Découvrir le mariage et la famille comme dons de Dieu

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« Dieu créa les humains à son image ; il les créa à l’image de Dieu ; homme et femme il les créa. Dieu les bénit ; Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. » (Gn 1.27-28, NSB).

« Jésus répondit : “N’avez-vous pas lu que le Créateur, dès le commencement, les fit homme et femme et qu’il dit : C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et les deux seront une seule chair ? ” » (Mt 19.4)

En Christ, chers paroissiens, amis, lectrices et lecteurs intéressés !
Il ne se passe guère de jour, en ce moment, sans qu’on débatte en public dans notre civilisation occidentale de questions fondamentales à propos du mariage, de la famille et de la sexualité.

Le doute s’insinue maintenant même dans l’Eglise. Avec cette lettre pastorale, j’aimerais rappeler les fondements de l’Ecriture Sainte et la position de l’Eglise dans ce complexe de questions.
J’écris cette lettre pastorale pour encourager particulièrement les jeunes, malgré leur environnement fait d’incertitudes, à s’engager dans le mariage et à fonder une famille avec des enfants.

L’Ecriture Sainte est aussi norme et fondement pour arriver à une décision dans le domaine de l’éthique chrétienne. Cette dernière consiste à poser la question : « Comment dois-je me comporter ? »
Les Confessions de l’Eglise nous aident aussi dans cette recherche. Dans son enseignement et sa pratique en ce domaine, l’Eglise luthérienne se voit en conformité avec le contenu de la foi de la chrétienté du monde entier, avec ce qui a toujours et de tout temps été cru sur la base de la Parole de Dieu.

Bien entendu, nous savons que l’Ecriture Sainte ne répond pas explicitement à toutes les questions qu’on peut se poser aujourd’hui. Il faut néanmoins examiner et juger, par exemple, les possibilités médicales et autres changements à l’aune des principes fondamentaux de la Bible. […]

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1. Encouragement au mariage


1.1. Les jeunes souhaitent fonder une famille

L’état du mariage et la famille sont de merveilleux cadeaux de Dieu. C’est par amour pour les humains que Dieu les a donnés et organisés. Cela est dit avec clarté – et en tant que principe – dès les premières pages de l’Ecriture Sainte :
« Dieu créa les humains à son image ; il les créa à l’image de Dieu ; homme et femme il les créa. Dieu les bénit ; Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez-vous. » (Gn 1.27-28)

Le 6ème Commandement que Dieu a donné à Moïse sur le Mont Sinaï nous aide, dans sa brièveté et sa concision, à comprendre le mariage : « Tu ne commettras pas d’adultère. » (Ex 20.14)
Ce commandement présuppose que le mariage est une communauté contraignante qui a été conclue entre un homme et une femme, dans laquelle il est fondamentalement possible d’avoir des enfants ; la parenté, le cercle des connaissances et le voisinage civil peuvent en prendre connaissance publiquement. En effet, ce n’est que si un mariage est public qu’il peut s’attendre à être protégé par la société et l’Eglise.
Dès le début, Dieu a voulu l’état du mariage. Aussi l’Eglise parle-t-elle d’une institution divine. Même si la culpabilité et le péché des humains ont cassé la perfection de cette institution divine, c’est toujours en elle que se trouvent les conditions pour trouver accomplissement et joie.
Je voudrais encourager à s’engager dans les dispositions de Dieu et à vivre le mariage et la famille en s’opposant à la tendance actuelle de notre société et malgré le spectacle de l’échec de bien des mariages.

Nous avons, aujourd’hui, besoin de chrétiens qui n’attendent pas de la société qu’elle approuve les projets de vie inspirés de la Bible, des chrétiens qui vivent sciemment une « culture chrétienne d’opposition ».
Le Nouveau Testament contient toute une série d’exhortations à se garder de toute « immoralité sexuelle ». par ex. en Ep 5.3 : « Que l’immoralité sexuelle, l’impureté sous toutes ses formes ou la soif de posséder ne soient même pas mentionnées, comme il convient à des saints. »
Ces exhortations indiquent clairement que les paroisses des premiers temps se sont comprises comme étant une « culture d’opposition » face au paganisme du monde grec.
Nous pouvons êtres tranquilles : les dispositions de Dieu sont bonnes et utiles aujourd’hui comme à l’époque. Cela est vrai, même si nous ne parvenons pas à nous y conformer parfaitement, comme le montre un coup d’œil sur l’histoire de l’Eglise.

1.2. Encouragement au mariage

Dans la société qui nous entoure, mais aussi dans les paroisses en Allemagne, les cérémonies de mariage sont de plus en plus rares.
Les raisons en sont diverses. La formation de nos jeunes se rallonge continuellement, les contrats de travail à durée déterminée et l’exigence d’une grande mobilité sont de ces raisons.
La plupart des couples cohabitent cependant avec les mêmes présupposés que ceux du mariage : la

relation se veut permanente, elle compte sur la fidélité et l’amour absolus.
En fait, beaucoup d’entre eux veulent se marier … plus tard, lorsque les conditions sont « réunies ».
C’est que, souvent, on a des attentes très élevées pour une célébration du mariage. Tout doit
être « parfait » et, si possible, tous les parents et amis doivent être présents.
Pour célébrer un tel mariage, il faut effectivement attendre longtemps. Ce faisant nous faisons nôtres, sans réfléchir, les développements et les tendances de notre société et plaçons la barre trop haut.
Avec cette lettre pastorale je voudrais encourager à ne pas hésiter à prendre les engagements du mariage. Se fier sans réserve l’un à l’autre, cela signifie aussi se donner mutuellement avec les engagements juridiques du mariage.
Des réserves telles que « Peut-être plus tard ! » ou : « Je ne sais pas si un mariage tient » menacent en fait la relation qu’on veut solide. Or l’amour est, par nature, inconditionnel.
L’essence de la forme de vie « mariage » consiste à se donner l’un à l’autre et à se soumettre avec amour l’un à l’autre.

Le don inconditionnel de Christ en croix pour le salut de l’humanité qu’il aime, voilà le modèle et l’exemple du mariage : « Maris, aimez votre femme comme Christ a aimé l’Eglise. Il s’est donné lui-même pour elle … » (Ep 5.25)
Ce modèle inclut le fait de vieillir ensemble comme mariés, de s’occuper de l’autre en cas de maladie, de partager les peines.
Quant à la responsabilité pour les enfants qu’on a eus en commun, elle requiert tout particulièrement l’engagement réciproque et inconditionnel dans le mariage. Dieu a voulu et institué le mariage comme abri pour l’amour entre un homme et une femme et comme espace vital pour la génération suivante.
Dans son « Formulaire concernant le mariage » (Traubüchlein) , Martin Luther a raison d’appeler, le mariage « une donnée du monde ». On l’a d’ailleurs souvent mal compris. Il veut dire par là que l’état du mariage est une institution divine de l’ordre de la nature ; que les non croyants peuvent aussi mener une vie conjugale exemplaire ; que l’état du mariage n’a pas de conséquence sur le salut de l’âme.
Mais en même temps, Luther dit que l’état du mariage est voulu, institué et protégé par Dieu : « Tout en étant un état laïc, il a pourtant la Parole de Dieu pour lui et il n’a pas été institué par les hommes. »
Dans son « Grand Catéchisme » il écrit : « Ces choses, je les dis, à

