23 octobre 2026
Jean 4.35-38
«Ne dites-vous pas qu’il y a encore quatre mois jusqu’à la moisson? Eh bien, je vous le dis, levez les yeux et regardez les champs: ils sont déjà blancs pour la moisson. Celui qui moissonne reçoit un salaire et amasse du fruit pour la vie éternelle, afin que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble. En effet, en cela cette parole est vraie: ‘L’un sème et l’autre moissonne.’ Je vous ai envoyés récolter une moisson qui ne vous a pas demandé de travail; d’autres ont travaillé et vous êtes entrés dans leur travail.»
Autre est celui qui sème, autre celui qui moissonne. (v. 37)
Jésus reprend ici un dicton populaire pour illustrer une vérité qui concerne le travail missionnaire, à savoir que ce ne sont pas toujours ceux qui font le travail qui en voient le fruit. En général, le paysan qui sème le blé est aussi celui qui récolte la moisson. Mais il peut arriver qu’il meure et qu’un autre récolte. En ce cas, on peut dire : « Autre est celui qui sème, autre celui qui moissonne. » Ce qui peut se produire exceptionnellement pour un paysan peut aussi se produire dans d’autres branches d’activité : sa vie durant, un homme travaille dure pour monter une entreprise. Quand tout marche bien, il décède et ce sont ses enfants qui profitent du fruit de son travail.
Or, la même chose se vérifie très fréquemment dans le Royaume de Dieu. Un disciple sème le bon grain de l’Évangile. Mais tandis qu’un grain de blé ne met que quelques mois à devenir une tige portant du blé, l’Évangile met parfois des années ou des décennies avant de parvenir produire des fruits. Ce n’est pas la faute de l’Évangile, mais du sol : le cœur de l’homme est dur.
Jean-Baptiste (et même Jésus) ont semé sans voir des foules nombreuses se convertir. Par contre, les disciples, à partir de la Pentecôte, assisteront à des conversions spectaculaires. À leur tour, ils sèmeront, sans être sûrs de récolter eux-mêmes. Mais qu’importe, la joie est la même : des âmes sont sauvés, par l’indispensable travail des semailles et par le non moins indispensable travail de moisson.
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Méditation écrite par le pasteur Frédéric BOHY. Droits d’auteur détenus par l’Église Évangélique Luthérienne – Synode de France.