
Ascension signifie « montée » et découle du verbe latin ascendere comme le mot ascenseur signifiant « qui fait monter ».
Les humains peuvent faire l’ascension d’une montagne, du Mont Blanc par exemple, mais quand nous parlons du miracle de « l’Ascension » avec A majuscule il s’agit d’un prodige à la portée et à l’actif du seul Seigneur Jésus-Christ.
L’événement est relaté en Mc 16.19, en Lc 24.50-53 et en Ac 1.1-11 ; mais il en est aussi question ailleurs (par ex. en Jn 14.3 ou en Ep 4.10).
Dans ces textes, la Bible dit qu’après sa résurrection Jésus s’est encore montré avec son corps glorifié à ses disciples et les a encore instruits durant quarante jours (Ac 1.3), puis il est monté au ciel avec son corps glorifié.
C’est là un acte de sa propre volonté et de sa toute-puissance.
Contrairement à sa résurrection, l’Ascension s’est déroulée en présence de témoins, ses apôtres, sur le Mont des Oliviers (Ac 1.6+12).
Ils ont vu le corps de Jésus s’élever dans les cieux jusqu’à ce qu’une nuée le dérobât à leurs yeux. (Ac 1.9)
Dans les cieux où Jésus est monté il siège maintenant « à la droite du Dieu tout-puissant » (Lc 22.69), « à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts » (Hé 1.3), c’est-à-dire au-delà de notre monde créé (Hé 9.11).
« Dieu est esprit » (Jn 4.24) et n’a pas de côté droit ni de côté gauche. Être le bras droit ou à la droite d’un dirigeant, c’est avoir les pleins pouvoirs.
Autrement dit, après avoir vécu dans l’abaissement « sous la loi » (Ga 4.4), Jésus exerce maintenant en tant que Christ glorifié les pleins pouvoirs divins.
Pourquoi faisons-nous un si grand cas de l’Ascension de Jésus-Christ ? C’est qu’elle nous concerne au plus haut point.
Certes, en premier lieu elle manifeste publiquement et avec éclat que Jésus est le Sauveur du monde, que tout lui est soumis, maintenant aussi selon sa nature humaine, car en tant que Dieu il a toujours été à la fois dans les cieux et sur la terre.
Dans son état glorifié – entamé par sa descente triomphale en enfer et sa glorieuse résurrection – sa nature humaine assume maintenant pleinement la majesté divine.
Mais l’Ascension nous assure aussi de façon irréfutable que nous, qui plaçons notre foi en lui, nous le suivrons dans les cieux.
Jésus a promis :
« Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père. […] Je vais vous préparer une place. […] Je reviendrai et je vous prendrai avec moi afin que, là où je suis, vous y soyez aussi. » (Jn 14.2-3)
Le théologien David Hollaz (1648-1713) définit très bien et de façon complète l’Ascension :
« L’ascension est l’acte glorieux par lequel Christ, ayant été ressuscité, s’est transporté lui-même selon sa nature humaine, par un mouvement réel et vrai, en vertu de sa détermination volontaire et de façon visible, par-delà les nuées, et ensuite de façon invisible jusqu’au ciel, lieu de séjour des bienheureux, et jusqu’au trône même de Dieu, afin, qu’ayant triomphé de ses ennemis, il occupât le Royaume de Dieu (Ac 3.21), ouvrit à nouveau le Paradis fermé (Ap 3.7) et nous préparât dans les cieux un héritage qui ne périra pas (Jn 14.2). »
Article issu de la revue Amitiés Luthérienne n°123
NB : les titres intermédiaires ne sont pas dans le texte d’origine et permettent d’adapter le texte à la lecture à notre public.