présent, pour que l’on exhorte les jeunes gens afin qu’ils aiment l’état du mariage et qu’ils sachent que c’et un état assurant le bonheur, et agréable à Dieu. »
S’ajoute à cela que l’état du mariage a les promesses de la bénédiction divine : le mariage est un cadeau fait par Dieu aux humains ; avec lui il les préserve de la solitude ; avec lui il commence par rendre possible une communauté de vie protégée entre un homme et une femme pour assurer ensuite un cadre pour la croissance de la nouvelle génération.
Et au moment des manquements des mariés – manquements qui ne sauraient … manquer – vivre unis et engagés dans l’état du mariage peut devenir un espace où l’on fait l’expérience de la préservation et de la réconciliation.
Les paroisses peuvent aider à trouver le chemin du mariage. Les entretiens de cure d’âme ou des sessions de préparation au mariage peuvent avoir une grande importance. En ce domaine, les églises sont sollicitées plus que jamais.
Il s’agit ici de répondre aussi à des questions tout à fait mondaines : Réfléchir ensemble à la façon d’organiser une cérémonie financièrement à la portée ; le fait d’inviter des parents et des amis à participer aux préparatifs peuvent aider à cela. Des parents et des amis de la paroisse donnent aussi un cadre qui peut fournir un point d’appui à une vie de couple.

1.3. L’indissolubilité du mariage et l’expérience de l’échec.

Pour l’Eglise évangélique luthérienne, l’état du mariage est indissoluble. Jésus Christ a lui-même réaffirmé et confirmé l’exclusivité et l’indissolubilité de l’union conjugale entre un homme et une femme ; il l’a fait quand il a dit : « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni » (Mt 19.6 et Mc 10.9).
L’Eglise ne peut pas aller en-deçà ni au-delà de cette exigence biblique. Dieu veut que l’union conjugale soit durable pour assurer à l’amour entre un homme et une femme, par-delà des moments difficiles, un havre de sécurité durable.

Il est vrai qu’entre-temps on connaît dans tous les cercles d’amis et dans toutes les paroisses des cas de mariage qui ont fait naufrage. Mais cela ne doit empêcher personne d’emprunter le chemin de la foi et de la confiance. L’attitude fondamentale de la foi est un grand et joyeux « Et cependant ! »
De plus, il existe de nos jours des séances de préparation au mariage, aussi des conseillers conjugaux qui peuvent rendre de grands services si on les consulte à temps.
On y apprend comment communiquer, comment gérer des situations de conflit ; on y transmet aussi des expériences de la sexualité changeante des couples.

Et puis n’oublions pas : il est indéniable que les divorces avec enfants déchaînent souvent des conflits et des tensions psychiques graves. Aussi personne ne devrait traiter avec légèreté la possibilité de divorcer.
Il est vrai que lorsqu’une union conjugale ne peut plus être guérie, le divorce peut être un moindre mal et mettre un terme à une situation de crise permanente.

Mais il est important de reconnaître devant Dieu cet échec comme une faute et d’implorer son pardon. Aveu de culpabilité et pardon permettent de mieux se connaître dans une relation ultérieure.
Il faut aussi chercher, si possible, à présenter aux enfants les choses – la séparation de leur père et de leur mère – de la même façon et à les assurer que les deux parents continuent de les aimer.

2. Encouragement à avoir des enfants

Le psalmiste dit dans sa prière : « L’héritage que l’Eternel donne, ce sont des fils ; les enfants sont une récompense » (Ps 127.3). Chaque rire d’enfant, chaque larme d’un enfant qui cherche consolation, est un antidote à un monde dans lequel la course au gain et le matérialisme sont largement dominants.

Avec cette lettre pastorale je voudrais affermir les jeunes adultes dans leur confiance en Dieu, pour accepter les enfants comme un don de Dieu et pour repousser les considérations de carrière et de sécurité financière au second plan. En nous permettant d’engendrer des enfants, Dieu nous permet de participer à son œuvre de création.
La famille est un abri pour l’amour et la solidarité par-delà et entre les générations. Elle est, de ce fait, la base de la société. Elle correspond au modèle biblique et il est hautement plausible, humainement parlant, que les enfants grandissent le mieux avec un père et une mère.
C’est pour cela que les parents isolés qui élèvent seuls leurs enfants ont besoin d’être entourés par leurs proches et amis. L’Eglise est, elle aussi, sollicitée pour les accompagner. L’Eglise a le devoir d’assister les familles et de s’investir pour que le risque de pauvreté s’amenuise pour les enfants et les familles, aussi en Allemagne.
Les paroisses peuvent être le lieu où des personnes d’un âge plus mûr peuvent aider les familles jeunes dans leur responsabilité d’éducateurs. Des « grands-parents de prêt » ou des offres de babysitting sont des tâches diaconales importantes qui favorisent une société en faveur des familles.
Là, les chrétiens ont l’occasion de montrer que leur communauté est régie par d’autres valeurs que celles de la société environnante.

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3. Le Nouveau Testament ne connaîtpas d’autres modèles que le mariage et le célibat.

Les paroles de Jésus et les développements de l’apôtre Paul cités plus haut montrent sans aucun doute que le Nouveau Testament ne connaît pas d’autres modèles de vie que le mariage et la famille d’une part, le célibat en tant que charisme d’autre part.
La polygamie (le fait, pour un homme, d’avoir plusieurs épouses à la fois) dans l’histoire des patriarches de l’Ancien Testament a été abolie avec le temps dans l’histoire d’Israël.
Jésus – et avec lui le Nouveau Testament, puis à sa suite la chrétienté dans le monde entier – défend comme modèle de vie voulu par Dieu le mariage entre un homme et une femme avec, fondamentalement, la possibilité d’engendrer des enfants.
A côté il y a le célibat comme autre option légitime.
L’Ecriture Sainte dit avec une grande clarté que l’homosexualité est contraire à la volonté de Dieu, un péché . Aussi l’Eglise ne peut pas bénir l’union de personnes de même sexe.
Qu’en même temps l’Eglise aille avec respect et amour au-devant des personnes ayant des sentiments homosexuels et s’élève contre leur discrimination, c’est le fruit et la conséquence de l’amour du Christ qui s’adresse à tous.

Conclusion

Dans cette lettre pastorale je n’ai pas pu traiter tous les aspects. Aussi je vous prie instamment de chercher les réponses à vos questions personnelles dans des entretiens de cure d’âme.
Que Dieu fasse grandir sa connaissance parmi nous et parmi tous les hommes qu’il aime tous ! Qu’il veuille, pour cela, aussi utiliser cette lettre et l’accompagner de sa bénédiction !

Hanovre, le Jour de la Visitation de Marie, le 2 juillet 2013.
Hans-Jörg Voigt
Evêque de la SELK (Eglise Evang. Luth. Indépendante) en Allemagne

Il y a 1700 ans : L’Edit de Milan

Constantin le Grand (280-337)

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En 293 l’empire romain a été partagé en deux, l’Occident et l’Orient ayant chacun son « Augustus » ou empereur et son « césar ».
A la mort de Constance Chlore en 306 en Angleterre où Constantin, son fils, l’avait rejoint, l’armée le proclame empereur d’Occident à la place de son père, ceci avec l’appui de l’empereur d’Orient. Mais à Rome, Maxentius profite de l’éloignement de Constantin pour se proclamer empereur.

