Pâque ou Pâques ? Une question de langue… et de foi

En français, il convient de distinguer deux orthographes différentes : la « Pâque » juive (sans s) et la « Pâques » chrétienne (généralement avec s). Les Anglosaxons n’ont pas ce problème ; ils ont deux mots différents : “Passover” et “Easter” pour les Anglais, „Passah“ et „Ostern“ pour les Allemands.

Longtemps, en français, on a utilisé indifféremment le pluriel et le singulier pour la fête chrétienne. A partir du 16ème siècle, et plus encore au 17ème, le pluriel s’est généralement imposé pour la distinguer de la fête juive.

Origine de la Pâque juive

La Pâque juive (pèsach, Ex 12.11 ; Lv 23.5) célèbre Dieu comme le Libérateur, celui qui a délivré les Israélites de la servitude en Egypte et leur a procuré la liberté. Elle commémore « le passage » de la servitude à la liberté (Ex. 12).

La nuit où Dieu a tué les premiers-nés en Egypte (dixième plaie), il a « passé » (l’hébreu pasach, Ex12.13) devant les maisons des Israélites marquées par le sang de l’agneau pascal sans les frapper.

Signification de la Pâques chrétienne

La signification prophétique et christologique de l’agneau pascal de l’Ancien Testament est clairement reconnue dans le Nouveau. « Christ, notre Pâque, a été sacrifié » (1Co 5.7 ; NBS). Grâce à la valeur inestimable de son sang (1Jn 1.7 ; Ep 1.8 ; 1P 1.19 ; etc.), la colère de Dieu a « passé » sur nous sans nous frapper, Jésus nous a fait « passer » de la damnation éternelle dans son Royaume de grâce et de vie.

Cela est merveilleusement documenté par sa victoire sur la mort lors de sa résurrection trois jours après s’être sacrifié pour nous sur la croix. Il nous a frayé le chemin, nous a précédés à travers la mort vers la vie (2Co 4.14 ; 1Th 4.14).

Un lien entre les deux fêtes

Notons que notre Seigneur a institué le repas de « la Nouvelle Alliance », la sainte Cène (Lc 22.20), à la fin du « repas pascal » de l’Ancien Testament (Lc 22.15). Ce faisant, il a clairement indiqué qu’en lui la cérémonie de l’Ancienne Alliance trouvait son aboutissement, qu’il était le véritable « Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jn 1.29), celui que préfigurait l’agneau pascal de l’Ancien Testament.

Dans le Nouveau Testament, la résurrection de Jésus est au centre de l’Evangile. Depuis lors, la Fête de Pâques, la fête de la résurrection de Jésus, est la fête principale du calendrier liturgique chrétien. Elle célèbre l’apothéose de son intervention pour nous faire « passer » de la mort à la vie, de la damnation à la bénédiction, de l’asservissement sous Satan à « la liberté glorieuse des enfants de Dieu » (Rm 8.21) et à l’état de citoyen des cieux (1Co15.20-23 ; Ph 3.20).

Quand célèbre-t-on la Pâques chrétienne ?

La date de la Pâques chrétienne est changeante parce qu’elle se calque sur la fête juive qui, elle, suit le calendrier lunaire (Lc 22.7 ; 23.54 ; 24.1). Cette dernière se fête le 14 nissan (1er mois du calendrier juif). La Pâques chrétienne se célèbre donc, selon les ans, au plus tôt le 22 mars, au plus tard le 25 avril (le dimanche suivant la première pleine lune de printemps).

Jean T. Haessig

Article issu de la revue Amitiés Luthérienne n°103.

NB : les titres intermédiaires ne sont pas dans le texte d’origine et permettent d’adapter le texte à la lecture à notre public.

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