t-il de la saveur dans le blanc d’un œuf? Ce que je voudrais ne pas toucher, c’est justement ma nourriture, si dégoûtante soit-elle! Si seulement mon vœu pouvait se réaliser! Si seulement Dieu pouvait m’accorder ce que j’attends! Que Dieu consente donc à m’écraser, qu’il libère sa main et m’achève! Il me restera au moins une consolation, une joie, malgré la douleur dont il m’accable: c’est que jamais je n’ai négligé les paroles du Saint. Aurai-je encore la force d’espérer? Quelle sera ma fin, pour que je veuille persister à vivre? Ma force serait-elle aussi résistante que la pierre? Mon corps serait-il en bronze? N’est-il pas vrai que je suis dépourvu de ressources, que le succès a été chassé loin de moi?
Les flèches du Tout-puissant m’ont transpercé et mon esprit en suce le venin ; les terreurs de Dieu se rangent en ordre de bataille contre moi. (verset 4)
Si Job délire, c’est de douleur. Jamais il ne se plaindrait si Dieu l’avait laissé en paix. Mais Dieu lui a servi un plat amer de malheurs et de souffrances. N’y a-t-il personne qui puisse lui dire le pourquoi de ce terrible acharnement et pourquoi Dieu ne lui accorde pas la seule chose qu’il demande et qui mettrait fin à ses douleurs, la mort ? Est-ce parce qu’il ne l’a pas renié ? Vraiment, il ne comprend pas.
Cette plainte de Job nous place devant celle d’un autre homme, de l’unique homme qui est entièrement intègre, droit et exempt de tout péché de par sa nature même : la plainte du Saint de Dieu, l’incompréhension du Fils de Dieu qui, après tant de douleurs, déjà à l’agonie, prie le début du psaume 22 : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Mon Dieu ! je crie le jour, et tu ne réponds pas; la nuit, et je ne garde pas le silence. Pourtant tu es le Saint… En toi se confiaient nos pères, ils se confiaient, et tu les délivrais; ils criaient à toi, et ils échappaient ; ils se confiaient en toi et ils n’étaient pas dans la honte… »
La plainte de Job est justifiée tout comme celle du Fils de Dieu. Car quand Satan s’y met, ce ne sont jamais des demi mesures. Prends patience, Job ! Dieu répondra, mais en son temps, comme il a répondu à son Fils, le troisième jour. Amen.
______________________
Méditation écrite par le pasteur Jean-Louis SCHAEFFER. Droits d’auteur détenus par l’Église Évangélique Luthérienne – Synode de France.