Une guerre civile s’en suit. Constantin en sort vainqueur en 312, victoire qu’il attribue au Dieu des chrétiens. En même temps il signe un accord avec Licinius, l’empereur d’Orient.
Auparavant, l’empereur Dioclétien (284-305) avait été l’auteur des dernières persécutions des chrétiens. Plusieurs de ses édits ordonnent
la destruction des églises et des écrits sacrés,
la perte d’une série de droits pour les classes supérieures comme pour les esclaves,
des procédures contre le clergé, et finalement,
l’obligation pour tous de rendre un sacrifice à l’empereur et de boire les boissons consacrées aux idoles (libation).

Mais il s’avère impossible d’appliquer les édits totalement. En Occident, les persécutions cessent pratiquement partout dès 305, mais en Orient elles n’atteignent leur apogée qu’en 305-311.
311 : L’empereur Galère se rend compte que cette guerre d’extermination des chrétiens ne mène à rien, et fait publier – en son nom et au nom de Constantin et de Licinius – un « Edit de Tolérance » (en 311) à l’encontre des chrétiens s’ils ne font rien « contra disciplinam » (contre la discipline).

Le christianisme devient « religio licita » (religion autorisée), mais avec des bases juridiques peu sûres.
Le 15 juin 313, Licinius publie en son nom et en celui de Constantin, une Constitution qui va plus loin que l’Edit de Galère en accordant la liberté de religion sans restrictions. Cette constitution était conforme à l’accord passé entre Constantin et lui à Milan, mais porte à tort le titre de :

« CONSTITUTION DE MILAN »

C’est là le tournant déterminant de la persécution à la tolérance du christianisme. En voici les extraits principaux :

« Moi, Constantin Auguste, ainsi que moi, Licinius Auguste, […] nous avons cru devoir […]
• donner aux chrétiens comme à tous la liberté et la possibilité de suivre la religion de leur choix, […]
• ne refuser cette possibilité à quiconque, qu’il ait attaché son âme à la religion des chrétiens ou à celle qu’il croit lui convenir le mieux, […]
• permettre dorénavant à tous ceux qui ont la détermination d’observer la religion des chrétiens, de le faire librement et complètement sans être inquiétés ni molestés. […]
• nous avons accordé auxdits chrétiens la permission pleine et entière de pratiquer leur religion. […]
• la même possibilité d’observer leur religion et leur culte est concédée aux autres citoyens ouvertement et librement, […], afin que chacun ait la libre faculté de pratiquer le culte de son choix. […]
• Les locaux où les chrétiens avaient auparavant l’habitude de se réunir […] doivent être rendus sans paiement et sans aucune exigence

Transmettre l’Evangile peut être dangeureux

Les responsables comme les volontaires de L’Heure Luthérienne Internationale prennent souvent des risques personnels énormes pour répandre l’Evangile.

L’histoire de Zahra est une de plus à le vérifier.

La vieille ville d’Alep, dans le nord-ouest de la Syrie est devenue un des champs de bataille du conflit entre les forces gouvernementales et les groupes de militants de l’opposition.
Des milliers de citoyens ont fui vers le nord pour chercher refuge en Turquie. Mais d’autres milliers n’arrivent pas plus loin qu’Alep pour échapper aux violences perpétrées plus au sud.

Zahra vit dans le nord-est de la Syrie. Elle a servi comme volontaire de « L’Heure Luthérienne Libanaise ». Il y a quelques mois, elle s’est rendue avec un ami à Alep pour faire connaître à un groupe de réfugiés l’amour de Dieu pour les humains.
Tout le monde n’a pas accueilli de bon cœur leur témoignage de Jésus-Christ. Alors que Zahra et son ami étaient en train de raconter une histoire biblique à un groupe d’enfants, des hommes ont fait irruption et les ont sévèrement battus.

Un des coups a déboîté une vertèbre de Zahra et blessé sa moelle épinière. Elle a perdu connaissance. Quant à l’ami de Zahra, il fut tué.
Croyant que les deux étaient morts, leurs assaillants les ont traînés dans la rue et les jetèrent près d’un dépôt d’ordures.
Mais Zahra a repris connaissance. On l’a conduite dans un centre médical pour y être soignée.
« Dieu soit loué ! » écrit Fadi Khairallah, le directeur de « L’Heure Luthérienne Libanaise », car l’état de santé de Zahra s’améliore. « Le dos de Zahra a guéri rapidement, » mais elle mettra encore du temps à recouvrir pleinement sa santé.

Fadi ajoute : « Malgré tout ce qu’elle a vécu, elle ne cesse de servir le Seigneur ! Elle est allé dans des écoles » – pas à Alep, mais dans sa ville natale où elle est revenue et où elle suit des séances de rééducation.
Sur une photo on peut voir entre autre les bandages autour de son poignet. Elle est assise au milieu d’un groupe d’enfants exhibant des livres d’histoires bibliques qu’elle leur a distribués.

Le message imprimé sur son teeshirt de « L’Heure Luthérienne » indique clairement la raison de son courage et de sa persévérance : « Jésus m’aime ». […]
« The Lutheran Layman »,
janvier-février 2013

Il y a 50 ans : VATICAN II

Qu’est-ce qu’un concile œcuménique ?

Le mot « concile » vient d’un verbe latin cum calare (appeler à se réunir). Cela a donné concilium (réunion de personnes convoquées).
Dans l’histoire de l’Eglise, concile, mot d’origine latine, est l’équivalent de « synode », mot d’origine grecque (faire chemin commun). A l’origine les deux désignaient l’assemblée des évêques de l’Eglise.
Un concile est appelé « œcuménique » parce qu’il est censé concerner « toute la terre habitée », donc censé avoir une portée « universelle » (distinct des « conciles provinciaux »).

Le « Catéchisme » (1992) de l’Eglise de Rome définit ainsi le concile œcuménique : « Le Collège des évêques exerce le pouvoir sur l’Eglise toute entière de manière solennelle dans le Concile Œcuménique. » (§ 884 ; voir aussi Vatican II, CPE chap. 1er)

Un peu d’histoire

Voici la liste des conciles œcuméniques de l’Eglise catholique romaine : Nicée I (325), Constantinople I (381), Ephèse (431), Chalcédoine (451), Constantinople II (553), Constantinople III (680-681), Nicée II (787), Constantinople IV (869-870), Latran IV (1215), Lyon II (1274), Vienne (1311-1312), Constance (1414-1418), Bâle-Ferrare-Florence (1431-1442), Latran V (1512-1517), Trente (1545-1563), Vatican I (1869-1870), Vatican II (1962-1965).

L’Eglise Evangélique Luthérienne accepte les propositions des quatre premiers conciles œcuméniques. D’ailleurs la plus ancienne de nos confessions de foi, celle dite « de Nicée-Constantinople » est le fruit des deux premiers conciles.

