18 septembre 2026
Job 19.1-22
Job prit la parole et dit: «Jusqu’à quand me tourmenterez-vous et m’écraserez-vous par vos discours? Voilà dix fois que vous cherchez à me confondre. N’avez-vous pas honte de m’agresser de cette manière? Même si j’avais vraiment commis une faute, cela ne regarderait que moi. Si vous voulez vous grandir à mes dépens, si vous voulez tirer argument contre moi de mon déshonneur, sachez alors que c’est Dieu qui m’accable et m’enveloppe de son filet. Je dénonce la violence dont je suis victime et personne ne répond, j’appelle au secours et il n’y a personne pour me rendre justice! Il m’a barré la route et je ne peux passer, il a couvert mes sentiers de ténèbres. Il m’a dépouillé de ma gloire, il a retiré la couronne de ma tête. Il m’a brisé à tout point de vue et je m’en vais, il a arraché mon espérance comme un arbre. Il s’est enflammé de colère contre moi, il m’a traité comme l’un de ses adversaires. Ses troupes viennent en masse, elles ont construit une route jusqu’à moi, elles ont installé leur camp autour de ma tente. Il a éloigné mes frères de moi. Ceux qui me connaissent se détournent de moi comme des étrangers. Je suis abandonné de mes proches, ceux que je connais m’oublient. Ceux qui séjournent chez moi et mes servantes me considèrent comme un étranger, je ne suis plus à leurs yeux qu’un inconnu. J’appelle mon serviteur et il ne répond pas, je dois me mettre à le supplier. Mon haleine est repoussante pour ma femme et je provoque le dégoût de mes propres frères. Même des gamins me méprisent; si je me lève, je suis la cible de leurs insultes. Tous ceux à qui je confiais mes secrets m’ont en horreur, ceux que j’aimais se sont tournés contre moi. Je n’ai plus que la peau et les os, il ne me reste que les gencives. Ayez pitié, ayez pitié de moi, vous, mes amis! En effet, c’est la main de Dieu qui m’a frappé. Pourquoi me poursuivez-vous comme Dieu le fait? Pourquoi n’en avez-vous jamais assez de vous attaquer à moi?
Ayez pitié de moi, vous, mes amis ! Pourquoi me poursuivez-vous comme Dieu le fait ? (versets 21-22)
Le problème abordé ici par Job est universel : il n’y a pas que les théocraties qui croient que leur mission est de faire justice à la place de Dieu et de justifier Dieu ! Il y a parfois aussi des responsables d’églises et d’autres chrétiens qui croient qu’ils doivent prendre la défense de Dieu.
Quel calvaire pour Job ! Non seulement il n’arrive pas à comprendre que Dieu l’accable tellement mais en plus ses amis qui sont persuadés d’en connaître la raison s’y mettent aussi. Ils l’accablent, l’enfoncent, viennent et reviennent à la charge, sans arrêt, sans répit.
Mais nous, saurons-nous faire l’effort de comprendre ce que dit Job : « Je dénonce la violence dont je suis victime et personne ne répond, j’appelle au secours et il n’y a personne pour me rendre justice. » (Jb 19.7). La moindre des choses serait que ses amis lui manifestent de l’empathie, lui disent par exemple : « Ce qui t’arrive est vraiment de trop ! Comment peux-tu supporter tout ça ? » Mais non, ils n’arrivent pas à évoluer. Alors, comme Job souffre trop pour pouvoir garder en lui toute sa souffrance, il leur en rappelle la profondeur.
Tout ce que nous avons lu jusqu’ici a pour but de nous inculquer cette seule vérité qui est contraire à notre pensée : si des malheurs frappent des enfants de Dieu, ce ne sont jamais les signes d’une punition divine. Avons-nous compris cela ?
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Méditation écrite par le pasteur Jean-Louis SCHAEFFER. Droits d’auteur détenus par l’Église Évangélique Luthérienne – Synode de France.