16 mai 2025
Jean 15.5-6a
« Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors, comme le sarment, et il sèche… »
Robert Frost a un jour défini le mot foyer comme « l’endroit où, quand tu dois y aller, on est obligé de t’accueillir ». Cette définition se trouve dans son poème La mort du journalier, qui raconte l’histoire de Silas, un ouvrier agricole peu fiable. Il vient et repart à sa guise, travaille juste assez pour acheter des cigarettes, puis disparaît sans prévenir, sans souci pour le fermier qui comptait sur lui. Mais maintenant que Silas est mourant, il revient péniblement à la ferme, espérant y trouver refuge. Le fermier n’est pas ravi, mais sa femme est émue de compassion. Elle affirme que Silas est enfin rentré chez lui. Le fermier, troublé par cette définition trop indulgente du foyer — au point d’y inclure même Silas, l’indolent — la répète avec une pointe d’ironie : « Eh bien, j’imagine que c’est ça, le foyer : l’endroit où, quand tu dois y aller, on est obligé de t’accueillir. »
Jésus nous appelle, quant à lui, à faire de Lui notre foyer — à demeurer en Lui. Mais en même temps, Il nous dit la vérité : si nous ne demeurons pas en Lui, nous sommes jetés dehors comme des sarments morts, voués au feu. Jésus s’offre à nous comme la vérité qui nous accueille.
Le fermier dans le poème dit aussi la vérité : dans ce monde, nos actes ont des conséquences. Il faut gagner sa place. Si l’on déçoit les autres, si l’on vit égoïstement, on finit seul et rejeté. C’est vrai. Mais Silas, lui, ne veut pas de la vérité. Il veut juste qu’on l’accueille, sans poser de questions, comme si rien ne s’était passé.
Certaines personnes ne veulent que la vérité. D’autres, seulement l’accueil. Mais Jésus nous donne les deux.
Si nous ne voulions que Son accueil, sans la vérité, nous essaierions de profiter de Lui comme d’un oncle riche. Mais la vérité, c’est que nous avons été créés pour vivre en relation vivante avec Lui — dans une communion nourrissante, enracinée dans Sa Parole. Sans l’écoute de cette Parole, sans la prière en réponse, nous nous desséchons et mourons. Dieu sait cela. C’est pourquoi Il a envoyé Sa Parole se faire chair pour nous, pour être crucifiée et ressuscitée pour nous. Jésus est cette Parole vivante.
Et même si nous L’abandonnons parfois, Il reste la vérité qui nous accueille — pas comme une solution d’hébergement temporaire, mais comme une communion vivifiante et durable. Nous ne le méritons pas, mais Il continue de nous inviter dans cette communion de vie.
Dans le poème de Robert Frost, la vérité sur le foyer émerge à travers le dialogue. Le fermier refuse d’être utilisé comme un refuge de passage. Sa femme nuance alors la définition. Peut-être que le foyer apparaît comme un dernier recours simplement parce qu’il ne peut pas être mérité ? Elle dit : « Le foyer, c’est peut-être quelque chose qu’on n’a pas à mériter. »
PRIONS : Seigneur Jésus, Parole du Dieu vivant, demeure en nous afin que nous demeurions en Toi. Amen.
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Questions de réflexion :
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Méditation écrite le pasteur Dr Michael Zeigler. Traduite par L’Heure Luthérienne. Droits d’auteur détenus par International Lutheran Laymen’s League, utilisés avec la permission de Lutheran Hour Ministries, tous droits réservés.