Le concile Vatican II est ouvert à Rome le 11 oct. 1962 par le pape Jean XXIII (en présence de 2540 pères conciliaires sur les 2908) et se termine le 8 déc. 1965 sous Paul VI. Entre-temps il avait été interrompu de la mort de Jean XXIII (3 juin 1963) jusqu’à l’élection de Paul VI (21 juin).
« Aggiornamento » ?
Lorsque le pape Jean XXIII a convoqué le concile Vatican II, c’est qu’il trouvait que l’Eglise de Rome avait besoin d’une profonde mise à jour (aggiornaento en italien).

Un siècle de guerres nombreuses sur tous les continents – entre autre les deux guerres mondiales – et le progrès avaient passé par là et profondément changé les manières de vivre. Le fonctionnement de l’Eglise de Rome devait en tenir compte.
Mais dès l’ouverture solennelle, les pères conciliaires ont dû promettre de rester fidèles au Concile de Trente. C’était mal barré : ce concile avait condamné la Réforme et l’Evangile remis à jour par elle.

Moins « catholique romain »que précédemment ?

Pour répondre, il faut soigneusement distinguer le fond de la forme.
Sans doute Vatican II a-t-il mis de l’eau dans son vin en ce qui concerne les formes (passage du latin aux langues modernes, les curés ne portent plus la soutane dans les rues, etc.) et les attitudes, par exemple à l’égard des autres Eglises et religions, aussi l’acceptation de la liberté de religion.
Mais le fond, le dogme, est resté le même, avec quelques précisions ou clarifications.

• L’Ecriture Sainte ne suffit pas comme révélation ; il faut aussi la « tradition » de Rome pour cela.
• Le péché originel n’est pas la corruption totale de l’être non régénéré.
• Pour être « pleinement » universelles les Eglises doivent être en communion avec Rome, le Pontife romain exerçant sur tout le monde un « pouvoir plénier suprême et universel ».
• Le Purgatoire est toujours là.
• La prière pour les morts également.
• Il y a toujours sept sacrements au lieu de deux (baptême et cène).
• Les prières à la vierge Marie et aux « saints » sont confirmées.
Rome est restée foncièrement Rome.

LA PAPAUTE : qu’en penser ?

Démission surprise

Début février, le future nouveau pape ne devait, même pas en rêve, se voir pape dès Pâques 2013. Benoit XVI a surpris tout le monde par sa démission, chose qui n’était plus arrivée depuis … 598 ans !
Il existe peu de cas de démissions : Benoît IX (1012-1055) en 1045, Grégoire VI (?-1048) en 1046 et Grégoire XII (1325-1417) en 1415 l’ont fait pour des raisons politiques, Célestin V (1209-1296) de son propre chef (1294).

On pourra dorénavant ajouter à cette liste Benoît XVI., y compris à la liste des papes allemands après, là aussi, une éclipse de huit siècles et demi.
Né en 1927 dans une famille modeste de Bavière (Allemagne), Joseph Ratzinger est ordonné prêtre en 1951.

De 1958 à 1977 il est professeur de théologie à Freising, Bonn, Münster, Tübingen, puis Regensburg (Ratisbonne). Pendant ce temps il assiste le cardinal-archevêque de Köln (Cologne) lors du concile Vatican II (1962-1965).
En 1977 il est nommé archevêque de München et Freising, cardinal en 1981, puis préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi à Rome. Comme tel il sera LE théologien du pape, écrivant certaines des encycliques de Jean-Paul II.

En 1992 l’Institut de France l’élit comme membre associé étranger à l’Académie des sciences morales et politiques. Il parle d’ailleurs un très bon français.
En 2005 il est élu pape sous le nom de Benoît XVI.
Ratzinger a publié de nombreux ouvrages de théologie, même une fois pape.

Comment en est-on arrivé à un pape ?

Au 2ème siècle, l’Eglise a connu une grave crise interne avec des hérésies et des schismes (Gnostiques, Marcion, Montanisme), mais aussi externes (hostilité ambiante, persécutions).
Pour y faire face on n’a pas su résister à la tentation de donner à l’épiscopat un caractère « monarchique » qui reposerait sur une chaîne de « succession apostolique ».
L’évolution alla ensuite, au cours du 3ème siècle, vers la formation en Orient de « métropoles » avec un métropolite, en Occident d’archevêchés avec un archevêque.

Rome, Alexandrie et Antioche en étaient les plus réputées, mais aussi Carthage, Césarée, Héraclée et Ephèse.
La réputation de l’archevêque de Rome venait de ce que c’était la capitale historique de l’Empire, à cause de la taille et de la richesse de sa communauté chrétienne et parce qu’elle était effectivement soucieuse du bien-être matériel et doctrinal du reste de la chrétienté.
Mais il n’était pas question de primat (rôle prépondérant) de Rome. Ainsi, Irénée de Lyon s’est opposé à l’évêque de Romme au 2ème siècle, et un autre évêque de Rome dut céder à Cyprien en 257.
Le 4ème siècle ne connaît pas encore de « primat romain », mais cela allait changer pour différentes raisons.
Rome a toujours eu tendance à se considérer comme gardien de l’orthodoxie (la vraie foi).

Quand Constantin le Grand déplaça la capitale de Rome vers l’Orient, à Byzance (Constantinople), l’évêque de Rome s’est retrouvé le personnage le plus important d’Occident.
La lente tendance vers une structure hiérarchique (évêchés, archevêchés, patriarcats) a vu disparaître le patriarcat d’Alexandrie (politique, puis invasion arabe) et celui de Constantinople était sous la botte de l’empereur. Restait Rome.
Le développement du culte des saints entraîne aussi l’accroissement de l’aura de Pierre et de ses prétendus successeurs, les évêques de Rome. Mais au 4ème siècle, les synodes qui se réunissent ne connaissent toujours pas de « primat de Rome ».

Néanmoins les évêques de Rome y travaillent. Damase 1er (366-384) est le premier à parler de « siège apostolique », Innocent 1er (402-417) de « recteur de l’Eglise de Dieu ». Au 5ème s. les évêques de Rome commencent à s’attribuer le titre de « grand Pontife » titre d’origine païenne (faire le pont entre les dieux et les hommes) ; mais jusqu’en 450, c’est le patriarcat d’Alexandrie qui occupe la première place.

Grégoire 1er le Grand (590-604) est à l’origine de la puissance temporelle des papes en Italie. Les biens héréditaires de la papauté commencent à s’étendre, embryon du futur Etat papal. C’est aussi à partir du 6ème s. que se développe la dévotion à l’apôtre Pierre et l’estime grandissante du pape en tant que « successeur de Pierre ».

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Grégoire 1er le Grand (590-604)

Avec la conversion des Germains, l’évêque de Rome gagne en prestige, mais n’a pas encore d’autorité juridique sur l’Occident. Quand Charlemagne unit l’Occident, c’est l’Eglise franque qui s’étend sur l’Occident, pas l’Eglise papale. Pour cela, il faudra attendre la chute de l’empire carolingien.
Au 11ème s., l’influence de la papauté va grandissante (déposition d’évêques, excommunication de l’empereur, etc.). Le pape se déclare maître incontesté et absolu de l’Eglise universelle, même maître souverain du monde (il porte les insignes impériaux, se fait embrasser les pieds par princes et empereurs, donne à Guillaume de Normandie la bénédiction pour conquérir l’Angleterre).

Il y aura tout le temps des tensions entre les prétentions de la papauté et les puissances (par ex. certains rois de France, Napoléon, mais aussi Charles-Quint ou Bismarck, etc.).
Au 19ème s. la papauté perdit ses prétentions politiques (limitées à la Cité du Vatican à Rome), mais réussit à faire adopter par le 1er Concile du Vatican la doctrine du « magistère infaillible du pontife romain » de droit divin (18 juillet 1870).
Le nouveau « Catéchisme de l’Eglise catholique » (1992), enseigne : « Le Pontife romain a sur l’Eglise, en vertu de sa charge de Vicaire du Christ et de Pasteur de toute l’Eglise, un pouvoir plénier, suprême et universel qu’il peut toujours librement exercer. » (CEC 882)

« Le Pontife romain, chef du collège des évêques, jouit de cette infaillibilité du fait même de sa charge quand, en tant que pasteur et docteur suprême de tous les fidèles, et chargé de confirmer ses frères dans la foi, il proclame par un acte définitif un point de doctrine touchant la foi et les mœurs. » (CEC 891)

Que faut-il en penser ?

Ceux qui possèdent « les Confessions de l’Eglise luthérienne » peuvent lire dans les « Articles de Smalkalde » (2ème Partie) l’article 4 sur « la papauté », ou encore le court traité sur « Le pouvoir et la primauté du page ».
Dans ce dernier, on peut lire :
« Lc 22.24-27 : le Christ interdit expressément une domination entre les apôtres. » (464)
« Ga 2 : Paul affirme clairement qu’il n’a été ni ordonné ni confirmé par Pierre ; il ne lui reconnaît nulle qualité pour qu’on lui demande confirmation. » (465)

« 1 Co 3.4-8 et 22 : Paul met les ministres à égalité et enseigne que l’Eglise a la supériorité sur les ministres. […] Ni Pierre ni les autres ministres n’assument une supériorité sur l’Eglise. » (466)
« 1 P 5.3 : Personne ne doit dominer dans le clergé. » (466)
« L’évêque est élu par le peuple présent. […] l’épiscopat lui fut conféré par le vote de tous les frères et le jugement des évêques qui étaient venus se joindre à l’assemblée, puis on lui imposa les mains. Cyprien [3ème s.] qualifie cette coutume de “tradition divine” et de “préceptes apostoliques”
[…]. L’ordination et la confirmation n’étant pas, sur la plus grande partie de la terre, demandées à l’évêque de Rome dans les Eglises grecques et latines, il est donc assez évident que celles-ci n’attribuaient pas alors de supériorité ni de domination à l’évêque de Rome. » (468)

« On convoqua et on tint dans l’Antiquité beaucoup de synodes auxquels l’évêque de Rome ne présida pas, tels celui de Nicée. » (470)
« Ce que le Christ dit ici [Mt 16.18ss] au singulier [à Pierre] (“Je te donnerai les clés … Ce que tu lieras …”) est dit ailleurs [Mt 18.18] au pluriel : “Ce que vous lierez, etc.…” » (471)
« Le Christ attribue les clés souverainement et sans intermédiaire, à l’Eglise ; de même, et pour cette raison, l’Eglise détient, souverainement le droit de vocation » (471), le droit d’appeler des pasteurs.

« Le ministère du Nouveau Testament n’est pas lié à des lieux et à des personnes comme le sacerdoce lévitique ; il est dispersé sur toute la surface de la terre ; il est là où Dieu accorde ses dons […]. Ce ministère ne tire pas sa valeur de l’autorité d’aucune personne, mais de la Parole transmise par le Christ. » (472)

Travailler plus pour gagner plus

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Travailler plus pour gagner plus

Voilà le slogan lancé par notre dernier président de la République et il est suivi par de nombreux adorateurs du pouvoir d’achat qui réclament à corps et à cris une amélioration de leurs conditions de vie.
Ce qui caractérise notre société c’est son insatisfaction perpétuelle. « Toujours plus ! » avait écrit François de Closet et il aurait pu ajouter à son titre : « et toujours moins de satisfaits et de gens heureux ».

La possession de biens n’a jamais eu pour corollaire, une félicité parfaite ; ce serait plutôt le contraire. L’insatisfaction, la contestation, les récriminations sont, hélas ! le propre de l’homme, et cela ne date pas d’aujourd’hui. C’est vieux comme le monde puisque déjà au paradis, Adam et Ève, insatisfaits du bonheur dont ils jouissaient, voulurent être comme Dieu.
Nous avons appris à nos dépends où ce désir insensé a conduit l’humanité toute entière. Malgré la terrible sanction de l’Éternel,
l’homme continue à manifester son insatisfaction et son ingratitude pour les biens que Dieu, dans sa grâce, lui accorde si généreusement.
Ce perpétuel mécontentement, on le trouve non seulement chez les impies mais aussi, hélas ! chez enfants de Dieu.

Voyez les Israélites après la délivrance miraculeuse de leur esclavage en Égypte, à la moindre difficulté ils accusent Dieu et Moïse de vouloir les faire mourir de soif ou de faim dans le désert. Ils veulent même retourner en Égypte où, à les entendre, c’était l’Eden !

Oui, râler, rouspéter, contester c’est notre malheureuse habitude, et cela commence très tôt, même dans la prime jeunesse.
Je me souviens combien j’étais critique à l’égard de la cuisine de ma mère qui ne ménageait pourtant ni sa peine ni ses efforts pour nourrir journellement une tablée de dix personnes. Mon père me disait souvent : Tu verras combien le service militaire te fera apprécier les bons petits plats mijotés par ta mère. »

Et effectivement, à ma première permission j’étais heureux de retrouver la tablée familiale et le fumet, oh combien délicieux ! des mets préparés par maman.
Mon père voyant avec quel bon appétit je dévorais le repas, me fit cette remarque : « Alors, elle est bonne la soupe de maman ? » Ah oui ! les amis, c’était autre chose que le rata de l’armée, et j’avais maintenant honte d’avoir si méchamment dénigré les bienfaits de Dieu et l’excellente cuisine de ma mère.

Mais, revenons à nos moutons, car le slogan « Travailler plus pour gagner plus » et même « travailler sept jours sur sept », comme le préconisent certains, est une grave entorse à la volonté divine.
Nous devrions, nous chrétiens, avoir pour le jour du repos du Seigneur une attitude ferme, un saint respect de ce commandement en refusant de nous laisser séduire par les propos mercantiles de notre société.
Pour beaucoup de gens,, l’ouverture des commerces le dimanche est une bonne chose. Ils disent qu’ils sont plus détendus pour faire leurs achats ; qu’ils ont plus de temps ; qu’ils sont moins bousculés, moins stressés, etc., mais tous oublient que ceux qui travaillent ce jour-là pour les servir, eux, ne peuvent pas sanctifier le jour du Seigneur.

Sans tomber dans le légalisme du sabbat ou du dimanche, il est bon de réserver une journée à Dieu et de répondre à son invitation pour puiser aux sources de sa grâce les mille bienfaits spirituels qu’il veut nous offrir dans sa Parole, dans le sacrement de la cène et dans le culte.
Si nous, chrétiens, nous faisons du dimanche une règle de vie pour effectuer nos achats, alors nous donnons au monde un bien mauvais exemple. Nous méprisons le jour béni du Seigneur et nous encourageons notre prochain à faire de même.
D’autres peut-être diront : Où est le mal ? Puisqu’en allant faire mes achats les dimanches je permets à une foule d’employés de gagner plus d’argent. Je leur fais donc du bien !

Ne tenons pas de faux raisonnements comme les pharisiens en disant : Lorsque je fais mes achats le dimanche, je permets à des vendeuses et vendeurs d’arrondir leur fin de mois ; je fais donc une offrande à Dieu, ce qui me dispense d’assister au culte, car alors, à nous aussi, Jésus pourrait nous faire ce juste reproche :
« Hypocrites vous m’honorez des lèvres mais votre cœur est éloigné de moi. » (Mt 15.5)

« Votre cœur est éloigné de moi ! » Curieux, que beaucoup d’éminents économistes de notre temps ne prennent pas en considération cette parole du Christ pour expliquer le chômage, la pauvreté et la misère qui s’abattent sur notre société de consommation où Dieu est totalement absent.
Le dieu Mammon n’est pas mort ! Bien au contraire. Même les riches sont insatisfaits de leurs richesses, et cherchent à les accroître par tous les moyens !

Dans une parabole, Jésus, nous met les points sur les i : Un paysan richement béni, au lieu de rendre grâces à Dieu, fait des projets pour devenir encore plus riche et pour se préparer une heureuse fin de vie. Mais la sentence tombe et elle ne devrait laisser personne indifférent :
« Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée; et ce que tu as préparé, pour qui sera-ce? Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n’est pas riche pour Dieu. » (Lc 12.16-21)
Si Dieu nous demande de lui réserver une journée, c’est qu’il veut que nous nous souvenions qu’il est le maître et le Créateur de toute chose. Il veut, que ses enfants lui réservent une journée pour le remercier, le bénir et le louer.

Il veut, pour la santé de notre âme, que nous répondions à son invitation et que nous nous laissions nourrir de tous les moyens de grâce qu’il nous offre dans le culte. Car nous aussi, comme le peuple de l’ancienne alliance, nous avons été délivrés de l’esclavage du péché et nous avons chaque jour besoin du pardon de notre Dieu et de l’action bénéfique du Saint Esprit.

Le diable voudrait nous faire croire que la seule chose qui compte c’est le gagne-pain et le fameux pouvoir d’achat. Écoutez ce que Jésus répond au tentateur :
« L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Mt 4.4)
« Gagnez plus et tout perdre, » voilà l’objectif de celui qui est meurtrier dès le commencement, c’est-à-dire notre ennemi, le diable. Et Jésus notre Sauveur nous met en garde contre cet activisme mercantile qui nous fait oublier Dieu.

« Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme ? Ou, que donnerait un homme en échange de son âme ? » (Mt 16.26)
Il y a quelques années, une compagnie pétrolière invitait les automobilistes à mettre « un tigre dans leur moteur » pour, sous entendu, obtenir plus de puissance. Eh bien, les amis, Dieu nous a donné le dimanche pour faire le plein, gratuitement, de tous les bienfaits de sa grâce.

Voilà la vraie richesse qu’il faut rechercher toutes affaires cessantes. Le Christ Sauveur, le pain béni venu du ciel qui donne la vie éternelle, voilà ce qui fait la force d’un homme, d’une famille et d’un pays car :
« Si l’Éternel ne bâtit la maison, Ceux qui la bâtissent travaillent en vain; Si l’Éternel ne garde la ville, Celui qui la garde veille en vain. En vain vous levez-vous matin, vous couchez-vous tard, Et mangez-vous le pain de douleur; Il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil. » (Ps 127.1-2)

Chers amis, que Dieu nous accorde la grâce de faire nôtres les exhortations qu’il nous adresse :
« Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier ! » (Ex 20.8)
« car ce sera entre moi et vous, et parmi vos descendants, un signe auquel on connaîtra que je suis l’Éternel qui vous sanctifie. » (Ex 31.13)
« Ne vous livrez pas à l’amour de l’argent ; contentez-vous de ce que vous avez ; car Dieu lui-même a dit : Je ne te délaisserai pas, et je ne t’abandonnerai pas. » (Hé 13.5)
« C’est, en effet, une grande source de gain que la piété avec le contentement. » (1Tm 6.6) Amen.

L’AVENIR D’UNE PAROISSE

L’AVENIR D’UNE PAROISSE
SELON L’APÔTRE PIERRE DANS SES EPÎTRES

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(Le texte ci-dessous a été écrit pour le cinquantième jubilée de la Paroisse Evangélique Luthérienne St-Pierre de Châtenay – Le Plessis (Hauts-de-Seine). Mais ce message s’applique à n’importe quelle paroisse. – la rédaction)
« Que la grâce et la paix vous soient multipliées par la connaissance de Dieu et de Jésus, notre Seigneur ! » (2 P 1.2)

Une Relation Spéciale et Directe avec Pierre ?

Il y a cinquante ans, notre paroisse a pris le nom « St-Pierre ». Cela veut-il dire que nous avons d’Abraham », on ne quitte plus ce havre de paix et de félicité (Lc 16.19-31),

Cela vaut pour tous les croyants, aussi pour les apôtres, y compris pour Pierre. Il est dans la paix du Seigneur, « heureux dès à présent » (Ap 14.13), débarrassé des problèmes et malheurs de ce monde et sans contact avec eux. Autrement dit, nous n’entretenons pas une relation personnelle directe avec cet apôtre.

Si notre paroisse a pris, il y a cinquante ans, le nom de cet apôtre, et si nous l’arborons sans complexe, c’est que nous confessons avec Pierre – comme d’ailleurs avec tous les auteurs divinement inspirés de l’Ancien et du Nouveau Testament (cf 2 P 1.21 – « que le Seigneur est bon » (1 P 2.3).

« En effet, aucun message de prophète n’a jamais été apporté par une volonté humaine : c’est portés par l’Esprit saint que des humains ont parlé de la part de Dieu. » (2 P 1.21) Comme exemple, voir Es 53.

Pour parler avec Pierre : la « semence incorruptible » qu’est « la Parole vivante et permanente de Dieu » nous a « régénérés » (1 P 1.23), et nous « bénissons » avec Pierre « le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts, pour une espérance vivante, pour un héritage impérissable, sans souillure, inaltérable, qui vous est réservé dans les cieux ! » (1 Pierre 1.3-4)

Et j’en viens plus précisément au thème de :
« REFLEXIONS SUR L’AVENIR ».

Avec Pierre, notre regard est porté vers l’avenir

Pierre – comme Paul, ou comme Abraham ou Esaïe – fonde sa foi et son espérance exclusivement sur l’œuvre accomplie par Jésus-Christ il y a près de deux mille ans.

« Ce salut, les prophètes qui ont parlé de la grâce qui vous était destinée en ont fait l’objet de leurs recherches et de leurs investigations.

Ils se sont appliqués à découvrir quelle époque et quelles circonstances désignait l’Esprit du Christ qui était en eux, Esprit qui, d’avance, attestait les souffrances du Christ et la gloire qui s’ensuivrait.

Il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu’ils étaient ministres de ces choses, qui maintenant vous ont été annoncées par l’entremise de ceux qui vous ont communiqué la bonne nouvelle, avec l’Esprit saint envoyé du ciel; c’est en ces mêmes choses que les anges désirent plonger leurs regards. » (1 P 1.10-12)

Mais il dirige notre regard aussi vers l’avenir, même vers l’éternité. S’il rappelle, dans le passé, le centre et le fondement de notre foi comme suit : « Ce n’est pas par des choses périssables – argent ou or – que vous avez été rédimés [rachetés] […], mais par le sang précieux du Christ, comme par celui d’un agneau sans défaut et sans tache. […], » c’est pour en constater le résultat : « de sorte que votre foi et votre espérance sont en Dieu. » (1 P 1.18-21)

En clair : « notre foi » en Jésus-Christ est liée de façon intime et indissociable à « notre espérance » d’avenir et d’éternité. Nous sommes en marche, en mouvement, en voyage, comme « étrangers et voyageurs » ici-bas (1 P 1.11), non pas en touristes qui se laisseraient aller au gré de ce qui les délasse, mais en représentants d’un Dieu sauveur qui nous a confié des responsabilités.

C’est pour cela que nous nous efforçons de « croître dans la grâce et la connaissance de Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur », pour reprendre les termes de la fin de la Seconde Epître de Pierre (2 P 3.18).

Avec Pierre, continuons de « croître
dans la grâce et la connaissance de Jésus-Christ » !

C’est pour cela que nous organisons notre vie paroissiale comme le faisaient les juifs de Thessalonique et de Bérée donnés en exemple dans « les Actes des Apôtres » (Ac 17.2-4+11-12). Ainsi, nous approfondissons ensemble « notre connaissance de Jésus-Christ » dans une lecture et un échange communs en étude ou cercle biblique.

Et là encore, nous voulons prendre exemple sur celui dont notre paroisse porte le nom. Pierre, nous le voyons « croître dans la connaissance de Jésus-Christ » tout au long du Nouveau Testament. C’est pour cela qu’il a pu être « serviteur et apôtre de Jésus-Christ » (2 P 1.1), car au début, il a souvent fait fausse route ; il a dû corriger et ajuster bien des fois ses opinions erronées, voire ses comportements irréfléchis qui venaient, certes, d’une « bonne intention », comme on dit, mais qui passaient à côté de la volonté du Seigneur.

Maintenant, c’est à notre tour de « croître dans la connaissance » de l’Evangile du Christ (2 P 3:18), pour être nous-mêmes plus solidement fondés dans la foi et inébranlables dans l’espérance,

« Réflexions sur l’avenir » ai-je appelé ce que je vous présente. D’abord, parce qu’un anniversaire, s’il est un jubilé, une manifestation de joie et de louange au Dieu qui nous a bénis dans le passé, il est aussi un moment d’invocation pour l’avenir.

Alors, rappelons-nous : notre paroisse – comme n’importe quelle paroisse de par le monde – n’a d’avenir, du moins un avenir en tant que « peuple que Dieu s’est acquis » (1 P 2.9), que dans la mesure où elle continue à se laisser « régénérer par la semence impérissable de la parole vivante et permanente de Dieu » (1 P 1.23) ; dans la mesure, donc, où nous participons à la vie paroissiale en montrant – comme Pierre l’écrit – que « nous estimons ferme la parole prophétique » et que « nous lui prêtons attention » là où on la fait luire, « comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur » (2 P 1.19), aussi dans notre vie naturellement obscure.

Les cultes, les études bibliques, les réunions des jeunes, les entretiens catéchétiques, l’instruction des enfants au catéchisme ou à l’école du dimanche, voilà ce que nous proposons, comme paroisse, pour faire « briller la lampe de la parole prophétique » dans nos cœurs de pécheurs, certes repentants et croyants, donc pardonnés, mais pécheurs quand même.

L’avenir de notre paroisse repose sur notre engagement résolu dans la vie paroissiale, et cette vie s’articule autour des cultes et des études et cercles bibliques, des réunions des jeunes et des catéchismes. C’est là que l’Esprit Saint nous « régénère », nous vivifie :
Dans le culte, en nous entraînant par la liturgie, les chants, la prédication et les sacrements dans la rencontre avec notre Dieu Sauveur ;

Dans les études bibliques, par l’enrichissement mutuel des apports des uns et des autres, par une communion et des échanges autour du Seigneur et de sa Parole. Et plus on s’encourage ainsi mutuellement par les expériences et les bénédictions vécues par les uns et les autres, et plus nous en retirerons du bénéfice pour notre propre vie spirituelle, plus aussi nous nous mettrons à rayonner notre foi en Jésus-Christ autour de nous.

Dans sa Parole, nous avons « goûté que le Seigneur est bon » (1 P 2.3). Et quand on a découvert que quelque chose est bon, on en veut davantage.

Aussi, par notre participation responsable dans les activités de la paroisse, nous montrons, « comme des enfants nouveaux-nés », que nous « désirons le lait non frelaté de la parole, afin que par lui nous croissions pour le salut » (1P 2.2).

C’est ainsi – pour parler avec Pierre – que « le Dieu de toute grâce, qui, en Jésus-Christ, nous a appelés à sa gloire éternelle, nous formera lui-même, nous affermira, nous rendra forts et inébranlables. » (1 P 5.10)

Comme Pierre, nous sommes « envoyés » dans ce monde

Les activités paroissiales sont aussi faites pour nous équiper pour la mission que notre Seigneur nous a confiée durant notre passage sur terre, pour pouvoir aller au-devant de ceux qui ne connaissent pas encore leur Sauveur, pour être, comme Pierre, des « envoyés de Jésus-Christ ».

Peut-être certains objecteront-ils : « Bon, d’accord. Mais Pierre c’est Pierre, et nous c’est nous. Pierre était « apôtre », nous non. »

Bien entendu, aucun d’entre nous ne fait partie du cercle des « apôtres » tels que Pierre les définit dans Ac 1.21-22 : des « hommes qui nous ont accompagnés tout le temps que le Seigneur Jésus allait et venait à notre tête, à commencer par le baptême de Jean et jusqu’au jour où il a été enlevé du milieu de nous, » des « témoins de sa résurrection ».

Non, aucun de nous n’est « apôtre de Jésus-Christ » (1 P 1:1) dans ce sens restreint. Mais « apôtre » signifie « envoyé ». Et « envoyés dans le monde » (Jn 17:18), nous le sommes tous, nous le savons. Nulle part, dans la Bible, le Seigneur nous demande de nous confiner avec notre témoignage entre les quatre murs de nos appartements et de notre centre paroissial. Cela, ce n’est pas être envoyé, cela c’est être confiné, être assigné à résidence, idée tout à fait étrangère à l’Eglise de Jésus-Christ que nous sommes.

Nous savons que notre Seigneur priait déjà son Père : « Comme tu m’as envoyé, je les ai envoyés dans le monde » (Jn 17.18). Et nous nous sentons éminemment honorés – sans l’avoir aucunement mérité – d’être « envoyés » par Jésus-Christ comme ses émissaires particuliers, car Pierre nous a écrit :

« Vous, par contre, vous êtes une lignée choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s’est acquis, pour que vous annonciez les hauts faits de celui qui vous a appelés des ténèbres à son étonnante lumière. » (1 P 2:9)

« REFLEXIONS SUR L’AVENIR » ai-je appelé ce que je vous présente. Notre paroisse – comme n’importe quelle paroisse de par le monde – n’a d’avenir, du moins un avenir en tant que « peuple que Dieu s’est acquis » (1 P 2.9), que dans la mesure aussi où, après avoir inspiré l’Evangile salutaire du Christ, pour ne pas mourir asphyxiés, nous l’expirons aussi autour de nous en « annonçant les hauts faits de celui qui nous a appelés des ténèbres à son étonnante lumière » (1 P 2.9)

Pierre – comme les autres apôtres et, bien entendu, comme notre Seigneur lui-même – nous a appris que le rayonnement missionnaire est le propre d’une paroisse qui vit. Si ce rayonnement manquait à notre paroisse, nous risquerions de nous asphyxier et la paroisse de se scléroser. Non seulement nous ne voulons pas cela, mais nous ne remplirions plus non plus notre rôle de lumière dans les ténèbres environnantes.

Je ne connais pas les statistiques de la pratique religieuse à Châtenay-Malabry et environs – je ne sais même pas si cela existe – mais ça m’étonnerait fort qu’en additionnant les « pratiquants » – comme on dit en France – de toutes les communautés d’ici, on arrive à un dixième de la population.

Comme Pierre, nous vivons et oeuvrons « dans la dispersion »

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Nous sommes une paroisse qui connaît les problèmes de « la dispersion ». Mais, justement, Pierre a beaucoup de choses à nous dire à ce sujet. Lui-même travaillait auprès de l’Eglise « dans la dispersion ». Ainsi, sa première Epître l’adresse-t-il « à ceux […] qui vivent en étrangers dans la dispersion » (1 P 1.1). Cette lettre s’adresse donc bien aussi à nous, dans notre situation particulière !

« Etrangers, » nous nous sentons de plus en plus au fur et à mesure que le style de vie de nos contemporains – et, à sa suite, petit à petit, mais inlassablement, les lois de notre Etat – s’écartent progressivement de la loi naturelle ou morale qu’on refoule du cœur où Dieu l’avait inscrite.

C’est notre lot que d’être, spirituellement parlant, « étrangers » là où nous vivons, entourés de ce que Pierre appelle – déjà ! – « la pourriture » ambiante (2 P 1:4). Notre Seigneur nous a déjà dit que, si nous sommes encore « dans le monde », nous ne sommes cependant « plus du monde » qui court à sa perte (Jn 17.11+14+16).

Grâce à notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, nous appartenons déjà à un monde meilleur – « notre citoyenneté est dans les cieux » comme l’écrit Paul de son côté (Ph 3:20)

réservé dans les cieux » (1 P 1.3-4), « des cieux nouveaux et une terre nouvelle, où la justice habitera » (2 P 3:13).

Mais nous sommes pleinement engagés dans ce monde-ci, avec des tâches à accomplir, des responsabilités à endosser, dans l’Eglise, mais ailleurs aussi, prioritairement dans la famille, mais aussi ailleurs dans la société.

« Ayez une belle conduite parmi les gens » (1 P 2.12) dit Pierre par ex., et d’énumérer comme cadres de cette « bonne conduite » entre autres les lois du pays, le monde du travail, la famille, la vie conjugale. Pourquoi « avoir » ainsi « une belle conduite parmi les gens » ? La réponse est claire : Comme moyen d’intriguer, d’intéresser les incroyants, d’entrer en contact avec eux.

Notre « dispersion » nous complique sans doute quelque peu la vie paroissiale. Mais, sans le nier, il faudrait peut-être commencer par montrer que « nous savons » et que nous croyons – comme le dit Paul – « que tout coopère pour le bien de ceux qui aiment Dieu » (Rm 8.28) – et que nous devons donc nous efforcer de découvrir en quoi et comment notre « dispersion » peut servir « le bien », comment elle peut être tournée en avantage, au profit d’une vie paroissiale active et rayonnante.
« Ayez une belle conduite
parmi les gens des nations, »

1. « pour que, sur le point même où ils vous accusent de faire le mal, ils voient vos belles oeuvres et glorifient Dieu au jour de son intervention. » (1 P 2.12)

2. « afin que, sur le point même où on vous accuse, ceux qui injurient votre bonne conduite dans le Christ soient pris de honte. » (1 P 3.16)

Pierre nous donne un conseil de portée générale : « Dans votre cœur, consacrez le Christ comme Seigneur, soyez toujours prêts à présenter votre défense devant quiconque vous demande de rendre compte de l’espérance qui est en vous, mais faites-le avec douceur et respect, en ayant une bonne conscience. » (1 P 3:15-6)

N’ayez ni « honte de l’Evangile, puissance de Dieu pour le salut » (Rm 1.16) ni peur de témoigner en toute simplicité et « bonne conscience ».

« Vous-mêmes, pierres vivantes »

Un dernier mot.

Nous fêtons les cinquante ans de notre paroisse, mais aussi du centre paroissial, de l’immeuble. C’est, justement, le bâtiment que Pierre utilise comme parabole pour parler de nous, de notre rôle dans l’Eglise :

« Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, construisez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d’offrir des sacrifices spirituels, agréés de Dieu, par Jésus-Christ ? » (1 P 2.5)

« Construisez-vous ! » Pas n’importe où ni n’importe comment. Le divin architecte nous dit par Pierre :

« Je vais poser en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse, – il parle de « Jésus-Christ, unique fondement » de l’Eglise (1 Co 3.11) – « et celui qui place sa foi sur lui » – celui qui construit sa vie sur lui – « ne sera jamais pris de honte, » ne se fera pas avoir, ne perdra pas sa face : il aura construit sur du solide, sur Jésus-Christ. « L’honneur est donc pour vous qui croyez, » qui placez votre foi et votre vie sur Lui ! (1 P 2.6-7)
Pour construire une maison, les services du maçon ne suffisent pas ; il faut aussi ceux des plâtriers, des électriciens, des plombiers, des chauffagistes, des menuisiers, des peintres, etc.

Pierre aussi ne se contente pas de dire : « Construisez-vous pour former une maison spirituelle ! » Il donne en plus quelques indications sur la diversité des choses à faire dans cette entreprise de construction, la règle étant la suivante :

« Que chacun mette au service des autres le don qu’il a reçu de la grâce ; vous serez ainsi de bons intendants de la grâce si diverse de Dieu. » (1 P 4.10)

C’est en nous conseillant mutuellement, en nous instruisant les uns les autres, en nous épaulant et en nous encourageant mutuellement, le tout autour et à la lumière de la Parole de Dieu, c’est en montrant les uns aux autres combien nos méditations et études de l’Evangile en paroisse sont précieuses et importantes à nos yeux, que la paroisse connaît un rayonnement, c’est ainsi qu’elle est en bénédiction pour ceux qui la composent, comme pour ceux qui la fréquentent.

C’est cela aussi – être là pour les autres, apporter sa pierre à l’édifice (et ne pas cacher sa pierre sous son lit) – c’est cela aussi « vivre […] selon la volonté de Dieu pendant le temps qui nous reste à vivre dans la chair. » (1 P 4.2)

« A lui la gloire, maintenant et jusqu’au jour de l’éternité ! Amen ! » (2 P 3.18)